La réponse du gouvernement canadien à la pétition pour dénoncer les assassinats politiques aux Philippines.
Voici la réponse du gouvernement canadien à la pétition signée par 5 000 Canadiens et Canadiennes pour dénoncer les assassinats politiques et le climat d'impunité aux Philippines.
En mars dernier, Développement et Paix a participé à la venue 5 Philippins au Canada. Ces Philippins ont témoigné de la situation insoutenable des droits de la personne aux Philippines et de la torture dont ils ont été victimes. [D'ailleurs, l'un deux a demandé et obtenu le statut de réfugié au Canada]. La tournée canadienne les a amenés à Montréal, Toronto, Ottawa et Vancouver. Des députés canadiens, dont madame Jocelyne Lalonde du Bloc Québécois qui a pris la tête du mouvement, ont décidé de dénoncer en chambre la situation déplorable des droits de la personne aux Philippines. Une pétition a circulé et a été transmise au Parlement en mai dernier. Voici donc la réponse du gouvernement canadien:
RÉPONSE DU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET DE L’AGENCE DE PROMOTION ÉCONOMIQUE DU CANADA ATLANTIQUE
Le gouvernement du Canada est profondément préoccupé par les exécutions sommaires pratiquées aux Philippines.
Les représentants du gouvernement canadien ont à maintes reprises fait part de leurs inquiétudes à ce sujet à tous les échelons du gouvernement des Philippines, par l’intermédiaire de notre ambassade aux Philippines et au Canada. Le 11 juin 2007, le secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, M. Deepak Obhrai, s’est levé à la Chambre des communes pour exprimer les préoccupations du gouvernement canadien à ce sujet. Le Canada soutient la mise en place de ressources et de compétences accrues dans les institutions gouvernementales des Philippines et dans les organismes de la société civile qui s’efforcent de redresser la situation en matière de droits de la personne. L’aide au développement octroyée par le Canada aux Philippines contribue à faire avancer le respect des droits de la personne en renforçant la gouvernance, la primauté du droit et la résolution de conflit.
Le Canada a encouragé plusieurs initiatives philippines importantes qui s’attaquent au problème des exécutions sommaires, notamment la force opérationnelle USIF, à l’échelon national, et la Commission Melo, toutes deux instaurées par le gouvernement des Philippines. Le Canada était parmi les pays qui ont souligné l’importance de rendre public le rapport de l’ancien juge associé de la Cour suprême, M. José Melo, lequel peut être consulté à l’adresse suivante : Pinoyhr (en anglais seulement).
Les représentants du gouvernement canadien continuent de consulter les groupes les plus touchés par la violence, notamment dans les régions éloignées des Philippines. La communication continue entre les représentants de l’ambassade du Canada et les hauts responsables du gouvernement des Philippines constitue un élément clé de notre engagement bilatéral à l’égard des droits de la personne.
De plus, le Canada soutient et encourage les efforts déployés par les sociétés minières canadiennes aux Philippines pour faire en sorte que leurs activités soient responsables sur le plan social et environnemental. En 2006, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international a dirigé une série de tables rondes organisées par le gouvernement du Canada sur la responsabilité sociale des entreprises et le secteur canadien de l’extraction dans les pays en développement. Concurremment, un groupe consultatif composé de spécialistes de l’industrie, du domaine du travail et de la société civile a été mis sur pied pour aider à l’élaboration de programmes et de politiques dans le secteur de la responsabilité sociale des entreprises pour les sociétés minières canadiennes. En outre, le Canada s’attend à ce que les sociétés canadiennes respectent les lignes directrices de l’Organisation de coopération et de développement économiques sur le comportement responsable des entreprises.
Le gouvernement du Canada se réjouit des mesures prises par le gouvernement des Philippines et la société civile philippine pour faire cesser les exécutions sommaires et continue d’exhorter ces derniers à mener promptement des enquêtes rigoureuses et à engager des poursuites contre les auteurs de crimes. Nous avons accueilli favorablement l’invitation que le gouvernement des Philippines a fait parvenir au rapporteur spécial des Nations Unies, M. Philip Alston, pour qu’il enquête sur les exécutions sommaires et arbitraires, et nous attendons son rapport intégral. M. Alston occupe un poste de confiance exceptionnel lui permettant d’enquêter sur les exécutions sommaires et il nous tarde de connaître ses recommandations. Le gouvernement du Canada considère également favorablement l’annonce faite par la présidente des Philippines, Mme Gloria Macapagal-Arroyo, de la création de tribunaux spéciaux qui permettront de poursuivre les responsables de ces crimes et du renforcement des programmes de protection des témoins. Le Canada voit d’un bon œil cette résolution de faire avancer le respect des droits de la personne et appuie les mesures prises par le gouvernement des Philippines en vue de mettre fin aux exécutions sommaires.
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