… Notre pays est en péril. Tous les organismes vivants sur terre et dans les mers qui nous entourent sont exploités sans relâche. Les dommages causés jusqu'ici sont considérables et, malheureusement, souvent irréversibles… Nous demandons au gouvernement de ne pas rechercher de gains économiques à court terme au prix de dommages écologiques à long terme. Nous proposons que le gouvernement… favorise une prise de conscience de la fragilité et de la capacité limitée des écosystèmes de notre île et préconise des mesures visant à appuyer un développement durable sur le plan écologique. 
Extrait de la lettre pastorale des évêques philippins (1988) intitulée : Qu'arrive-t-il à notre beau pays? |
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À l’été de 2007, lors d’une visite aux Philippines, les membres et le personnel de Développement et Paix ont dû constater que les pratiques minières irresponsables ne sont pas uniquement le fait de certaines compagnies canadiennes, en se rendant dans le secteur de la mine de Rapu Rapu, exploitée par la compagnie minière australienne Lafayette Mining Ltd., sur une île dans le golfe d'Albay, dans la province de Luzon, aux Philippines. |
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| Aujourd'hui, le 29 janvier, vingtième anniversaire de la lettre pastorale des évêques philippins sur l'écologie connue sous le nom de « Qu’arrive-t-il à notre beau pays? », l’évêque Arturo Bastes du diocèse de Sorsogon, aux Philippines, a écrit une lettre enflammée implorant le gouvernement philippin de suspendre les activités de cette mine d’or, d’argent et de cuivre à ciel ouvert, détenue et exploitée par des intérêts australiens sur l'île de Rapu Rapu. |
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| En juin 2007, dans le cadre d'une visite organisée par un partenaire philippin – le Centre pour les questions environnementales-Philippines (Centre for Environmental Concerns-Philippines – CEC-Phils) –, une délégation composée de membres et de personnel de Développement et Paix a visité le secteur de la mine de Rapu Rapu, située sur l'île montagneuse dans le golfe d'Albay. Elle a également rencontré l’évêque Bastes, l’un des catalyseurs de l'effort soutenu pour obtenir justice au nom de la population de son diocèse, gravement touchée par les travaux de la mine. |
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Monseigneur Bastes, l’ancien président de la Commission d’enquête sur Rapu Rapu mandatée par le gouvernement, fait allusion dans sa lettre à la décision prise par la société australienne en décembre 2007 de se ranger sous « administration volontaire », et demande :
« Combien d'entre nous ont prévenu l'Administration que le projet n'était pas viable sur le plan social, technique, écologique et financier? Malgré cela, elle lui a permis d’aller de l’avant. »
Malgré sa situation financière qui s’approche de la faillite, Lafayette Mining Ltd. a déposé auprès des tribunaux philippins une pétition l’autorisant à poursuivre ses activités, tandis qu'elle attend un appui financier d'autres sources. Le projet est actuellement financé par un consortium de banques et d’actionnaires. |
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| La Commission d’enquête sur Rapu Rapu, mandatée par le gouvernement pour étudier l'effet sur la santé de la population et sur l'environnement autour de la mine, a conclu en 2006 que les processus d’évaluation de l’effet environnemental et social du projet étaient insatisfaisants et que les importants déversements de produits toxiques révèlent des infractions aux pratiques industrielles minimales. D'autres conclusions révèlent notamment que l’entreprise n’avait pas obtenu de la population locale un permis social d’exploitation et que ses moyens de pression sur les autorités locales avaient érodé la démocratie et les droits des citoyens et des citoyennes du secteur. Depuis novembre 2005, on a signalé un grand nombre de poissons morts à la suite de plusieurs déversements toxiques causés par la mine de Rapu Rapu. |
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| Selon monseigneur Bastes, depuis les conclusions de la Commission, le ministère gouvernemental des Ressources naturelles et environnementales (DENR) n'a pas veillé à ce que l’entreprise mette en œuvre les mesures d’atténuation des effets sur l’environnement recommandées, bien que le DENR ait reconnu et endossé les constatations de la Commission. En outre, l’autorité compétente en matière d’environnement a exigé que l’entreprise crée une réserve pour la décontamination finale et la réhabilitation de la mine. |
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La lettre de monseigneur Bastes et les conclusions de la Commission de Rapu Rapu font écho aux critiques de cette entreprise australienne par le partenaire de Développement et Paix, CEC-Phils. En juillet 2007, Lafayette a déposé une plainte en diffamation contre CEC-Phils devant les tribunaux philippins, pour une somme de 200 000 dollars américains. Frances Quimpo, directrice du CEC-Phils, a qualifié la poursuite de tactique de harcèlement et d'intimidation visant à encourager l'autocensure des organisations non gouvernementales qui suivent les questions minières. |
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