La députée Alexa McDonough et deux députés britanniques demandent aux pays d’origine de toutes les compagnies minières menant des activités dans les pays du Sud d’édicter des critères de responsabilité sociale des entreprises
13 septembre 2007
Montréal
Alexa McDonough, députée de Halifax (Canada), ainsi que deux députés britanniques de la région de Londres – Keith Hill, député de Streatham, et Stephen Pound, député de Ealing – ont complété aujourd’hui leur mission d’observation visant à observer de près les activités minières canadiennes au Honduras, en Amérique centrale.
Lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale hondurienne, Tegucigalpa, ils ont émis une déclaration reconnaissant que leur premier devoir, en tant que députés étrangers, est de s’assurer que les compagnies minières de leurs propres pays se conduisent de manière intègre dans leurs rapports avec des pays comme le Honduras.

« Nous sommes très conscients de l’importance de la discussion sur l’exploitation aurifère au Honduras. Nous habitons la même planète. Nous entendons faire tout notre possible pour favoriser la justice et la protection de l’environnement dans les communautés locales au Honduras, » a affirmé Alexa McDonough.

Pendant leur séjour, les députés ont rencontré de nombreux représentants de tous les échelons du gouvernement et de la société civile, et visité la Vallée Siria, où ils ont rencontré les communautés locales et la direction de la mine San Martin. Ils ont aussi pris part à un tour de la mine pour examiner son fonctionnement de près.

Les députés en sont arrivés à deux conclusions :

  • Il se dégage un vaste consensus quant au besoin pressant d’apporter des réformes à la Loi sur les mines, et une volonté généralisée que les discussions actuelles sur les réformes mènent à l’adoption du projet de loi par le Congrès – ce qui, selon eux, devrait se concrétiser d’ici la fin de l’année.
  • Les conflits autour de l’extraction aurifère au Honduras découlent des lacunes de la loi actuelle sur les mines, comme l’a illustré leur visite aux communautés de la Vallée Siria et à la mine San Martin, exploitée par Entre Mares (Goldcorp). L’absence de cadre réglementaire clair permet aux compagnies minières d’établir elles-mêmes les façons d’interagir avec le gouvernement du Honduras, avec les communautés locales et avec l’environnement.

Selon Alexa McDonough, « à elle seule, une réforme de la loi ne suffira pas à rectifier la situation : nous constatons un besoin pressant de renforcer la capacité technique et opérationnelle des institutions d’État, incluant l’accroissement des ressources humaines, techniques et financières nécessaires afin d’exercer la surveillance et la réglementation adéquates des entreprises minières multinationales qui disposent déjà de ressources considérables. »

Les trois députés se sont aussi rendu compte que l’extraction responsable des ressources naturelles est un enjeu qui concerne chacun et qui transcende les frontières nationales. Les députés s’engagent à porter ces enjeux à l’attention de leurs gouvernements respectifs, et ont reconnu qu’une réglementation efficace au Honduras doit s’accompagner d’une réglementation dans les pays d’origine des compagnies minières. Ils ont invité tous les pays d’origine de sociétés minières, gazières et pétrolières qui exercent des activités dans les pays du Sud, et en particulier le Canada, à adopter des normes de responsabilité sociale des entreprises pour leurs activités à l’étranger.

Déclaration conjointe des députés après la mission d’observation au Honduras
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