| Développement et Paix presse le gouvernement canadien de mettre en œuvre les recommandations des Tables rondes nationales sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et de l’industrie extractive canadienne dans les pays en développement et de nommer un ombudsman indépendant.
« Le gouvernement étudie le rapport du Groupe consultatif depuis un an. C’est le temps de passer à l’action », a fait savoir Michael Casey, directeur général de Développement et Paix. Ce rapport novateur a été rendu public à Ottawa, le 29 mars 2007.
Le premier ministre Stephen Harper a indiqué que son gouvernement est favorable au rapport des Tables rondes dans une déclaration émise à la fin du Sommet du G8 qui avait lieu en Allemagne en juin 2007 : « La mise en œuvre des recommandations découlant de ce processus (Tables rondes) placera le Canada au rang des pays les plus proactifs du G8 pour ce qui est de promouvoir les lignes directrices et les principes internationaux sur la responsabilité sociale des entreprises de ce secteur. »
Monsieur Casey a rappelé l’urgence de donner suite à cet engagement. « Les gens qui vivent dans le Sud comptent sur Ottawa pour s’assurer que les compagnies canadiennes rendent compte de leurs opérations à l’étranger. »
Le rapport des Tables rondes et ses 27 recommandations sont le résultat d’un consensus sans précédent entre les organisations de la société civile, le milieu universitaire et l’industrie extractive (mines, pétrole et gaz). Ce rapport recommande l’élaboration d’un cadre canadien de RSE et la nomination d’un ombudsman indépendant qui aura le mandat de vérifier si les règlements sont respectés. Le rapport identifie des mécanismes qui permettraient au gouvernement de retirer ses services aux compagnies dans le cas de non-conformité grave tout en faisant la promotion de la création d’outils favorisant les meilleures pratiques dans le secteur extractif et le respect du cadre de RSE.
La création du poste d’ombudsman a été au cœur de la campagne 2007-2008 d’éducation et de sensibilisation de Développement et Paix. Soixante pour cent (60 %) de toutes les compagnies minières à travers le monde sont canadiennes. Selon un rapport des Nations Unies de 2006, la plupart des violations des droits humains commises par des les transnationales sont imputables à des compagnies extractives.
Plus de 170 000 personnes d’un bout à l’autre du pays ont signé la carte postale de Développement et Paix exigeant que le gouvernement établisse le poste d’ombudsman qui permettrait aux citoyens du Sud d’être entendus lorsque les activités des compagnies canadiennes menacent leurs collectivités. « Les gens d’ici autant que nos partenaires du Sud qui subissent les conséquences des pratiques minières irresponsables dont la contamination de l’eau, la dégradation environnementale et les relocalisations forcées, appuient la création de ce poste », a rappelé Hélène Gobeil, coordonnatrice des programmes du service de l’éducation.
Pedro Landa, directeur adjoint de Caritas Tegucigalpa, un partenaire de Développement et Paix travaille au niveau national pour améliorer les lois minières déficientes au Honduras qui permettent aux compagnies minières étrangères, y compris les canadiennes, de mener leurs activités de façon qui ne serait pas acceptable dans leur pays d’origine. Mais les Honduriens ont aussi besoin de l’aide du Canada : « Avec un ombudsman on pourrait établir les faits rapidement et de manière fiable. Ce serait pour nous un outil puissant qui nous permettrait d’obliger les compagnies à rendre des comptes lorsqu’elles sont irresponsables. »
« Les affrontements toujours plus fréquents dans différentes parties du monde entre les compagnies minières et les communautés côtoyant les zones d'extraction sont des signes que nous ne pouvons plus suivre une logique d'exclusion adoptée par le marché des entreprises dont le slogan dit : Investis le moins possible, tire le plus de profit possible. Nous devons également adopter les mécanismes de régulation qui garantissent que les industries de ce type soient tenues responsables de leurs actions et comportements non seulement dans les pays où elles travaillent, mais également dans leur pays d'origine » a écrit l’éminent théologien, Cardinal Oscar Andres Rodriguez, président de Caritas Internationalis, dans une lettre ouverte au gouvernement canadien lors des audiences des Tables rondes sur la responsabilité sociale des entreprises en 2006.
Récemment, le Représentant spécial de l'ONU pour la question des droits de l'homme et des sociétés transnationales et autres entreprises, John G. Ruggie a écrit : « Je suis tout à fait d’accord avec la déclaration émise par le premier ministre Harper à la clôture du Sommet du G8… ». Dans une lettre envoyée au Réseau canadien sur la reddition de comptes des entreprises, dont est membre Développement et Paix, il a ajouté : « J’attends avec impatience la conclusion de ce travail important. »
On peut signer la carte postale de Développement et Paix en ligne : http://www.devp.org
On peut prendre connaissance du Rapport des Tables rondes nationales sur la responsabilité sociale des entreprises et de l’industrie extractive dans les pays en développement :
http://geo.international.gc.ca
|