| « Le Canada doit prendre position. Il doit nous aider à mettre fin à cette sale guerre », lance l’évêque congolais Fulgence Muteba.
Ce message, il l’a exprimé mardi matin devant des députés de tous les partis politiques. Il l’a aussi répété devant le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, à Ottawa.
À l'invitation de Développement et Paix et de la Conférence des évêques catholiques du Canada, deux évêques de la République démocratique du Congo et une religieuse sont arrivés dimanche pour une visite-éclair à Montréal et à Ottawa. Les nouvelles qu’ils rapportent sont alarmantes.
Actuellement, des groupes armés terrorisent les résidants de la région au nord de Goma dans la province du Nord-Kivu. Ils recrutent de force des enfants soldats, violent les femmes et attaquent les convois de secours humanitaires. Au cours des derniers jours, ils ont chassé les civils des camps de réfugiés et ils ont rasé leurs abris.
« On estime que le tiers des habitants du Nord-Kivu ont dû fuir leur domicile », ajoute sœur Marie-Bernard Alima, secrétaire générale de la Commission épiscopale Justice et Paix de la RDC. « C’est maintenant la saison des pluies. Des milliers de personnes sont entassés dans des camps, n’ont pas de nourriture et peu de vêtements chauds. La mort, c’est ce qui les attend. Il faut qu’ils retournent dans leurs villages et qu’ils préparent la prochaine récolte. »
Concernant la Monuc, la mission de paix des Nations Unie en RDC, les évêques sont tout aussi directs. « Elle est peu efficace, elle manque de ressources et elle n’a toujours pas réussi à contraindre les groupes armés à respecter l’accord de paix signé en janvier 2008. »
Pour comprendre cette guerre, rappelle Mgr Fridolin Ambongo, président de la Commission épiscopale Justice et Paix et évêque du diocèse de Bokungu Ikela, il faut regarder du côté des ressources minières. Des groupes armés veulent contrôler de force ces richesses.
« Et il faut que la communauté internationale mène une enquête sérieuse sur l’exploitation illégale des richesses naturelles. Il faut faire toute la lumière sur la façon dont ces minerais transitent vers les marchés internationaux que l’on dit licites ».
« Nous demandons aux entreprises minières étrangères de discuter avec nous. Les ressources du Congo doivent profiter non seulement aux entreprises mais aussi à toute la population congolaise. Ce n’est pas le cas actuellement. Il faut agir différemment », ajoute Mgr Ambongo.
Depuis la fin du mois d’octobre, Développement et Paix recueille des dons afin que soient distribués des articles de première nécessité à 90 000 personnes déplacées dans le Nord-Kivu.
Le public est invité à verser un don par téléphone (1 888 664-3387), par Internet ou par la poste en faisant parvenir un chèque (portant la mention « Urgence : République démocratique du Congo ») à
Développement et Paix
1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage
Montréal (Québec)
H3G 1T7
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