République démocratique du Congo

Onglets

Programme

Développement et Paix est présent en RDC depuis le début des années 1980. En collaboration avec l’ACDI, Développement et Paix a lancé un projet d’appui à la paix et à la démocratie visant à faciliter le processus préélectoral, électoral et postélectoral.

Malheureusement, la RDC a été le théâtre de violences inouïes au cours des 10 dernières années, alors que diverses factions cherchant à prendre le pouvoir politique et à exercer le contrôle sur les vastes richesses naturelles du pays. Les femmes ont été tout particulièrement touchées par cette violence, car le viol a été utilisé comme arme de guerre. Parallèlement à notre programme régulier, Développement et Paix a également amorcé un programme de secours humanitaire d’urgence. Pour en savoir plus sur notre programme d’urgence, cliquez ici.

En ce qui concerne notre programmation régulière, nous avons continué d’appuyer des groupes qui travaillent à sauvegarder les progrès démocratiques acquis depuis les élections de 2006, ainsi que les groupes qui œuvrent à construire une paix durable. Nous travaillons avec cinq partenaires en RDC dans le cadre de notre programme régulier dans ce pays.

Partenaire(s)

Justice et Paix

Justice et Paix, commission épiscopale mobilise la population, surtout les jeunes, afin de respecter les droits de l’homme et de construire un Congo basé sur la paix et la démocratie. « Nous croyons que c’est avec les jeunes qu’on va construire dès maintenant notre société. On crée l’avenir du Congo, on crée tout un peuple. » explique Soeur Marie Bernard.

Radio communautaire Katanga (RCK)

L’accès à l’information est difficile pour les communautés rurales en RDC. Peu de villageois ont l'électricité, encore moins Internet. Un journal papier coûte 1 $ ce qui correspond au salaire moyen d'une journée de travail pour un Congolais. Par contre, un poste de radio fonctionnant avec des piles coûte environ 15 $ et est écouté par plusieurs personnes à la fois. La radio communautaire, comme RCK, est ainsi la meilleure source d'information dont disposent les Congolais.

Partout où la radio communautaire est diffusée, celle-ci est écoutée en petits groupes. Il se crée spontanément des clubs d'auditeurs qui amènent à leur tour des groupes de réflexion à s'interroger sur une nouvelle pratique agricole ou sur des pratiques traditionnelles discutables.

La radio communautaire joue alors le rôle d'avocat en faisant l'éducation civique de l'ensemble de la population, qui est ainsi mieux à même de reconnaître et de combattre les injustices.

Dernières nouvelles
16 avril 2013

Il y a maintenant près de trois ans, Floribert Chebeya, militant congolais des droits humains et président de l’organisation non gouvernementale La Voix des Sans Voix, a été retrouvé assassiné dans sa voiture. Plusieurs policiers ont été arrêtés et un procès a eu lieu.

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13 février 2013

Depuis 10 ans, la République démocratique du Congo (RDC) traverse une guerre civile marquée par d’innombrables atrocités à l’encontre de la population, dont six millions de morts. Les combats autour de la ville de Goma en novembre 2012, ont été un rappel brutal de la crainte et de l’insécurité qu’éprouvent les civils, jour après jour, en l’absence de bonne gouvernance, de règle de droit, de paix et de responsabilisation.

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Le PAM et Caritas fournissent les premiers secours aux Congolais déplacés par la guerre dans le camp de Mugunga 3. Photo : Taylor Toeka/Caritas Goma
13 décembre 2012

Le conflit en République démocratique du Congo (RDC) s’enlise faisant des civils les principales victimes. Le gouvernement congolais du président Joseph Kabila et les rebelles du M23 se sont retrouvés ces derniers jours à Kampala, capitale de l’Ouganda, afin de négocier la fin des hostilités.

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Le camp Kanyaruchinya au nord de Goma où 38 000 personnes déplacées cherchent de l'aide et de la protection du conflit.
26 novembre 2012

La prise de la ville de Goma par les rebelles du M23 en République démocratique du Congo (RDC) a été une préoccupation majeure pour la sécurité de la population locale. La violence continue qui touche la RDC depuis 1996 a causé la mort de cinq millions d’individus et ce dernier incident a provoqué le déplacement d’environ 100 000 personnes.

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23 novembre 2012

La prise de Goma à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) par le Mouvement du 23 mars (M23) soutenu par le Rwanda constitue un affront majeur aux règles du droit international et à la plus grande et la plus coûteuse mission de paix des Nations Unies et elle intensifie une crise humanitaire déjà alarmante.

L’implication avérée du Rwanda, membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, dans les opérations militaires d’un groupe rebelle sur le territoire congolais place la communauté internationale devant une situation inédite qui commande de nouvelles stratégies.

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12 octobre 2012

Aujourd’hui, à 10h40 heure de Kinshasa, en République démocratique du Congo, la première ministre du Québec, Madame Pauline Marois annonçait une contribution de 50,000$ à l’organisme Développement et Paix et son partenaire Caritas Congo.

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Déplacement massif des populations en RDC
22 juin 2012

Les affrontements qui ont éclaté au Nord Kivu entre des partisans du Général Bosco Ntaganda et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au lendemain de l’annonce par le gouvernement de la RDC de son intention de juger le Général Bosco ont provoqué le déplacement massif des populations. Des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de se réfugier soit dans d’autres villages à l’intérieur du Nord Kivu, soit au Rwanda.

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17 janvier 2012

La  Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) avait invité la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) à venir s’associer à leurs frères de la RD Congo pour l’observation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre dernier. La CECC avait désigné Mgr Thévenot, évêque de Prince Albert en Saskatchewan pour la représenter au sein de la délégation canadienne d’observation des élections organisée par Développement et Paix. (Lisez le blog de la délégation.)

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20 décembre 2011

Les conditions dans lesquelles se sont déroulées les élections du 28 novembre dernier en République Démocratique du Congo de même que les irrégularités qui les ont entachées, ont jeté le discrédit  sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et sur l’ensemble du processus électoral.

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21 novembre 2011

La population de la République démocratique du Congo ira aux urnes le lundi 28 novembre prochain.

Afin de s’assurer du bon déroulement du scrutin, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) déploie dans tout le pays quelque 30 000 observateurs indépendants.

À la demande des évêques de RDC, une délégation de Développement et Paix se joindra dès cette semaine aux observateurs présents dans la province du Katanga.

Font partie de cette délégation:

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17 octobre 2011

Inspirés par la bande dessinée Roza ou le courage de choisir la vie, qui relate l’histoire de la violence contre les femmes et les enfants en République démocratique du Congo (RDC) dont les effets sont terrifiants, de jeunes membres de Développement et Paix agissent en pressant le gouvernement canadien de dénoncer les atrocités qui se produisent dans ce pays.

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Blogue
7 décembre 2011

Tensions électorales

Leur pays étant indépendant depuis 1960, ce n’est qu’en 2006 que les Congolais et les Congolaises ont voté librement pour une première fois. La constitution du pays prévoit des élections présidentielle et législatives régulières à tous les cinq ans. Le gouvernement élu en 2006 avait donc cinq années pour préparer les élections de novembre 2011.

Défaillances

La Commission électorales nationale indépendante (CENI), responsable de la préparation et du déroulement des élections, a été bien tardivement mise en place. Ce fut en mai 2010. Elle a été formée de quatre membres issus de la majorité présidentielle et de trois membres en provenance de certains partis d’opposition (note : il n’y avait pas de représentants des plus grands partis d’opposition). Malgré des demandes répétées,  la société civile n’a pu obtenir une représentation à la CENI. À cause de sa composition, la population a émis des doutes sur l’indépendance de cet organisme.

Contrairement à 2006, les outils pour préparer la population aux élections a fait défaut. Ni la CENI, ni les bailleurs de fonds internationaux n’ont accordé des moyens sérieux pour le travail d’éducation civique et électoral. C’est pourtant essentiel dans un pays qui votait pour la deuxième fois seulement en cinquante ans. Et n’oublions pas tous ces jeunes qui votaient pour la toute première fois de leur vie!

L’enregistrement des électeurs s’est terminé en juillet 2011, à peine 100 jours avant la tenue du vote. Selon la loi, la CENI devait afficher la liste des électeurs et leurs bureaux de vote 30 jours avant le vote, soit le 29 octobre. Dans les faits, les listes des électeurs furent affichées deux ou trois jours avant les élections, la veille dans certains cas. Résultat : une confusion gigantesque. Partout au pays, tout le monde cherchait son nom sur la liste des électeurs. Beaucoup ne se retrouvaient plus là où ils s’étaient enregistrés. In extremis, la CENI déclara que les électeurs pouvaient voter, par dérogation, dans n’importe quel bureau de la circonscription où ils s’étaient enregistrés. Cette directive est cependant restée ignorée d’un grand nombre d’électeurs jusqu’à la dernière minute. On conviendra que le vote par dérogation, à grande échelle, réduit la capacité de contrôle des personnes qui se présentent dans les bureaux de vote.

À Lubumbashi où une partie de la délégation de Développement et Paix était présente le jour du vote, nous avons vu dans certaines écoles que la CENI avait prévu un nombre de bureaux de vote supérieur au nombre de salles de classe disponibles. Des bureaux de vote n’avaient pas de local. Dans certains cas, c’est bien après l’heure officielle du début des élections que la CENI est venue installer des abris provisoires pour que les bureaux de scrutin puissent ouvrir.

À Lubumbashi, toujours, de nombreux bureaux de vote n’ont pu ouvrir leurs portes à 6 h comme le prévoit la loi. Il manquait de matériel, comme les bulletins de vote pour la présidentielle, ceux pour les législatives, toutes les urnes ou une partie des urnes, les isoloirs, etc. Des citoyens et citoyennes ont fait la queue pendant cinq ou six heures devant des bureaux fermés. Certains ont bien sûr exprimé leurs frustrations. Ils croyaient qu’on voulait leur enlever leur droit de vote. Mais lorsque le matériel est arrivé et que les bureaux de vote ont ouvert leurs portes - à 11 h, à 13 h, à 16 h même - les citoyens se sont remis calmement en ligne.

Moyens disproportionnés

À notre arrivée à Lubumbashi, nous avons été frappés par l’affichage électoral. Partout, on voyait des milliers d’affiches des candidats. Mais ce qui était le plus remarquable, c’était la disproportion entre les affiches. Pour certains, des immenses panneaux d’une très grande qualité graphique. Pour d’autres, de petites affichettes à peine lisibles. Des candidats avaient à leur disposition des chaînes de radio et de télévision pour passer en boucle les clips de leurs propriétaires ou commanditaires. D’autres ont eu peine à faire entendre leur message.

L’Union européenne, qui avait déployé des observateurs long terme pour accompagner toute la campagne électorale, a fait remarquer que « les candidats à la présidentielle n'ont pas bénéficié du même temps d'antenne à la télévision nationale, le président sortant Joseph Kabila ayant été très nettement favorisé (86%), loin devant les opposants Léon Kengo wa Dondo (8%), Vital Kamerhe (3%), et le principal rival de Kabila, Etienne Tshisekedi (1%). »

Exercer son droit de vote

Les difficultés d’ordre logistique n’ont pas été les mêmes dans toute la province du Katanga. Dans certaines localités, tout s’est passé correctement malgré les cafouillages liés aux listes des électeurs. Il y a eu une affluence importante et une grande patience chez les électeurs et les électrices qui tenaient à exercer leur droit de vote. Un nombre important de témoins et observateurs ont assisté à l’ensemble des opérations de vote et ont pris en note les résultats compilés et inscrits dans les procès verbaux de chacun des bureaux de vote. Après, les résultats ont été affichés dans chacun des bureaux de vote.

Transparence

L’ensemble de la population attend la proclamation des résultats par la CENI. On parle de tensions et de violences possibles à l’annonce des résultats. Pour apaiser la situation et pour éliminer les soupçons,  les partenaires de Développement et Paix, les organisations de la société civile et l’Église catholique  demandent la vérité des votes. Ils demandent à la CENI de divulguer les résultats, bureau de vote par bureau de vote. Les citoyens pourront comparer ces résultats avec ceux qui ont été affichés, tout près de chez eux.

1 décembre 2011

Voter utile

Quel est l'enjeu principal de ces élections? Qu'est-ce qui influencera le vote cette fois-ci? Notre question a reçu presque toujours la même réponse: voter utile!  Mais ici, dans le Katanga, la province la plus riche du Congo et celle d'où provient le président sortant, qu'est-ce que cela signifie ?

Dans la petite ville de Kasenga, à 200 km de la capitale provinciale où une partie de la délégation s'est rendue, deux candidats, sur une liste de 28 ressortaient nettement lors du dépouillement des bulletins. Le numéro 18 plus particulièrement. Ex-administrateur du territoire, poste qu'il avait dû quitter après quelques affaires douteuses, le monsieur s'était retiré à Kinshasa plusieurs années. Originaire de la petite ville, il était rentré très tôt pour faire campagne et, de manière inédite en politique congolaise, s'en était tenu à deux promesses: rendre l'eau accessible à tous et ouvrir de nouveau les routes rurales secondaires. En effet, même si la rivière Luapula borde la ville, l'eau n'est toujours pas accessible pour la majorité. Une bonne partie des aliments provient de la Zambie voisine faute de voies carrossables pour amener la production locale vers les grands centres. On disait aussi que le candidat no 18 aurait obtenu le soutien d'un puissant conseiller du président, lui aussi de cette région.

Suivait, mais de loin, la candidate no 14, de Kasenga elle aussi, et députée sortante. Bien qu'appréciée durant son mandat et ayant consacré beaucoup de ressources pour sa campagne, ses adversaires ont insisté cette fois sur l'origine kassaienne de son mari, la province voisine. L'argument de l'origine des candidats a été utilisé régulièrement durant cette campagne. A-t-il porté, comme certains le souhaitent? La suite nous le dira bientôt.

À Likasi, deuxième ville de la province et important centre minier, les organisations locales partenaires de Développement et Paix avaient organisé durant la campagne sept Tribunes d'expression populaire, dans la ville même et ses environs. Les candidats ont été invités à rencontrer la population. La participation populaire a été massive, celle des politiciens, mitigée. À Kambove, sur les 48 candidats, 5 se sont présentés, à Kapolo, 3 seulement, mais à Likasi, sur les 101 postulants, 28 y étaient.

Ces tribunes, très courues, ont été riches en enseignements: pour une rare fois, des candidats, dont plusieurs n'habitent pas la province et n'y mettent jamais les pieds, ont pu entendre les préoccupations de leurs électeurs. Et ici, pas question de leur origine, mais plutôt des multiples soucis qui accablent quotidiennement la vie des gens et entravent le développement de la province et du pays comme les tracasseries policières - pour collecter d'imprévisibles et innombrables taxes -, puis encore et toujours la fourniture d'eau et d'électricité, un problème incompréhensible dans cette région industrielle qui fournit une part substantielle du budget national. Et ici, il faut toujours payer pour l'école primaire malgré les promesses électorales de 2006.

De plus, les candidats, nouveaux pour la majorité - les députés sortants n'ayant pas osé se représenter - ont dû ajouter quelques promesses à leurs discours. On leur a dit, de manière très directe, que les problèmes de la population ne sont jamais répercutés au parlement. Que les représentants brillent par leur silence à l'Assemblée nationale et sont absents dans leur circonscription. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils ont été enjoints de respecter les lois qu'ils adoptent!

Il est à parier que ces tribunes d'expression populaire organisées par les organisations locales de la société civile de cette partie du Katanga, l'une des onze provinces du pays, ont donné une image assez exacte de l'état d'esprit de la population congolaise. C'est ce qui explique entre autres, la participation très importante au vote compte tenu des difficultés rencontrées. Sur l'ensemble du pays, là où on a pu voter de manière convenable, même avec retards et complications pour trouver son bureau de vote, les choses se sont passées correctement. Là où on a pensé qu'on voulait empêcher ce droit fondamental de s'exprimer, l'impatience, le mécontentement et la colère se sont exprimés avec force et parfois avec violence.

Pour une deuxième fois, après en avoir été privée pendant plus de quarante ans, la population congolaise a pris très au sérieux son droit de vote.

28 novembre 2011

Aux urnes

À 5 h 30, il faisait toujours noir lors de notre arrivée au Lycée de Kiwele, le centre de vote où nous allions observer. Déjà, quelques dizaines de personnes étaient massées devant la grille qui n’allait s’ouvrir que lorsque les 25 bureaux de vote du centre auraient reçu tout leur matériel. Le chef et son personnel s’affairaient à compter les paquets de bulletins de vote et à les distribuer dans chacune des salles. On manquait de bulletins pour les législatives, mais semble-t-il qu’on allait les recevoir plus tard dans la journée.

À 7 h, nos bureaux de vote ont été déclarés ouverts. Partout, des centaines d’électrices et d’électeurs faisaient la queue devant chacun des bureaux de vote. À Kiwele, tout annonçait qu’on allait procéder rondement malgré la grande affluence.

file d'attenteFile d’électeurs et d’électrices devant un bureau de vote vers 10 h du matin. Tous les centres visités au cours de la journée montraient ces longues files d’attente, signe d’un électorat bien décidé à exprimer son droit de vote.

Il n’en fut pas de même partout. Vers 10 h, nous avons commencé à circuler pour visiter d’autres centres de votes à divers endroits, où nous avons constaté que certains bureaux ou même des centres complets n’avaient pas été ouverts. Il manquait parfois l’urne, parfois l’isoloir, ou carrément les bulletins de vote. Ou encore, on n’avait pas prévu un lieu assez grand pour le nombre de bureaux qu’on devait y accueillir. C’était le cas dans un centre de vote près de la commune de Katuba. Là, on avait érigé des tentes, acheminées dans l’avant-midi. D’autres centres de vote où se trouvaient nos partenaires n’ont ouvert leurs portes qu’à 16 h et ont accueilli des électrices et des électeurs jusqu’à 1 h du matin. Les bureaux doivent normalement être ouverts pour une période de onze heures.

isoloir de fortuneDans certains bureaux de vote, le personnel électoral a dû composer avec un manque de matériel. Ici, on a confectionné un isoloir à l’aide de tables puisque celui fourni par la CÉNI (Commission électorale nationale indépendante) n'a pas été acheminé. Dans certains bureaux, les urnes ou les bulletins de vote manquaient. Dans ce cas, impossible de voter. Certains éléments sont plus essentiels que d’autres !

bureau de vote de fortunePrès de Katuba, la CÉNI avait prévu 30 bureaux de vote mais ne disposait que de 20 salles de classe. On a érigé des bureaux de vote de fortune. Les tentes sont arrivées tard dans l’avant-midi, ce qui a retardé considérablement l’ouverture du scrutin. Sous cette tente, il y avait deux bureaux de votation. Difficile de disposer les isoloirs de manière à ce que les gens puissent voter dans le secret. Les gens étaient très mécontents et nous ont exprimé qu’ils avaient peur de ne pas pouvoir voter.

Dans les bureaux où le matériel avait été acheminé à l’heure prévue, tout se déroulait dans le calme. Des incidents ont eu lieu dans l’après-midi, surtout dans les bureaux qui n’étaient toujours pas ouverts et où les gens attendaient depuis 6 h le matin.

Déploiement de l’observation

La Radio communautaire du Katanga (RCK), partenaire de Développement et Paix, a déployé 150 observatrices et observateurs dans presque tous les quartiers de la ville de Lubumbashi. De plus, elle avait des correspondants à plusieurs endroits, ce qui lui a permis de donner un portrait régulier de la situation dans la ville. La Commission Justice et Paix, également appuyée par Développement et Paix pour son programme d’éducation civique, a déployé quelque 1000 observatrices et observateurs dans tout le Katanga.

La délégation de Développement et Paix, venue en appui au travail de terrain des partenaires locaux, était répartie dans trois villes : Lubumbashi, Kasenga et Likasi. La veille, à Lubumbashi, nous nous étions réunis avec d’autres délégations d’observation internationale, entre autres du Centre Carter et de l’Eurac, afin de s’assurer d’un déploiement qui couvre l’ensemble de la ville.

Incertitude
Vers le milieu de l’après-midi, une attaque dans un bureau de vote a provoqué un vent de panique à Lubumbashi. Selon des sources locales, trois personnes ont péri dans l’incident. Par mesure de prudence, la RCK a dû fermer ses portes. Nous nous sommes repliés à la procure où nous avons communiqué avec les autres délégations d’observation internationale et avec nos partenaires locaux. Certaines délégations internationales avaient reçu l’ordre de retourner à leur hôtel, alors que d’autres s’interrogeaient à savoir si elles allaient continuer d’observer. C’est grâce à notre réseau de partenaires que nous avons pu faire un choix éclairé : puisque la situation s’était calmée, nous avons décidé de retourner à Kiwele, dans les bureaux où nous devions assister au dépouillement.

Fermeture des bureaux
À 18 h, alors que le centre devait fermer ses portes, on a dû acheminer des bulletins de vote pour les législatives puisqu’il en manquait. On a annoncé qu’on continuerait d’accueillir les électeurs et les électrices jusqu’à 20 h, puis jusqu’à 21 h 20.

Dépouillement
À 22 h, l’un des membres de notre délégation, présent à Kassenga, nous téléphone pour nous souhaiter… bonne nuit. Là, le dépouillement venait de se terminer, alors que dans nos bureaux de vote, on s’apprêtait à débuter. À Lubumbashi, certains bureaux de vote n’ont fermé qu’à 1 h du matin. Toujours est-il qu’à 22 h, nous étions loin de nous douter qu’à 13 h le lendemain après-midi, le personnel des bureaux de vote serait toujours là. À Lubumbashi, plus de 600 candidats se sont présentés à la législative. La compilation des résultats, avec des bulletins aussi gros que La Presse du samedi, était donc tout un casse-tête.

27 novembre 2011

Les richesses du Katanga

Nous sommes à Lubumbashi, c’est dimanche matin. En cette veille d’élections, tout est calme. La nuit dernière, un dépôt d’armes d’un camp militaire a été attaqué, mais nous n’avons rien entendu. Nous sommes logés à la procure de l’archidiocèse, tout à côté de la cathédrale Saints Pierre et Paul, pleine de fidèles à toutes les messes. Nous entendons les chants religieux des magnifiques chorales congolaises.

Lubumbashi, ville de deux millions d’habitants, est la capitale du Katanga, la province la plus au sud de la République démocratique du Congo. Le sud du Katanga est une zone riche en minerais. C’est une des plus grande réserve de cuivre et la plus grande réserve de cobalt au monde. On y trouve de l’uranium aussi. C’est du Katanga qu’est venu l’uranium qui a servi à la fabrication des bombes d’Hiroshima et de Nagasaki.

L’exploitation des richesses minières du Katanga se fait de deux manières.

- L’exploitation artisanale. Les 25 dernières années d’instabilité et de misère, de ruine de l’économie et de déliquescence de l’État, de conflits et de prolifération de trafiquants ont amené des centaines de milliers de jeunes à se lancer dans l’exploitation artisanale des gisements de cuivre et de cobalt. À mains nues, au pic et à la pelle, sans aucune mesure de sécurité, des jeunes de 12 à 30 ans font des puits et des galeries pour en extraire des minerais qu’ils revendent à des acheteurs qui ont le monopole d’achat de telle ou telle carrière. Après 30 ans, les creuseurs ne peuvent plus faire ce travail qui est trop exigeant. Ils gagnent 3, 5, 7 dollars par jour, selon la chance du jour et selon la rapacité des acheteurs. Cette activité assure la survie des familles des creuseurs, soit au moins un million de personnes. Cette activité fait rouler une part importante de l’économie locale.

- L’exploitation industrielle. Au cours des dernières années, des entreprises étrangères ont obtenu des concessions minières. Certaines ont commencé l’extraction des minerais. Elles ont chassé les creuseurs artisanaux et apporté de l’étranger la machinerie moderne qui permet d’extraire des volumes beaucoup plus importants. Ces entreprises emploient des ingénieurs expatriés, quelques opérateurs de machineries lourdes et du personnel local pour l’entretien et le gardiennage. Les salaires sont meilleurs mais peu nombreux. Les expatriés paient leurs impôts à l’étranger, les compagnies doivent payer des taxes et des redevances à l’État congolais, mais avant, il faut amortir le coût des investissements, soit le coût des grandes machines fabriquées ailleurs.

Quel est l’avenir?

L’exploitation artisanale assure la survie, au jour le jour, de centaines de milliers de personnes. Mais telle que pratiquée, dans des conditions dignes du Moyen-Âge, les jeunes creuseurs mettent leur santé et leur vie en péril. L’exploitation artisanale contribue à la corruption et ne rapporte rien à l’État.

Quant à l’exploitation industrielle, elle rapporte peu aux communautés locales. L’octroi des concessions favorise la corruption. Quand elles sont payées, les taxes et redevances des compagnies partent à Kinshasa, la capitale du pays, mais reviennent rarement sous forme de services pour les populations.

Et le Katanga, où la terre est abondante et fertile, importe aujourd’hui ses denrées de base pour nourrir la population de ses grandes villes.

24 novembre 2011

Arrivée... électorale !

 

À l’arrivée de la délégation Développement et Paix à Lubumbashi, l’ambiance était à la campagne électorale. À l’aéroport, des centaines de personnes attendaient l’un des candidats à la présidence, Vital Kamerhe, de l’Union pour la nation congolaise (UNC). Drapeaux, chansons, slogans : tout un comité d’accueil !

Déjà, nous avons pu voir les journalistes de la radio communautaire du Katanga (RCK), un groupe que l'on appuie, à l’œuvre. Ils étaient là pour couvrir à la fois l’arrivée de la délégation puis celle du candidat qui, lui, devait s’adresser à la population plus tard dans la journée.

Alors que nous attendions l’arrivée de nos bagages, Godi Ngosa, directrice de la RCK, station Lubumbashi, nous a fait un résumé de la situation du Katanga et du travail de la radio pour préparer la population aux élections. «Nous espérons qu’il n’y aura pas de violences, mais dans la région, c’est plus chaud qu’en 2006.»

Nous avons été chaudement accueillis par Mgr Fulgence Muteba, évêque du diocèse de Kilwa-Kasanga, Fidèle Banza Mutombo, conseiller pour les programmes de Développement et Paix au Katanga, Judith Kisimba, adjointe, et Godie Ngosa. Nous aurons la chance de visiter les stations de la radio communautaire du Katanga dans les prochains jours.

24 novembre 2011

Des programmes d’éducation civique

Les élections présidentielles et législatives qui doivent se tenir lundi prochain, 28 novembre sont importantes pour l’avenir du pays. Selon la Conférence épiscopale nationale du Congo, ce scrutin doit «bâtir une RD Congo véritablement démocratique, qui vit dans la paix et qui en met en place de bons systèmes de gouvernance, porteurs de nouvelles perspectives de développement pour la population».

Les évêques congolais ont demandé à la communauté internationale de fournir l’appui nécessaire à la tenue d’élections justes et à la formation civique. Ils ont requis un appui logistique et le déploiement d’observateurs internationaux.

La réponse des grands bailleurs internationaux à cet appel a été mitigée. Développement et Paix appuie, en RDC, trois programmes en ce sens.

  • Une somme de 210 000 $ a été versée au programme national d’éducation civique de la Commission épiscopale Justice et Paix pour la formation en cascade, la diffusion d'émissions de radio et la publication de brochures, d'affiches et de bandes dessinées.
  • Sept radios communautaires, dans la province Orientale et au Katanga (appui de 200 000 $), font de l’éducation civique via des émissions éducatives, des débats, des feuilletons, des chansons.
  • Vingt organisations, dont les Commissions diocésaines Justice et Paix de Kalemie et d’Isangi, le Conseil régional des ONG de développement du Katanga et le Collectif des femmes de Kisangani, font la promotion des droits de la personne, de la paix, de la bonne gouvernance et de la participation citoyenne par des assemblées locales, des sessions d’animation et des publications. (octroi de 80 000 $).
22 novembre 2011

Départ de la délégation

C'est ce soir que partira la délégation de Développement et Paix qui ira observer les élections en République démocratique du Congo. (Cliquez ici pour le communiqué de presse.)

Lundi prochain, 28 novembre, si tout se déroule comme prévu, les 62 000 bureaux de vote de ce vaste pays devraient pouvoir accueillir 32 millions d'électeurs. On imagine le défi logistique que représente l'acheminement des bulletins de vote dans tant de bureaux locaux. Autres chiffres impressionnants: 11 personnes se font concurrence pour le titre de président de la république, alors que 18 000 sont candidats aux législatives (500 sièges). En RDC, on compte pas moins de... 400 partis politiques!

Parce qu'elle souhaite la tenue d'élections démocratiques et pacifiques, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) va déployer dans tout le pays quelque 30 000 observateurs indépendants. La délégation de Développement et Paix va rejoindre ces observateurs nationaux dans la province du Katanga, au sud-est de la RDC.

Font partie de la délégation de Développement et Paix: Mgr Albert Thévenot, évêque du diocèse de Prince Albert en Saskatchewan, Denis Tougas de l'Entraide missionnaire, Mouloud Idir du Centre Justice et Foi. Myriam Larouche-Tremblay et Serge Blais, tous deux de Développement et Paix, les accompagnent.