17 avril : Journée internationale des luttes paysannes

Créée en 1996 par le mouvement paysan international la Via Campesina, la journée d’action du 17 avril commémore le massacre de 19 paysans sans terre du Brésil. Elle est aussi l’occasion de célébrer la solidarité et la résistance des mouvements paysans et d’intensifier les alliances entre la campagne et la ville au bénéfice d’un projet de société fondé sur la justice sociale et la dignité des peuples.

En cette journée, Développement et Paix tient à souligner les luttes menées par les mouvements paysans partout dans le monde. Les paysans doivent s’organiser, car leur mode de vie est menacé.

En Colombie, les terres des familles paysannes et autochtones de la région du Chocó ont été accaparées de manière violente par l’agrobusiness qui les exploite pour cultiver de l’huile de palme, des bananes et d’autres monocultures. La Commission interecclésiale pour la Justice et la Paix (CIJP) appuie autochtones et paysans dans leurs demandes de restitution de leurs terres.

Au Cambodge, notre partenaire, la Ligue cambodgienne pour la promotion et la défense des droits humains (LICADHO) estime que le nombre de personnes chassées de leur communauté par des conflits terriens a plus que triplé entre 2013 et 2014.

Au Paraguay, le Mouvement paysan paraguayen (MCP) accompagne les sans-terre et les petits propriétaires qui veulent protéger leur accès à la terre. Fondé en 1980, le MCP est l’un des principaux groupes de résistance paysanne au Paraguay.

Les entreprises transnationales agroalimentaires accaparent non seulement les terres, mais aussi les semences paysannes.

Toujours en Colombie, une grève nationale des agriculteurs a éclaté en 2013 pour empêcher l’adoption de la loi 970, qui aurait rendu illégale pour les paysans la conservation de leurs semences. Grâce à cette grande mobilisation, il y a maintenant un moratoire sur le projet de loi.

En Sierra Leone, les paysans se mobilisent pour qu’il y ait une passation du savoir agricole et que les jeunes sachent eux aussi comment sélectionner et conserver les semences.

Au Canada, la loi C-18, la Loi sur la croissance dans le secteur agricole qui limite l’accès des agriculteurs canadiens à la diversité des semences, a été adoptée en février 2015 malgré les protestions de mouvements paysans canadiens.

Les campagnes de Développement et Paix sur les semences, à l’automne 2014, et la petite agriculture, à automne 2011, ont mis de l’avant l’importance de ces enjeux, et surtout, l’importance d’être solidaire des luttes menées par nos sœurs et frères des pays du Sud. En ce 17 avril, pourquoi ne pas appuyer les luttes paysannes en partageant un repas local et biologique? Bon appétit!