Brésil: la Commission pastorale de la terre déplore la perte de deux de ses dirigeants

9 mai 2014
Credit: CPT Archives

Développement et Paix est profondément attristé par la nouvelle des décès de Dom Tomás Balduíno et Dom José Moreira Bastos, deux dirigeants de son organisation partenaire brésilienne, la Commission pastorale de la terre (CPT).  Pendant des décennies, la CPT a dénoncé les violences faites aux paysans et a plaidé en faveur de la réforme agraire afin de garantir l'accès à la terre à ces derniers. Ce travail a été réalisé en grande partie grâce à l’apport de ces deux évêques, pionniers dans le domaine.

Dom Tomás Balduíno, évêque émérite de Goiás Velho et l'un des fondateurs de la CPT, est décédé vendredi 4 mars en soirée, à l’âge de 91 ans. Sa mort est survenue à peine quelques jours après celle du vice-président de la CPT, Dom José Moreira Basto. Ce dernier était l’évêque de Três Lagoas à Mato Grosso do Sul et il est décédé le 26 avril d'une crise cardiaque à l'âge de 61 ans.

Mgr Balduíno était connu pour sa solidarité envers la population pauvre et vulnérable du Brésil. Il a joué un rôle clé dans la création de plusieurs mouvements sociaux voués à la défense des droits des «pauvres de la Terre » et des peuples autochtones au Brésil, y compris la CPT et le Conseil missionnaire autochtone (CIMI), tous deux associés à la Conférence des évêques catholiques du Brésil et partenaires de Développement et Paix.

« Dom Tomás Balduíno nous a légué sa fougue pour la lutte, l'espoir et sa foi envers le Dieu des pauvres » déclare le CPT dans un communiqué. En outre, il a soutenu la création du «Mouvement sur le coût de la vie » ainsi que la « Campagne nationale pour la réforme agraire». Son engagement sans relâche à travailler côte à côte avec les pauvres a évolué en parallèle à sa propre expérience de prêtre et plus tard d’évêque dans l'État du Pará, où il a vécu la réalité des communautés autochtones et paysannes de la région qui devaient faire face à des conflits les opposant aux intérêts des industries de la pêche et de l’agriculture. Attirées par des incitatifs fiscaux, ces entreprises s'établissaient dans la région en s’emparant des terres des peuples autochtones, dépossédant les paysans et faisant venir des travailleurs d'autres États, souvent contraints à des conditions de travail proches de l’esclavage.

« Dom Tomás a lutté toute sa vie pour la défense des paysans sans terre, pour les communautés autochtones et traditionnelles ainsi que pour la justice sociale» a déclaré la CPT. « Nous nous sentons tous un peu orphelins aujourd’hui, mais nous continuons sachant que Dom Tomás est, et sera toujours, présent dans les pas qui foulent cette terre et dans les drapeaux qui flottent au vent dans le monde à la recherche d'une société plus juste et plus équitable ».

Son exemple a ouvert la voie à d'autres, comme Dom José, dans la poursuite de la lutte pour la défense des personnes les plus pauvres qui continue à être d'une grande importance au Brésil, pays dans lequel les disparités entre les riches et les pauvres sont parmi les plus élevées au monde. Après avoir travaillé comme évêque accompagnateur au Mato Grosso do Sul pour la CPT et pour le CIMI, Dom Jose a été nommé vice-président de la CPT en 2012, démontrant sa volonté de contribuer à l'affirmation des paysannes et des paysans dans la défense de leurs droits.

« Pour Développement et Paix, Dom Tomás était un ami, un allié historique et un défenseur engagé dans la défense des pauvres au Brésil. Pendant des décennies, il s’est investi dans la dénonciation des injustices et a exigé des réformes structurelles pour modifier la base de structures inégales. Il était un symbole de l'Église des peuples au Brésil et nous manquera beaucoup » a déclaré Anne Catherine Kennedy, agente de programme pour le Brésil de Développement et Paix.

Développement et Paix présente ses condoléances à la CPT, au CIMI et à tous les brésiliens qui ont été touchés et inspirés par le travail de ces deux grands dirigeants de l'Église.