Brésil: Un an après le désastre minier de Mariana, la justice n’est toujours pas au rendez-vous

31 octobre 2016

Il y a un an, le Brésil connaissait la pire catastrophe environnementale de son histoire alors qu’un barrage de retenue de résidus miniers s’est effondré sur le site de la mine de fer de Mariana, dans l’État du Minas Gerais, rejetant des millions de tonnes de boues et de toxines dans le Rio Doce. Les coulées de boues ont causé la mort de 19 personnes, emportant les maisons, le bétail et les fermes des communautés environnantes, contaminant les sources d’eau et détruisant près de 800 kilomètres du fleuve Rio Doce, depuis Mariana jusqu’à l’État d’Espirito Santo. Pour les populations locales, dont la majeure partie sont des pêcheurs, ce désastre s’est avéré une véritable catastrophe. En plus des maisons endommagées, les poissons sont morts, les privant ainsi de leur source principale de revenus.

Depuis le désastre, la compagnie minière Samarco, une co-entreprise créée par les deux géants miniers Vale et BHP Bilton, n’a posé pratiquement aucun geste pour compenser les familles suite aux préjudices subis, ni pour payer les coûts du nettoyage. Des rapports révèlent que la compagnie était consciente des failles dans le barrage au moment de sa rupture, et bien que les autorités gouvernementales locales et nationales aient mis la compagnie à l’amende, Samarco a fait appel et n’a encore rien payé.

Le Mouvement des personnes affectées par les barrages (MAB), un partenaire de Développement et Paix – Caritas Canada, a soutenu les gens de Mariana en dénonçant l’impunité de la compagnie. Afin d’honorer les victimes et de faire connaître les impacts dévastateurs des activités minières, le MAB, aux côtés d’autres mouvements sociaux, ONG et mouvements pastoraux presque tous également partenaires de Développement et Paix – Caritas Canada, organise une caravane qui remontera le parcours de l’inondation, de son point d’arrivée à son point de départ. La caravane réunira différentes organisations, ainsi que des activistes et des universitaires qui veulent démontrer leur solidarité avec les communautés de Mariana et demander une action rapide et efficace, non seulement pour Mariana, mais pour tout le Brésil, où l’exploitation éhontée des ressources naturelles (incluant les ressources minérales) a provoqué la destruction de l’environnement et déplacé et appauvri les paysans, les communautés autochtones ainsi que les populations urbaines.

En plus du MAB, d’autres partenaires de Développement et Paix – Caritas Canada participeront à cette caravane: le Mouvement des paysans sans terre (MST); le réseau Justice sur les rails (Justiças nos Trilhos), qui travaille avec les communautés affectées par les mines de Vale; l’organisation FASE (Fédération des organisations pour l’assistance sociale et éducative), qui travaille avec les populations pauvres en milieu urbain et rural; le MAM (Mouvement national pour la souveraineté du peuple face à l’industrie minière) un mouvement de communautés affectées par les mines; ainsi que la chargée de programmes de Développement et Paix, Anne-Catherine Kennedy. La caravane, qui devrait réunir quelques centaines de personnes, partira le 31 octobre prochain de Regência dans l’État d’Espirito Santo, un village de pêcheurs où les résidus miniers ont finalement abouti dans la mer, et arrivera le 2 novembre à Mariana où le barrage s’est effondré.

La caravane sera suivie d’un séminaire de deux jours lors desquels près de 1 000 personnes discuteront ensemble des causes sous-jacentes à ce désastre, du manque de responsabilité de la compagnie minière qui souhaite rouvrir la mine, et de la situation actuelle de ceux qui ont été affectés par cette catastrophe. Le 5 novembre, date anniversaire du désastre, sera marqué par une manifestation à Bento Rodrigues, un district de Mariana disparu dans la coulée de boues.

Soyez en solidarité avec les gens de Mariana et avec nos partenaires du Brésil en suivant la caravane sur twitter @devpaix, #1anodelama, #1anodeluta (qui signifie 1andeboue, 1andelutte)