Campagne pour la paix en Syrie : le Canada fait preuve de leadership

1 décembre 2016

Après cinq années à fournir de l’aide humanitaire à la population syrienne dont le pays est ravagé par un violent conflit, Développement et Paix a lancé une campagne de sensibilisation au printemps 2016 afin d’aborder la crise différemment. Depuis lors, le gouvernement du Canada, sous la direction de Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères, a pris certaines mesures afin de répondre aux revendications mises de l’avant lors de notre campagne.

Nous avons lancé un appel au gouvernement du Canada afin qu’il :

  1. contribue au processus de paix en faisant entendre la voix de la société civile syrienne;
  2. garantisse l’accès à l’aide humanitaire ainsi que la protection des civils;
  3. appuie la cohésion sociale et l’autonomie des réfugiés dans les pays limitrophes.

Ces demandes émanent des commentaires de nos partenaires sur les problèmes les plus importants auxquels ils sont confrontés et reflètent le travail qu’ils font pour restaurer la paix et permettre aux Syriennes et aux Syriens de vivre dans la dignité. Dans le cadre de cette campagne, nous avons publié un document intitulé Cinq ans de conflit en Syrie : Œuvrer pour la paix et la dignité des populations affectées et invité Elias Sadkni, cofondateur de notre organisme partenaire Maison de la Paix, à présenter à plusieurs députés membres du Comité des affaires étrangères les nombreux défis auxquels les Syriens font face. Nous avons également envoyé une lettre au premier ministre et invité les Canadiens à signer une pétition adressée au premier ministre.

Depuis lors, le ministre Dion et le gouvernement canadien ont fait preuve de leadership et ont pris des mesures en réponse à chacune des trois revendications de notre campagne, en commençant par intégrer le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS). Ce premier pas en vue de trouver une solution diplomatique à la crise correspond aux demandes formulées par Développement et Paix dans le cadre de sa campagne pour la paix en Syrie.

Plus récemment, le Canada a demandé à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) de tenir une session extraordinaire d’urgence pour exiger l’arrêt de toutes les attaques illégales à Alep et ailleurs en Syrie, et l’accès humanitaire immédiat et sans entrave afin que l’aide vitale puisse rejoindre tous ceux qui en ont besoin. Le Conseil de sécurité se trouvant dans une impasse, une session extraordinaire de l’Assemblée générale pourrait prendre des mesures pour arrêter les massacres en Syrie.

Développement et Paix s’est joint à 223 organisations de cinq continents et 73 pays pour signer une déclaration de la société civile mondiale qui exhorte les États membres de l’ONU à soutenir cet appel à la tenue d’une session extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU, proposée par notre gouvernement canadien.

Toujours en novembre, le gouvernement du Canada a de nouveau témoigné son engagement à résoudre cette crise diplomatique en organisant une réunion des envoyés spéciaux de 15 pays, ainsi que des représentants de l’opposition politique syrienne, de l’Organisation des Nations Unies et de la société civile syrienne, afin de discuter des étapes clés du processus de paix en Syrie. Co-organisée par les Pays-Bas, cette réunion a eu lieu à Mont-Tremblant, au Québec, du 11 au 13 novembre 2016.

Une des grandes particularités de cette réunion est que le Canada ait invité des représentants de la société civile syrienne et de l’opposition à ces discussions, eux qui n’ont pas toujours été invités à participer aux réunions antérieures des alliés sur le conflit en Syrie. Stéphane Dion a également rencontré ces représentants pour entendre leurs propositions afin d’accélérer la cessation des hostilités. C’est exactement le type de mesures proposées par Développement et Paix dans son document d’orientation politique publié cet été, intitulé Un processus de paix pour et avec les Syriennes et les Syriens : De quelle manière le Canada peut assurer une paix durable en Syrie. Cette proposition de directives présente une analyse détaillée des moyens par lesquels la société civile syrienne et, en particulier, les organisations de femmes syriennes, peuvent contribuer au processus de paix, et formule à l’intention du gouvernement du Canada des recommandations sur les mesures à prendre pour accroître la participation des organisations de la société civile syrienne à l’élaboration de solutions à la crise de leur pays.

Un processus de paix pour et avec les Syriennes et les Syriens : De quelle manière le Canada peut assurer une paix durable en Syrie

Dans une allocution prononcée à la réunion de Mont-Tremblant, le ministre Dion a évoqué les causes profondes du conflit, y compris le « déficit démocratique et la lutte pour l’acquisition de droits » en Syrie et l’effet de la sécheresse sur les prix des aliments. Il a également souligné le fait que les changements climatiques peuvent avoir des impacts concrets dans le monde, y compris sur la sécurité. À Développement et Paix, nous nous concentrons sur la lutte contre les causes profondes de l’injustice et de la violence. Il est gratifiant de voir notre ministre des Affaires étrangères articuler cette approche dans sa réaction à la crise syrienne et agir dans le sens de nos revendications.