Cinq ans de guerre en Syrie : la voix de nos partenaires

15 mars 2016

Aujourd’hui, le 15 mars, marque le cinquième anniversaire du début de la guerre en Syrie. Ce n’est peut-être pas une occasion de célébrer, mais il ne faudrait pas non plus l’oublier. Le mouvement #withsyria, une coalition d’organisations à travers le monde, dont Développement et Paix est membre, souhaite qu’aujourd’hui, le plus grand nombre de personnes possible manifestent leur solidarité avec le peuple syrien.

En ce jour, Développement et Paix veut donner la parole à ses courageux partenaires dans la région, qui, même après cinq ans de conflit, continuent de prodiguer des secours qui sauvent des vies. Voici ce qu’ils ont à dire à propos de ce conflit persistant et de son impact sur leur peuple.

Que ressentez-vous à l’occasion du cinquième anniversaire de la guerre en Syrie?


 

« Nous pensons que la guerre civile en Syrie est la pire crise humanitaire de notre temps et que les effets de ce conflit peuvent parfois sembler écrasants. Nous sommes préoccupés au sujet de la génération qui traverse cette guerre, les enfants qui sont gravement touchés à tous les niveaux : l’éducation, la santé... Nous nous demandons comment ils vont reconstruire un pays où tout ce qu’ils connaissent, c’est la guerre et la destruction et l’absence de considération accordée à la vie humaine. Mais, malgré cela, nous nous sommes engagés à aider la population syrienne aussi longtemps qu’il le faudra. »

Carla, Caritas Liban

« Ce sont des sentiments de tristesse et de bonheur à la fois. De la tristesse en raison des énormes sacrifices que le peuple syrien a faits et continue de faire, et du bonheur parce que, malgré les situations difficiles vécues, ils ont encore la ténacité et la détermination nécessaires pour revendiquer leur liberté et leur dignité. »

Ziad, Kesh Malek

« Il est épouvantable de voir qu’après cinq ans, il n’y a toujours pas de solution à la crise syrienne. Il y a plus de 10 millions de personnes déplacées et réfugiées qui souffrent et qui ont besoin d’aide, de secours et de paix. Aujourd’hui, et après cinq ans de travail pour réagir à cette crise, nous avons l’impression d’être encore au début. On manque de fonds, de soutien; les personnes réfugiées ne peuvent pas travailler et dépendent de l’aide humanitaire. En plus de cela, un pourcentage élevé de Syriennes et de Syriens en quête d’espoir, de paix et de dignité paient des trafiquants pour les emmener en Europe. »

Omar, Caritas Jordanie

« Je suis triste quand je pense aux être chers que nous avons perdus et que nous continuons de perdre, et je suis en colère contre tous ceux qui ont contribué à la destruction de notre pays. En même temps, je souhaite que le cessez-le-feu se poursuive et que nous soyons en mesure de passer à des négociations qui mettront fin aux massacres et à la destruction en cours. »

Hanan, Aosus

« L’impression générale parmi le public est qu’en Syrie, toute la population est épuisée et éprouve un sentiment d’impuissance généralisé. On a l’impression que le monde entier a abandonné la cause syrienne, et que chaque tentative de solution à la crise repose sur la convergence des intérêts entre les pays, et que la cause de la liberté du peuple syrien n’est plus à l’ordre du jour. »

« En ce qui concerne les membres de la société civile, ils souffrent de dépression, mais ils continuent de travailler à soulager les souffrances des personnes dans les zones où ils travaillent. À l’heure actuelle, toute la communauté est épuisée en raison des fardeaux excessifs pris en charge par la société civile, qui joue à la fois le rôle de société civile et celui de gouvernement. Par conséquent, la société civile consacre ses efforts à répondre aux besoins criants de la population et non pas à la formulation d’une solution à la crise actuelle. Avec de telles pressions, on s’attend à ce que les acteurs de la société civile s’effondrent, ainsi que quelques-unes des organisations humanitaires en Turquie, dans la période à venir, en raison de la complexité et des pressions qui pèsent sur les organisations syriennes. »

Anonyme

Que représente pour vous le soutien de Développement et Paix et de la population canadienne ? 

 


« Les faits sont là : 1 million de Syriennes et de Syriens ont besoin d’aide au Liban pour répondre aux besoins urgents et le gouvernement libanais fait face à une crise et il a prouvé son incapacité à gérer plusieurs enjeux, notamment la crise des réfugiés. Le soutien continu de Développement et Paix et de la population canadienne représente pour nous une contribution précieuse et extraordinaire qui nous permet de réaliser et de poursuivre nos activités d’aide aux réfugiés syriens et aux familles libanaises vulnérables. Leur soutien nous a prouvé encore une fois que nous pouvons compter sur nos partenaires et qu’ils peuvent compter sur nous en cas de besoin. »

Carla, Caritas Liban

« La population canadienne, à travers Développement et Paix, a offert un appui extraordinaire à Kesh Malek. L’aide de Développement et Paix a aidé Kesh Malek à administrer plusieurs écoles dans la ville d’Alep en Syrie, ce qui permet à notre organisation d’étendre ses activités dans le domaine de l’éducation et de devenir l’une des organisations les plus importantes dans ce domaine en Syrie. »

Ziad, Kesh Malek

« Le soutien de Développement et Paix et du gouvernement canadien a joué un rôle vital en aidant les réfugiés vulnérables, en particulier avec des services de santé, ce soutien est venu au bon moment, lorsque nous nous sommes heurtés à de nombreux obstacles : le manque de services de santé, l’absence de programmes de santé qui offrent de l’aide aux réfugiés et la présence limitée des acteurs humanitaires dans le secteur de la santé. Caritas Jordanie est l’une des rares organisations qui travaillent dans le domaine de la santé et elle dépend de l’appui de divers bailleurs de fonds. Le projet de santé financé par Développement et Paix et le gouvernement du Canada est un important partenariat pour nous. Caritas Jordanie met actuellement en œuvre la troisième phase de son programme de santé et le soutien du Canada représente un soutien initial de la moitié des patients réfugiés syriens. Cela peut vraiment aider de nombreux patients qui ne peuvent pas se permettre de payer les services à cause de la nouvelle réglementation du gouvernement de la Jordanie, où les tarifs des services de santé des réfugiés syriens sont ceux des Jordaniens non assurés (ils doivent payer 60 à 70 % du coût de leur traitement). Notre projet avec le Canada comprend l’aménagement et l’ouverture d’un nouveau centre dans un endroit différent, dans le cadre d’une stratégie d’approche durable qui peut profiter aux réfugiés et aux communautés locales. »

Omar, Caritas Jordanie

« Ce type de soutien nous donne espoir et nous montre qu’il y a des personnes qui se préoccupent du sort des autres. Ils nous aident et nous encouragent à travailler et à nous développer nous-mêmes pour devenir autonomes et productifs, et non pas seulement être des bénéficiaires de l’aide. Ils nous aident à revivre. »

Hanan, Aosus

« Ce sont des partenaires stratégiques qui ont joué un rôle majeur dans le développement de notre organisation notamment pour notre lancement en Turquie. Nous considérons Développement et Paix comme un partenaire, pas un bailleur de fonds, car il nous aide à atteindre ses objectifs sans imposer de restrictions ou sa propre vision. »

Anonyme


Qu’est-ce qui vous donne espoir ?


 

« Notre foi et notre conviction qu’au cours de l’histoire, le chemin de la vérité et de l’amour l’a toujours emporté, même si pour un temps, les conflits semblent sans fin et les tyrans invincibles. Notre sommes convaincus que s’il y a une volonté politique pour mettre fin à la guerre, la solution à ce conflit sera mise en place très rapidement et la Syrie deviendra le plus grand chantier du monde à tous les niveaux. »

Carla, Caritas Liban

« Comment pouvons-nous renoncer à l’espoir quand on sait qu’il y a des milliers de prisonniers de conscience, qu’il y a des milliers de héros qui ont sacrifié leur vie pour notre liberté et notre dignité? Et lorsque nous travaillons et que nous constatons la manière dont cela peut améliorer la vie des personnes, nous savons que nous ne pouvons pas nous arrêter. »

Ziad, Kesh Malek

« Nous craignons que l’espoir de la fin du conflit ne soit plus qu’un rêve pour la plupart des réfugiés syriens. D’autre part, Caritas Jordanie tente de trouver un moyen d’apporter plus d’espoir grâce à différentes approches :

  1. En augmentant le lobbying de la communauté internationale pour trouver une véritable solution politique à ce problème chronique.
  2. En augmentant l’aide humanitaire aux personnes réfugiées dans les pays d’accueil et à l’intérieur de la Syrie.
  3. En trouvant de plus en plus de solutions humanitaires pour porter secours aux Syriennes et aux Syriens déplacés en Syrie.
  4. En encourageant des solutions durables pour les personnes réfugiées afin qu’elles n’aient pas à avoir recours à des trafics illicites. Ces solutions durables comprennent :1) le retour à leur pays d’origine, la Syrie 2) l’installation permanente dans les pays d’accueil 3) des programmes de réinstallation dans d’autres pays. La communauté internationale doit soutenir ces trois options pour les personnes réfugiées en facilitant les procédures de réinstallation et en offrant davantage de soutien pour toutes ces options.
  5. En encourageant le gouvernement de la Jordanie à ouvrir plus de places pour les projets rémunérateurs et à adopter une nouvelle stratégie à long terme.
  6. En encourageant une campagne de paix au Moyen-Orient pour les personnes réfugiées et la création de certains projets à cet égard. » 


Omar, Caritas Jordanie

« Ce qui nous donne espoir, ce sont les personnes qui sont restées dans les zones détruites qui vivent sous les bombardements et les obus, et dans les endroits assiégés, et qui ont créé les conditions leur permettant de continuer leur vie et de croire encore à la révolution. Les Syriennes et les Syriens qui croient encore en une seule Syrie et qui s’efforcent de trouver des solutions et de rassembler toute la population pour sauver ce qui reste. »

Hanan, Aosus

« L’existence de partenaires qui sont intéressés à la cause syrienne dans un rôle de partenariat et non pas en tant que bailleurs de fonds. Le soutien de la cause syrienne par les partenaires qui la considèrent comme une cause révolutionnaire et non comme une guerre. Trouver rapidement des solutions à la situation complexe actuelle. L’adoption réelle du travail de la société civile en Syrie qui est basée sur l’analyse réelle des problèmes et ce qui se fait à l’intérieur de la Syrie et non sur des programmes de l’étranger. »

Anonyme

Vous pouvez manifester votre solidarité avec le peuple syrien en :

  1. Relayant cette histoire auprès de vos amis et de votre famille par courriel ou sur les médias sociaux.
  2. Signant notre pétition.
  3. Partageant, aimant ou commentant notre vidéo sur Facebook.


    Voici le triste constat après 5 ans de conflit armé en Syrie. Les Syriens veulent la paix maintenant. SVP, Partagez cette vidéo!

    Posted by Développement et Paix - Caritas Canada on Tuesday, March 15, 2016
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