COP20 : Développement et Paix et ses partenaires demandent que les plus pauvres soient au cœur des discussions sur le changement climatique

5 décembre 2014

Une chose est certaine et indiscutable en ce qui a trait au changement climatique, ce sont les populations les plus pauvres, celles qui sont le moins responsables des émissions de carbone, qui en subissent les impacts les plus importants. Une autre triste réalité est que ce sont ces mêmes populations qui ont le moins accès aux ressources nécessaires pour lutter contre les impacts du changement climatique et aux transformations de leur environnement.

C’est pour cela que dans le cadre de la 20e Conférence des Parties (COP20) de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique qui se tient à Lima du 1er au 12 décembre, Caritas et la CIDSE demandent aux gouvernements de s’engager de manière ferme à mettre les pauvres au centre des politiques en lien au changement climatique. (Déclaration conjointe Caritas – CIDSE)

Développement et Paix est le membre canadien de Caritas Internationalis et de la CIDSE et se joint à l’appel lancé par plus de 180 organisations catholiques de secours d’urgence et de développement qui exhortent à un changement définitif dans le modèle de développement économique du monde, y compris dans la production et la consommation mondiale de nourriture.

Ensemble, nous affirmons que le rôle des petites agricultrices et des petits agriculteurs doit être mis en valeur et que les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables doivent être protégées et avoir une voix au chapitre dans les décisions sur le climat.

La réduction drastique des émissions de carbone et le respect du seuil des 2°C nécessitent un engagement à long terme, afin de stopper la progression du changement climatique. De plus, il faut aider les communautés les plus pauvres de la planète à répondre aux conséquences liées aux problèmes climatiques.

De leur côté, les pays du Nord doivent entrer pleinement dans la transition énergétique qui éliminera progressivement leur dépendance économique aux énergies fossiles, et mettre un terme à l’impact nuisible des industries extractives et minières.

Sur ce dernier enjeu, Développement et Paix partage une longue expérience d’analyses et d’actions avec ses partenaires, tant au Canada que dans les pays du Sud. La responsabilité sociale des entreprises extractives et la garantie que les droits des communautés locales soient pleinement respectés dans leurs activités est une question centrale dans le travail de justice sociale de l’organisme ainsi que pour la promotion de l’écojustice.

La CIDSE organise une après-midi de réflexion, le 9 décembre 2014, sur le thème De l’énergie pour quoi et pour qui ? — Pour un nouveau modèle énergétique populaire et souverain développé par les peuples. LABOR, un partenaire péruviens de Développement et Paix, présenta ses expériences sur l’impact des activités extractives sur le changement climatique et l’environnement. De plus, Développement et Paix a appuyé la participation de madame Karyn Keenan de l’organisme Halifax Initiative, qui animera un dialogue avec les participants quant aux problématiques vécues par les populations locales avec les activités d’entreprises extractives canadiennes et sur les politiques du gouvernement canadien sur ce sujet.

Le 5 décembre 2014, en marge des activités officielles de la COP20, la Commission épiscopale d’action sociale du Pérou (CEAS), un partenaire de Développement et Paix, de Caritas Internationalis et la CIDSE, organise une rencontre de haut niveau entre les représentants de l’Église et de différentes délégations gouvernementales présentes à Lima. L’objectif de cette rencontre est de faire connaître aux gouvernements les préoccupations et les propositions de l’Église catholique sur les questions de justice climatique face au réchauffement de la planète et son impact sur les populations pauvres et marginalisées ainsi que sur l’intégrité des biens de la création.

À Lima, dans le cadre de la COP20, l’Église, Développement et Paix et ses partenaires se mobiliseront pour que l’inaction prenne fin face au changement climatique, car ses impacts grandissants sur la vie de nos sœurs et de nos frères les plus vulnérables doivent être au cœur des discussions des décideurs politiques. Développement et Paix espère ainsi que l’option préférentielle pour les pauvres et le développement humain intégral seront au cœur des systèmes alternatifs développés.