Créer un espace pour les femmes handicapées en Indonésie

25 janvier 2017

En Indonésie, il subsiste encore plusieurs barrières qui empêchent les femmes d’entrer sur le marché du travail et on estime que seulement 50 % d’entre elles y participent.

Les défis sont encore plus grands pour les femmes handicapées. La discrimination et le manque d’accès les empêchent de recevoir une éducation ou d’entrer sur le marché du travail. Ces femmes vivent donc encore plus de pauvreté et d’exclusion.

« J’ai eu du mal à trouver un emploi. Avant, j’étais mariée, ce qui me procurait une sécurité financière, mais mon mari m’a laissée et je suis devenue mère monoparentale », explique Widyani. Cette dernière a des problèmes avec ses jambes depuis qu’elle a eu la polio enfant.

Indonesian Women’s Coalition for Justice and Democracy

« Dans cette communauté, j’apprends de nouveaux métiers, comme coudre ou faire de l’artisanat, et maintenant je peux gagner ma vie. » dit Widyani.

La coalition des femmes indonésiennes pour la justice et la démocratie (KPI) travaille à améliorer les conditions de vie de toutes les femmes de la société indonésienne, incluant celles avec des handicaps. KPI a été l’un des premiers mouvements de femmes à émerger après la fin de la dictature de Suharto en 1998. Aujourd’hui, KPI est perçu comme la plus grande organisation de la société civile à travailler pour l’égalité entre les femmes et les hommes en Indonésie.

Ce mouvement démocratique compte 38 000 membres dans le pays et est présent dans 900 villages et communautés. KPI organise des forums de femmes au niveau local afin qu’ensemble, elles puissent connaître leurs droits, discuter de leurs problèmes et agir collectivement pour demander des politiques publiques qui renforcent l’égalité entre les femmes et les hommes et encouragent les femmes à occuper des rôles de leadership.

Lors des discussions sur la nouvelle loi du gouvernement pour les personnes handicapées en 2015, KPI voulait s’assurer que les femmes aussi étaient consultées. Ils ont ainsi aidé les femmes handicapées à s’organiser autour d’enjeux spécifiques afin qu’elles soient en mesure de surmonter les obstacles auxquels elles doivent faire face, comme l’accès à l’éducation, à l’emploi, à un logement décent et au transport.

Un groupe s’est formé, dans le quartier Jati-Negara de Jakarta, et les femmes ont commencé à organiser des cercles d’artisanat afin de générer des revenus en vendant l’artisanat qu’elles produisaient.

« J’ai rejoint le groupe des femmes pour améliorer mes habiletés. Avec le groupe, j’ai appris à coudre, ce qui m’aide à gagner ma vie », ajoute Widyani.

Les autres femmes du groupe en tirent aussi des bénéfices. Sumiyati a eu un accident dans sa jeunesse qui a limité l’usage de ses jambes. Sa participation au groupe lui a permis de briser l’isolement social que connaît une femme handicapée. « Les activités du groupe ne se passent pas en un seul lieu, alors je me déplace dans d’autres communautés. Je ne reste plus à la maison à m’ennuyer », dit-elle.

Pour Anita, être membre du groupe, c’est surtout une question de solidarité entre les femmes. « Je remercie Dieu pour le groupe des femmes parce que je développe de l’expérience et des habiletés. Et il n’y a pas que moi d'handicapée dans le groupe. Il y en a d’autres et bien plus mal en point que moi, mais elles ont le courage de vivre leurs vies, alors comment pourrais-je abandonner? Je dois demeurer courageuse! »

Grâce à vos dons, les femmes comme Widyani et Sumiyati ont ont une vie meilleure et peuvent sortir de la pauvreté.