Cultiver l’avenir !

24 juillet 2013

Il pleut deux fois par année dans la région Somali, au mois de février et au mois de juillet. Après des pluies peu abondantes en plaine et des récoltes insuffisantes sur les plateaux à la fin de l’année passée, la situation reste encore très fragile. Les prévisions de faibles pluies cette année risquent de porter un nouveau coup aux familles touchées par la sécheresse d’il y a deux ans, certaines zones étant susceptibles d’être de nouveau confrontées à une nouvelle crise alimentaire.

« Dans cette région, il n’y a pas si longtemps, nous étions proches de la famine. Cette année, la pluie se fait attendre et la situation n’est pas rassurante. Vous savez, nous dépendons essentiellement de la pluie. Lorsqu’il pleut, notre vie est meilleure. C’est lorsqu’il ne pleut pas que les problèmes commencent », confie Usni, une jeune femme de 36 ans qui a été embauchée dans la pépinière mise en place par Développement et Paix en partenariat avec la Caritas diocésaine d’Harar (HCS).

Afin de prévenir une éventuelle crise alimentaire, une pépinière a été installée à Elbahe, un village situé à quelques kilomètres de la ville de Jijiga afin de faire pousser des plants de tomates, des oignons, des oranges, des mangues et de la papaye, mais aussi des arbres pour lutter contre l’érosion du sol et du fourrage pour le bétail. De plus, les semences utilisées sont résistantes à la sécheresse, c’est-à-dire qu’elles n’ont besoin que de très peu d’eau pour pousser. Les habitants des villages situés à proximité d’Elbahy vont ensuite repiquer les jeunes pousses de la pépinière sur leurs parcelles afin d’avoir une meilleure récolte d’ici la prochaine saison.

Dans cette région, la majeure partie de la population vit essentiellement de l’élevage ou des cultures pluviales. Des dizaines de villageois ont été embauchés dans la pépinière et ont suivi des formations pour améliorer leur production. « La formation que nous avons suivie nous a permis d’améliorer notre manière de semer les graines et d’avoir de meilleures récoltes. Mon travail ici me permet de nourrir mes enfants grâce aux récoltes. S’il reste du blé, je peux aller au marché de Jijiga pour le vendre. Je peux ensuite acheter avec l’argent reçu des vêtements et payer l’école de mes enfants », raconte Usni, avant d’ajouter « Je pense à l’avenir et je prie Dieu de me donner la force et l’énergie nécessaire pour nourrir mes enfants. Je prie pour qu’ils aient un bel avenir. Je ne veux pas qu’ils aient de problèmes, c’est pourquoi je les envoie à l’école ».