Décès de Gabrielle Lachance, directrice générale de Développement et Paix (1988-1996)

28 octobre 2014

La sociologue Gabrielle Lachance est décédée dans la nuit de vendredi à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (Hôpital Laval).

Madame Lachance fut la première femme - et la seule dans l'histoire de Développement et Paix - à avoir été directrice générale de cet organisme fondé par les évêques canadiens en 1967. Nommée à ce poste en 1988, madame Lachance a animé, durant près de dix ans, plusieurs dossiers qui ont fait de cet organisme de coopération internationale l'un des plus influents dans la société et dans l'Église du Canada.

Dès les premiers mois de sa nomination, Gabrielle Lachance a participé aux grandes campagnes que les membres de Développement et Paix consacraient à l'Afrique du Sud et au maintien des sanctions économiques contre ce pays afin que cesse l'apartheid. Elle connaissait bien ce pays pour avoir travaillé de 1964 à 1968 à la mise sur pied d'un programme de travail social dans l'ancienne province du Natal.

Trois mois après la libération de Nelson Mandela en février 1990, elle créait, aux côtés du chef historique du Congrès national africain (ANC) et de Joe Clark, secrétaire d'État aux Affaires extérieures, le Fonds Nelson Mandela, responsable d'appuyer financièrement des ressources éducatives en Afrique du Sud.


Gabrielle Lachance (au centre), lors de la création du Fond Nelson Mandela pour l’éducation en Afrique du Sud

En 1992, à l'occasion du 25e anniversaire de Développement et Paix, Gabrielle Lachance estimait que l'organisme se trouvait à un tournant de son histoire.

« La chute du socialisme d'État, l'exacerbation du néo-libéralisme, la mondialisation de l'économie et sa domination sur les pouvoirs politiques, l'acuité et l'ampleur de la pauvreté de même que la détérioration accélérée de l'environnement sont autant de situations qui nous pressent de toutes parts. »

Selon elle, Développement et Paix pouvait répondre à ces enjeux à la condition de créer de nouveaux modèles et d'inventer de nouvelles stratégies d'action. « Les causes des distorsions dans le processus de développement sont structurelles », affirmait-elle alors. « Elles doivent donc être combattues là où les décisions affectant le développement des peuples du tiers monde se prennent. Or ces instances sont les grandes institutions internationales et les gouvernements nationaux. » Depuis, les campagnes d'éducation de Développement et Paix ont  toujours cherché à lier des situations d'injustice vécues au Sud aux décisions du gouvernement canadien ou des grandes institutions internationales auxquelles collabore le Canada.

En 1996, au terme de son mandat à la direction générale de Développement et Paix, Gabrielle Lachance était devenue membre en règle de l'organisme. Elle a depuis participé fidèlement à ses deux campagnes annuelles d'éducation et de collecte de fonds.

Vendredi, le jour de son décès, Gabrielle Lachance assistait à une rencontre de membres de Développement et Paix à Québec.

Gabrielle Lachance était une Oblate missionnaire de Marie Immaculée, un institut séculier qu'elle dirigea de 1968 à 1974. De 1980 à 1987, elle fut directrice de projets à l'Institut québécois de recherche sur la culture. Elle a été présidente de la Société catholique de la Bible (SOCABI) de 1999 à 2004.

Dans les mots des membres de Développement et Paix dans la région de Québec : « Gabrielle Lachance a été pour nous, au diocèse de Québec, notre grande sœur, notre conseillère et notre amie.  Développement et Paix l’habitait profondément.  Sous les apparences d’une grande douceur se trouvait une âme bien trempée, pour qui les impératifs de justice et de paix surpassent toute autre considération. »

Cette grande dame restera dans nos cœurs pour toujours.