Des communautés déplacées par Boko Haram reçoivent le soutien de Développement et Paix

13 novembre 2017

Les violentes incursions du groupe Boko Haram ont affecté des milliers de personnes. Même si ce groupe provient du nord-est du Nigéria, ses actions ont franchi les frontières des pays voisins notamment le Tchad, le Niger et le Cameroun. Les communautés visées traversent continuellement les frontières ou se déplacent vers d’autres régions à l’intérieur de leurs pays pour fuir la violence et l’insécurité, entraînant ainsi des déplacements massifs de population dans ces pays.

Boko Haram terrorise les communautés en brûlant leurs récoltes et en pillant leurs biens les plus précieux, leur bétail et leurs outils agricoles. Cette instabilité, de même que les déplacements constants des populations, les empêchent de cultiver la terre pour assurer leur survie. Cela entraîne de graves pénuries de nourriture, dans une région déjà fort affectée par le changement climatique, et ajoute à la souffrance de celles et ceux qui ont vu des membres de leurs familles tués ou enlevés et vivent dans la peur perpétuelle de nouvelles attaques.

 

De l’aide aux victimes du Cameroun

Avec le soutien d’Affaires mondiales Canada, Développement et Paix apporte de l’aide aux communautés déplacées à l’intérieur du pays, aux communautés réfugiées ainsi qu’aux populations hôtes dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Travaillant en collaboration avec Catholic Relief Services (CRS) et une organisation locale, CODASC-Yagoua, Développement et Paix soutien près de 11 500 personnes pour qu’elles puissent surmonter dans la dignité les difficiles conditions de vie qu’elles connaissent.

Quelques chiffres

1,5 million de personnes
en insécurité alimentaire dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun ;

80% de la population
ne peut se procurer les biens de première nécessité ;

1 personne sur trois
n’a pas accès à l’eau potable.

Sources: Évaluation des besoins par CRS, OCHA
(bureau de coordination des affaires humanitaires)

Les familles les plus vulnérables recevront des transferts monétaires pour leur permettre de répondre aux besoins les plus criants, et des programmes d’argent contre travail leur permettront d’avoir un revenu de travail.

Les besoins en hygiène et en eau potable sont particulièrement sérieux, c’est pourquoi le projet construira 350 latrines ainsi que des stations de lavage des mains et 250 installations pour le bain. Ces infrastructures seront construites en consultation avec les communautés, particulièrement avec les femmes et les filles, pour identifier les meilleures localisations.

Affaires mondiales Canada fournit la somme de 750 000 $ pour ces activités d’urgence.

 

Répondre aux besoins au Niger

Le Niger, un des pays les plus pauvres du monde, est situé dans une région propice aux sécheresses. En 2012, le pays a connu une grave crise alimentaire dont il ne s’est pas encore remis et les déplacements causés par Boko Haram ont entraîné une pression énorme sur les rares ressources disponibles.

Développement et Paix travaille avec son partenaire CADEV (Caritas Niger) pour aider les personnes déplacées à l’intérieur du pays, les personnes réfugiées ainsi que les communautés hôtes, à surmonter la pauvreté exacerbée à laquelle elles sont confrontées. Plus de 18 000 personnes recevront de l’aidegrâce au programme mis en place. Les familles vulnérables recevront des transferts monétaires pour acheter de la nourriture et des biens de première nécessité sur le marché local, ce qui permettra de soutenir l’économie locale et les femmes auront accès à du financement pour leurs activités génératrices de revenus.

Quelques chiffres

247 000 personnes
se sont réfugiées dans la région de Diffa au Niger ;

340 000 personnes
ont besoin d’assistance à Diffa ;

Le Niger se classe au 187ème rang sur 188
pays selon l’indice de développement humain.

Sources: UNOCHA, PNUD

Des milliers de personnes fuyant la violence des incursions de Boko Haram vivent dans des camps de fortune au Niger et au Cameroun.

Le bien-être des enfants est une grande préoccupation, c’est pourquoi le projet appuiera deux centres récréatifs qui permettront aux enfants de participer à des activités et de socialiser.

À Diffa, les changements climatiques ont déjà un grave impact environnemental, exacerbé par cet afflux massif de personnes. C’est pourquoi les jeunes adultes âgés de 19 à 35 ans sont encouragés à participer à des activités de nettoyage des zones où ils habitent, comme par exemple ramasser les sacs de plastique. De plus, les femmes reçoivent des poêles à combustion lente pour diminuer les émissions de carbone.

La participation communautaire est très importante pour la mise en place du projet et tous les membres de la communauté, incluant les leaders locaux et les représentants élus, sont consultés à toutes les étapes du projet, même pour l’identification des personnes les plus vulnérables.

Le ministère québécois des Relations internationales et de la Francophonie a versé 50 000 $ à ce projet.