Des semences résistantes à la sécheresse

23 juillet 2013

Actuellement, dans l’est de l’Éthiopie, on ne parle que de « l’or bleu » qui se fait de plus en plus rare. La population éthiopienne, tout comme celle du reste de la Corne de l’Afrique, vit au rythme de la pluie. Lorsque celle-ci est abondante, elle entraine de bonnes récoltes et efface pour un moment la menace de la sécheresse et donc de la faim.

« Ces deux dernières années, il a un peu plu, mais pas suffisamment pour que nous puissions retrouver une vie normale. Nous attendons de voir si la pluie sera abondante cette année », nous raconte Shaffah, un agriculteur du district de Tuluguled, situé dans la région Somali, à l’est de l’Éthiopie. Composée majoritairement d’agriculteurs et d’éleveurs, la population de Tuluguled souffre des conditions climatiques très aléatoires qui entrainent depuis deux ans maintenant la perte de leurs récoltes et de leur bétail.

Shaffah, les cheveux teints en orange comme le veut la tradition locale, en a beaucoup à dire sur la sécheresse qui frappe sa région et nous raconte les problèmes auxquels font face les membres de sa collectivité depuis plusieurs années. « La sécheresse nous affecte à trois niveaux : notre population, notre bétail et notre production. Il ne pleut pas ! Les graines que nous semons ne poussent pas et il n’y a pas assez de pâturage pour notre bétail. À vrai dire, lorsqu’il ne pleut pas nous n’avons rien à manger. De nombreuses familles ont quitté le village pour s’installer en ville dans l’espoir de trouver du travail. » Aujourd’hui encore, deux ans après la sécheresse, des milliers de familles se battent chaque jour pour se nourrir et diversifier leurs moyens de subsistance.

Assis sur un sac de 50 kilos de semences de blé résistantes à la sécheresse qui lui a été remis ce matin par la Caritas diocésaine d'Harar (HCS), un partenaire de Développement et Paix, Shaffah nous confie que les semences et les outils qu’il a reçus vont grandement l’aider pour labourer son champ cette année. « C’est la première fois que nous recevons autant de sacs de semences dans notre village et c’est une très bonne chose. Nous avons tout ce qu’il nous faut, sauf la pluie », dit-il en souriant. Développement et Paix et HCS travaillent ensemble afin de développer des systèmes alternatifs agricoles visant à accroitre la production des agriculteurs et leur permettre de se protéger en cas de futures sécheresses.

Les 400 agriculteurs du village qui ont reçu leur sac de semences ont très hâte de voir les effets car selon Shaffah, après deux ans de sécheresse, c’est une épreuve qui devient de plus en plus difficile à supporter. « Je n’ai jamais connu une telle sécheresse en 60 ans ! J’ai perdu mes deux dernières récoltes. Cette distribution est importante pour nous et je pense pouvoir dire sans me tromper que notre espoir pour la prochaine récolte réside dans ces grains de blé ! », conclut Shaffah.

Shaffah, 64 ans est un agriculteur ayant vécu toute sa vie à Tuluguled, un district situé dans la région Somali. Assis sur un sac de 50 kilos de semences de blé résistantes à la sécheresse, il déclare que « les semences et outils que nous avons reçus vont grandement nous aider pour labourer nos champs cette année. C’est la première fois que cela arrive dans notre village et c’est une très bonne chose ».