Développement et Paix appuie les initiatives de reconstruction de Caritas Haïti

6 janvier 2011

Fritz Ner-Sérénien se rappelle comment son épouse et sa fille ont failli mourir ce jour fatidique de janvier, alors que le tremblement de terre a frappé.

« Mon épouse était en train de coiffer notre fille sur la véranda quand j’ai entendu un grand bruit. J’ai crié à mon épouse de sortir. Elles se sont précipitées dehors au moment même où un pieu s’écroulait et où la véranda s’est effondrée », se souvient-il.  

Fritz habite dans la communauté de Duval, dans les collines montantes qui surplombent Port-au-Prince. Bien que Duval soit située à seulement quelques kilomètres de distance de la capitale, on met des heures le long d’une route étroite et sinueuse pour y arriver.  

Comme Port-au-Prince, Duval a été gravement touché par le séisme, et près de 80 pour cent des maisons ont été endommagées ou détruites. Heureusement, cette enclave montagneuse a reçu des secours d’urgence de Caritas Port-au-Prince, le bureau diocésain de Caritas Haïti, au lendemain du séisme.  

initiatives de reconstruction de Caritas HaïtiCaritas Haïti est un important partenaire de Développement et Paix depuis le début de la situation d’urgence en Haïti. Avec neuf bureaux diocésains dans tout le pays, elle disposait d’un réseau communautaire solide et bien en place, ce qui a facilité la distribution d’articles de première nécessité. Avec l’appui de Développement et Paix et d’autres membres de Caritas, l’organisme a distribué de l’eau, des couvertures, des tentes, de la nourriture et des trousses d’hygiène, fourni de l’eau potable dans les camps et organisé des cliniques mobiles.  

Toutefois, devant l’ampleur des dommages généralisée à Port-au-Prince et dans les environs, Caritas Haïti s’est rapidement rendue compte qu’elle devait être présente à long terme pour aider les communautés à se relever. Développement et Paix s’est engagé à lui prêter main-forte.

Le logement : un défi de taille  

Jusqu’ici, le logement a été un des défis les plus ardus de la reconstruction d’Haïti, malgré la nécessité pressante.  

La lenteur des progrès et certaines questions non résolues ont amené Développement et Paix et Caritas à organiser la première conférence sur la reconstruction des maisons au pays.   

La conférence de trois jours a réuni divers acteurs engagés dans les questions de logement, des responsables gouvernementaux aux représentants des organisations membres de Caritas, ce qui a permis des échanges d’information et l’amorce d’un dialogue ouvert sur les meilleurs moyens de procéder, en soulignant la nécessité de construire des maisons permanentes pour les victimes plutôt que des abris provisoires.    

La reconstruction : un engagement à long terme  

Or le logement n’est qu’une facette parmi d’autres de la réalité complexe à laquelle font face des communautés comme celle de Duval. La plupart des gens ont épuisé leurs épargnes et les communautés restent extrêmement vulnérables à de nouvelles catastrophes – des questions abordées par Caritas Port-au-Prince dans ses plans de reconstruction.  

Développement et Paix soutient Caritas Port-au-Prince afin d’aider les communautés comme Duval, non seulement à relancer leurs activités économiques et à améliorer leur sécurité alimentaire, mais à les renforcer à long terme.

Duval et sept communautés des environs participeront à un projet soutenu par Développement et Paix, qui s’échelonnera sur trois ans et coûtera 3,5 millions de dollars.  

Le projet intégrera plusieurs composantes, comme des banques d’outils et de semences, un programme de microcrédit qui s’adresse aux femmes et même une chaîne animale innovatrice, où un membre de la communauté reçoit une chèvre ou une poule et doit donner à son tour son premier chevreau ou poussin de sorte que la chaîne puisse s’étendre à d’autres membres de la communauté.  

Même le simple don de semences est un symbole d’espoir pour ces victimes. « Les mauvaises semences sont un problème crucial. Parfois, les poivrons et les tomates ne poussent pas bien à cause de mauvaise qualité des semences. C’est comme si la terre n’aimait pas ces cultures », dit Tomas Petit-Frère, le représentant local de Caritas qui habite à Duval et qui aidera à coordonner le projet. « Nous prions pour que vous puissiez nous apporter de bonnes semences », dit-il. Dans ses yeux, on peut lire son inquiétude devant le peu qu’il leur reste.