Développement et Paix est préoccupé par les récentes allégations d’actes d’espionnage et d’infiltration dont sont victimes des groupes de défense des droits humains au Brésil

10 juin 2013

Développement et Paix s’inquiète de la situation dans laquelle se retrouvent des défenseurs des droits de la personne au Brésil, victimes d’agissements peu transparents de la part de la compagnie minière VALE, le plus important producteur mondial de minerai de fer et la deuxième plus grande entreprise d’exploitation minière au monde.

En mars 2013, des allégations extrêmement graves d’espionnage et d’infiltration de mouvements sociaux ont été formulées à l’encontre d’agents des services secrets de l’entreprise VALE ayant agi en collaboration avec l’Agence brésilienne de renseignements (ABIN). Les mouvements sociaux et organisations communautaires victimes de ces intimidations sont des partenaires ou des alliés de Développement et Paix au Brésil. Elles sont toutes très dynamiques et accomplissent un travail organisé pour amener VALE à respecter les droits humains et à assumer sa responsabilité sociale à l’égard des communautés affectées.

Les activités minières de VALE, ont des impacts négatifs sur les populations locales. Celles-ci ont été divisées, déplacées de force, leurs maisons ont été endommagées, l’environnement pollué et la population souffre aujourd’hui de graves problèmes de santé.  De plus, lorsque VALE a été privatisée en 1997, l’importance de ses réserves avait été sous-estimée de 74 % et son prix de vente final était 28 fois inférieur à sa valeur réelle, entraînant des pertes de l’ordre de plusieurs milliards de dollars pour l’État brésilien.

En réaction à cette situation, de nombreux mouvements sociaux, organisations non gouvernementales et associations communautaires en milieu urbain et rural s’organisent et exigent le respect de leurs droits, la protection de leurs communautés et une compensation pour les préjudices et pertes subis. Bon nombre d’entre elles demandent à Vale de réinstaller les collectivités affectées dans des lieux non pollués, où elles pourront à nouveau respirer de l’air pur, avoir accès à de l’eau potable et cultiver des aliments sains. Toutefois, la compagnie minière refuse d’offrir une compensation aux communautés affectées par ses activités et ce, malgré les profits considérables qu’elle engrange.

Plus d’un mois après les accusations d’espionnage à l’encontre de la compagnie minière VALE, le gouvernement brésilien n’a encore rien fait pour éclaircir la situation. Développement et Paix croit qu’il est urgent d’ouvrir une enquête sur tout abus commis par des employés de VALE, des fonctionnaires et des agences publiques, et de mettre un terme à l’intimidation et au harcèlement dont sont victimes les défenseurs des droits humains, qui risquent leur vie pour accomplir leur travail en faveur de la justice sociale.

Développement et Paix ainsi que d’autres organisations de la société civile ont adessé une lettre à la Présidente du Brésil, Mme Dilma Roussef, dans laquelle est demandée la tenue d’une enquête approfondie et transparente au sujet des présumées activités d’espionnage menées par cette compagnie minière.