Développement et Paix se joint à un nouveau réseau d’Églises pour protéger l’Amazonie

En mars dernier, le Vatican a mis sur pied le Réseau ecclésiastique panamazonien (REPAM). Cette association a été créée lors d’une rencontre où participaient des évêques représentant divers territoires amazoniens, des prêtres et des missionnaires de congrégations amazoniennes, des représentants nationaux de Caritas et des laïcs travaillant pour divers organismes ecclésiastiques s’intéressant aux menaces qui guettent les populations et territoires amazoniens.

Le REPAM organise, cette semaine, une rencontre au siège social de la Conférence épiscopale de Colombie, à Bogota, afin d’étudier les impacts possibles de mégaprojets sur l’environnement et la vie des peuples amazoniens. Présent dans de nombreux pays traversés par l’Amazone, comme le Brésil, la Colombie, la Bolivie, l’Équateur et le Paraguay, Développement et Paix prend part à la rencontre afin d’examiner la manière dont il pourra contribuer à l’action de cet important réseau.

Anne Catherine Kennedy, chargée de programme pour Développement et Paix en Amérique latine, participe, à ce titre, à la rencontre et affirme qu’un message d’espoir se dégage de cette rencontre : « L’Église ouvre grand l’oreille aux cris des populations défavorisées, marginalisées et vulnérables de l’Amazonie et ressent le besoin d’agir de manière concertée et collective afin d’être plus forts, ensemble. »

L’approche du REPAM est d’écouter ce qu’ont à dire les personnes les plus touchées et de soutenir les efforts de défense des savoirs ancestraux, des territoires et l’implication des communautés amazoniennes quant aux décisions concernant leur vie et leur avenir.

Le REPAM regroupe plusieurs partenaires de Développement et Paix qui collaborent étroitement avec les communautés autochtones avec l’objectif que leurs voix soient entendues et leurs droits respectés.

Par exemple, Développement et Paix soutient Iglesia y Mineria, dont la mission est de contrer les effets néfastes de l’industrie minière sur l’environnement et les populations d’Amérique latine. L’organisme a publié, l’été dernier, dans le cadre d’une conférence organisée au Vatican sur les impacts de l’exploitation minière dans le monde, une déclaration exprimant son inquiétude au sujet d’une tactique employée par certaines entreprises minières, soit d’approcher l’Église afin d’obtenir son appui. Selon Iglesia y Mineria, ceci va à l’encontre du droit à la dignité humaine des peuples les plus affectés. Son communiqué rappelle la nécessité de créer des zones où l’exploitation minière serait interdite.

Lors de la rencontre du REPAM à Bogota, un des cas à l’étude traite de la construction d’un gigantesque barrage hydroélectrique qui deviendrait après sa construction le troisième en importance au Brésil. Celui-ci menace les terres des Mundukuru, dans la province de Para, où Développement et Paix travaille en solidarité avec plusieurs partenaires.

Dans son encyclique Laudato Si’, le Pape François accorde une attention particulière à l’importance de l’Amazonie. Il parle de cette région comme étant « l’un des poumons de la planète » et demande que l’on prenne des mesures urgentes pour la protéger.

« Notre implication avec le REPAM et avec nos partenaires dans la région cherche justement à répondre à cet appel du Pape François » déclare Anne Catherine Kennedy. « Il faut protéger cet environnement inestimable de notre planète et pour ce faire, nous devons puiser dans la richesse des connaissances des peuples qui l’occupent en harmonie depuis des générations. »