Droits humains

Séisme en Haïti – Regard sur 5 ans d’action

Les actions de protection des droits humains ont toujours été au cœur des préoccupations de Développement et Paix. Dans le contexte postséisme, où des milliers de personnes se sont retrouvées à la rue, l’importance de la défense des droits humains s’est encore plus fait sentir.

« Après le séisme, on a assisté à des violations systématiques du droit à la dignité humaine. On a considéré les Haïtiens comme des victimes, comme des personnes sinistrées, mais on oubliait totalement que ce sont avant tout des êtres humains qui ont une dignité qui mérite d’être respectée », témoigne Alizar Vilès, responsable de programmes au Réseau national de défense des droits humains (RNDDH).

Développement et Paix soutient de nombreuses organisations de défense des droits humains qui travaillent à la prévention et la prise en charge des victimes de violence, à former des professionnels de l’accompagnement des victimes, à défendre les droits des sans-abris qui se font évincer, à la vigilance des choix arbitraires dans le processus de reconstruction et au plaidoyer pour la réforme de la justice et des pratiques de l’État.

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), soutenu par Développement et Paix, a effectué de la surveillance d’agences d’aide humanitaire à la suite du séisme. Son travail a permis de rapporter et de documenter les cas de violation des droits humains et d’intervenir pour rétablir le respect des droits des victimes.

Alizar Vilès, responsable de programmes, explique son travail au RNDDH : « Dans les interventions des agences humanitaires, la distribution d’articles s’est souvent passée dans de mauvaises conditions. Par exemple, les gens devaient faire la queue pendant des heures pour recevoir ce que l’agence humanitaire distribuait. Il y a d’autres situations où les agences  imposent, sans chercher à savoir le besoin exact des gens. Elles ont quelque chose à donner, elles le donnent. »

Une victoire a été obtenue en mai 2014, lorsque la Loi sur la paternité responsable a été publiée dans le journal officiel du gouvernement haïtien, après une longue campagne menée entre autres par le RNDDH. Cette loi garantit l’égalité des droits aux enfants légitimes et illégitimes et oblige les pères à reconnaître les enfants conçus hors mariage, par exemple nés de l’adultère ou de l’inceste.

« Ces deux catégories d’enfants étaient les plus marginalisés dans la société, car ils ne pouvaient prétendre à l’affiliation de leur père. Maintenant, tous les enfants ont les mêmes droits, et les femmes peuvent exiger qu’un père reconnaisse son enfant », affirme Rosy Auguste, assistante responsable de programmes au RNDDH.