Éliminer le piège de la dette

16 octobre 2020
Montréal
By: 
Elana Wright, Chargée du programme de plaidoyer et de recherche

Un peu avant la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté (le 17 octobre), plus de 140 grands leaders chrétiens du monde ont signé une lettre (disponible en anglais seulement) demandant au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale d’annuler la dette des pays en développement aux prises avec la pandémie de coronavirus.

Signée par des leaders religieux, dont plusieurs du Canada, la lettre a été acheminée juste avant les rencontres annuelles de la Banque mondiale et du FMI, prévues à la mi-octobre 2020. L’allègement de la dette est à l’ordre du jour de ces rencontres, comme élément de la relance économique mondiale post-pandémique.

Le 14 octobre 2020, le groupe du G20 a prolongé de six mois le moratoire sur le remboursement de la dette des pays en développement les plus pauvres (jusqu'en juin 2021), avec la possibilité d'une nouvelle prolongation de six mois qui sera réexaminée au printemps prochain. Bien qu'insuffisante, cette mesure montre que l'allégement de la dette devient une idée courante.

La pandémie de coronavirus est la pire crise sanitaire que le monde ait connue depuis un siècle. Et de nombreux pays se voient contraints de choisir entre dépenser leur argent pour sauver des vies ou continuer à rembourser leur dette.

Dans cette lettre, les leaders religieux encouragent les institutions financières internationales à faire preuve d’un « leadership courageux »; ils soutiennent que l’annulation de la dette « constitue le moyen le plus direct pour débloquer le financement qui permettra d’éviter que des millions de nos sœurs et frères soient poussés inutilement vers la pauvreté, à cause de la pandémie ».

Le pape François a démontré son leadership sur cette question en demandant que les dettes soient annulées, « en reconnaissance des profonds impacts des crises médicales, sociales et économiques »  auxquels font face les pays vulnérables, à cause du coronavirus. Il a encore insisté sur l’importance de cette question dans sa plus récente encyclique, Fratelli Tutti, où il déclare que nous devons tous travailler ensemble pour bâtir un monde post-pandémique meilleur.

Le premier ministre Justin Trudeau a promis récemment d’augmenter le financement de l’aide au développement et de l’aide humanitaire pour les pays du Sud qui doivent lutter à la fois contre les impacts de la pauvreté, des changements climatiques et de la pandémie de COVID-19. Il a aussi annoncé que le Canada continuerait de plaider pour l’annulation de la dette des pays en développement confrontés à de grandes difficultés économiques à cause de la pandémie, entre autres lors des rencontres annuelles de la Banque mondiale et du FMI.

Développement et Paix — Caritas Canada, de concert avec de nombreuses Églises canadiennes, a longtemps demandé l’annulation de la dette afin de permettre aux pays de fournir des services de santé et d’éducation à leurs citoyens, plutôt que de devoir utiliser une grande part de leurs revenus à rembourser leur dette et les intérêts de cette dette.

* Image: Le Christ nettoyant le Temple (1655) par le peintre italien, Bernardino Mei (de Wikimedia Commons).