En Syrie, les dons et l’amour apportent du réconfort dans le chaos

5 décembre 2013

Les travailleurs sociaux vont voir les enfants et les aident; parmi les deux millions de réfugiés syriens, les enfants sont les plus vulnérables.

Lorsqu’ils ont fui la guerre civile en Syrie, Gharam et son frère Nafeh n’avaient plus que leurs vêtements sur le dos, et ils étaient remplis de la douleur poignante d’avoir vu mourir leur mère et trois de leurs frères et sœurs et d’avoir assisté à l’effondrement de leur maison.

Après une attaque à la roquette survenue en juin dans leur village, Hassakeh, situé au nord-est de la Syrie, les deux enfants accompagnés de leur père ont marché trois jours et passé une autre journée dans un autobus pour se rendre au campement improvisé de Qab Elias, dans la vallée de la Bekaa au Liban. Par la suite, leur père les a confiés à son cousin Abboud pour pouvoir retourner travailler en Syrie.

Gharam, 11 ans, et Nafeh, 10 ans, font partie des nombreux Syriens qui vivent désormais dans des pays voisins de la Syrie. Leur nombre dépasse deux millions, et la moitié d’entre eux sont des enfants. La majorité s’entassent dans des camps et ont perdu leurs moyens d’existence. Il s’agit, à l’heure actuelle, de la plus importante crise humanitaire au monde.

« Cette situation est dramatique et ne fait que s’aggraver », déclare Guy Des Aulniers, chargé de programmes pour les secours d’urgence à Développement et Paix, l’une des principales agences de développement international et d’aide humanitaire au Canada. Développement et Paix vient en aide aux victimes les plus vulnérables du conflit syrien, notamment les personnes réfugiées qui se sont installées en dehors des camps établis au Liban, en Jordanie et en Turquie, ainsi que les personnes déplacées en Syrie.

Grâce aux dons des Canadiennes et des Canadiens et à l’appui du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, Développement et Paix fournit des soins médicaux, de l’éducation et du counselling à ces personnes réfugiées, ainsi que des vêtements, des couvertures, des trousses d’hygiène et un logement.

Selon Guy Des Aulniers, les personnes réfugiées s’entassent dans les différents quartiers, généralement dans des maisons de quatre pièces qui peuvent accueillir jusqu’à quatre familles, soit un nombre total de 25 à 30 personnes. Dans ces conditions épouvantables, des maladies qui avaient été éradiquées, telles que la poliomyélite, refont surface. De plus, les enfants sont contraints d’accepter n’importe quel petit boulot pour pouvoir ramener un peu plus d’argent à la maison.

Les besoins des personnes réfugiées sont immenses, qu’elles vivent à l’intérieur ou à l’extérieur des camps, rapporte Guy Des Aulniers. Ainsi, cela cause des tensions entre les personnes réfugiées et les communautés qui les accueillent. Afin d’atténuer ces tensions, Caritas Liban et Caritas Jordanie, deux organisations appuyées par Développement et Paix, offrent aussi des services à la population locale, en particulier aux personnes vulnérables et dans le besoin.

Père Simon Faddoul, président de Caritas Liban, avec des réfugiés syriens.Le père Simon Faddoul, président de Caritas Liban, explique que le rôle de l’organisation est de soutenir les personnes réfugiées à tous les niveaux. « Les gens n’ont pas seulement besoin d’une aide matérielle, ils ont aussi besoin de réconfort. Nos travailleurs sociaux les écoutent parler de leurs souffrances, et cela les aide à reprendre espoir. »

Caritas Liban offre une aide psychologique aux enfants traumatisés par la guerre, explique Guy Des Aulniers. Gharam, par exemple, se rappelle que sa famille menait « une vie très agréable » avant le début du conflit en Syrie. « J’allais à l’école. J’avais des amis. J’étais heureuse », confie-t-elle. Ce qui lui a fait le plus peur, c’était les bombardements. De ses propres yeux, elle a vu son école être détruite et les maisons de ses amis être réduites en miettes.

Gharam s’occupe maintenant de Nafeh, ce qui n’est pas facile. « Nous pleurons toute la journée. Mon frère n’arrive pas à dormir la nuit, car des images de ce qui s’est passé viennent constamment le hanter. J’essaie de le consoler. Je lui dis de ne pas avoir peur. Je lui dis que je vais prendre soin de lui. »

Sachant que les femmes et les enfants seuls sont particulièrement vulnérables, les travailleurs sociaux de Caritas Liban vont vers eux et cherchent des endroits où ils pourront s’installer. De plus, remarque Guy Des Aulniers, avec l’hiver qui approche, ils auront besoin de biens essentiels comme des couvertures et de l’argent afin d’acheter du gaz naturel pour chauffer leur maison.

En ce temps des Fêtes, nous pensons avec émotion à tous les enfants qui, comme Gharam et Nafeh, sont dans le besoin. À la question de savoir ce qu’elle choisirait si elle pouvait avoir quelque chose tout de suite, Gharam a répondu qu’elle aimerait avoir de nouveaux vêtements et un téléphone pour avoir des nouvelles de son père. Elle aimerait aussi pouvoir mener à nouveau la vie qu’elle menait avant la guerre. Nafeh aimerait avoir une petite voiture pour jouer, un oiseau de compagnie et « vivre en paix ».