Guérir les traumatismes : un important pas en avant

6 janvier 2011

La solidarité pour les communautés religieuses d’Haïti veut dire la solidarité pour tous les Haïtiens

Les communautés religieuses d’Haïti jouent un rôle important dans le pays, notamment au chapitre des besoins en éducation et en soins de santé des citoyens. Dès le lendemain du séisme du 12 janvier, alors que les congrégations religieuses faisaient face à leurs propres pertes et difficultés, elles étaient prêtes à reprendre leur travail afin de secourir les personnes dans le besoin. Développement et Paix a tenu à être solidaire de leurs efforts.  

Dans le cadre de son programme de reconstruction pour Haïti, Développement et Paix a acheminé près de 500 000 $ aux diverses congrégations religieuses de Port-au-Prince pour les aider à se remettre au travail et à continuer à offrir des services aux plus démunis.

Guérir les traumatismes : un important pas en avant

La solidarité pour les communautés religieuses d’Haïti veut direNon seulement le tremblement de terre du 12 janvier en Haïti a-t-il secoué les fondations physiques du pays, mais il a également bouleversé l’âme de son peuple, laissant de nombreuses personnes traumatisées, anxieuses et peu enclines à rester à l’intérieur d’un immeuble.

Or comment traiter une blessure qui n’est pas apparente, mais qui a le potentiel de paralyser tout un peuple? Bon nombre des services sociaux d’Haïti, comme l’éducation et les soins de santé, sont assurés par les congrégations religieuses; il n’est donc pas étonnant que la Conférence haïtienne des religieux se soit rapidement mobilisée afin de déterminer comment répondre aux traumatismes subis par la population. 

Elle a mis au point un programme unique en son genre visant à fournir soutien psychologique et psychosocial aux victimes, en particulier les jeunes. Le programme est dirigé par le père Michel Eugène et la religieuse Marie-Pierre Saint-Amour de la congrégation de Sainte-Croix. Ils ont tous les deux fait des études universitaires en psychologie et ont été à même de constater que les esprits et les cœurs aussi nécessitaient des soins. 

« Après le tremblement de terre, des centaines de personnes sont venues s’installer sur notre propriété », précise sœur Saint-Amour. « J’ai noté que les enfants étaient très isolés et très effrayés. Ils faisaient des cauchemars et décrivaient le diable dans leurs rêves. » 

Elle a décidé de réunir les enfants et de les faire dessiner et danser pour les aider à soulager leur anxiété. Voir le sourire revenir sur les visages des enfants a incité sœur Marie-Pierre et le père Michel à monter un programme plus systématique.

Ils ont fait appel à l’expertise de sœur Mathildé, qui a une formation en art-thérapie, pour concevoir des activités de relaxation, entre autres, visant à aider les jeunes à se défaire de leur stress et à composer avec ce qu’ils ont vécu.

« Nous ne pouvons pas guérir leurs blessures, mais nous pouvons les aider à vivre avec leur expérience, à alléger le fardeau qui pèse sur leurs épaules », d’expliquer sœur Mathildé.

Pour Emmanuelle Saint-Cheny, 16 ans, son expérience du séisme passe par la perte de son grand-père dans la catastrophe. « J’étais très attachée à mon grand-père. Je n’ai pas de père, et il a été un père pour moi. Quand il est mort, j’ai perdu le désir de vivre », dit- elle. « Grâce à ce programme, j’ai pu réaliser que j’ai des raisons de vivre. Je n’ai pas oublié mon père, mais j’ai fait la paix avec sa mort. J’ai compris que Dieu donne la vie et qu’Il la reprend. »

Le soulagement d’Emmanuelle est partagé par quelque 16 000 enfants de la collectivité. Des étudiants universitaires en travail social et en éducation reçoivent la formation nécessaire pour travailler auprès des jeunes dans les écoles. Et même cette formation comporte ses avantages. Il suffit de le demander à Magalie Charles, une étudiante en pédagogie à l’Universté Quisqueya.

« Il n’y pas si longtemps, je n’aurais jamais été capable de rester aussi longtemps sous un toit. »  

Regardez le témoignage d’une jeune participante dans le programme :