La COP22: La COP de l’action et de l’agriculture, vraiment?

21 novembre 2016
COP22

Présentée comme étant la « COP de l’action », la COP22 vient de s'achever et nous sommes en droit de nous demander si les décisions finales seront dignes de ce mantra.

Les espoirs étaient élevés suite à la ratification de l’accord de Paris par 110 pays, sa mise en œuvre rapide et son ambition de limiter l’augmentation de la température mondiale en deçà de deux degrés Celsius. Malgré l’urgence d’agir face aux impacts des changements climatiques, aucune véritable décision politiques courageuses et appropriées n’a été prise lors de cette conférence.

Les objectifs de Développement et Paix à la COP22 était de suivre les négociations sur l’agriculture et la sécurité alimentaire de même que l’engagement du Canada dans les finances climatiques, particulièrement en ce qui concerne l’appui aux projets d’adaptation des pays du Sud.

Après une semaine de négociations sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, les États ont été incapables de s’accorder sur le travail à faire dans ce domaine.

« Il est inadmissible que les États s’enfonce dans un statut quo des discussions, surtout lorsqu’on connait l’urgence d’agir dans le domaine. Selon le dernier rapport de la FAO, 795 millions soit 1 personne sur 9, souffre de la faim et de malnutrition. Tant que la transition de nos modèles de production agricole et de consommation ne sera pas abordée, la lutte contre les dérèglements climatiques ne sera pas traitée dans sa totalité », affirme Vivian Bellonwu, directrice du programme Énergie et changement climatiques du Social Action Center au Nigéria.

Malgré tout, l’agriculture est demeurée présente lors de la deuxième semaine de la COP, alors que plus de 40 conférences se sont tenues en parallèle sur ce thème. Un grand nombre d’États et d’acteurs du secteur privé y ont participé. Il est réjouissant de constater que les alternatives se multiplient rapidement sur le terrain, grâce à l’ingéniosité des paysannes et paysans.

Si l’ingéniosité et la capacité d’adaptation des paysannes et paysans n’est plus à démontrer, le manque d’appui financier et l’absence de politiques publiques fortes met en péril le foisonnement de ces initiatives. Les paysans ont besoin d’appui financier et de politiques publiques claires qui soutiennent le développement d’une agriculture paysanne adaptée face aux changements climatiques.

« Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que les gens au pouvoir s’entendent avant d’agir : nous faisons face dès maintenant aux effets des changements climatiques et adapter notre agriculture est une question de survie, » signalait Isaac Kabongo de l’organisation Eco-Ouganda.

Même le Canada, qui pourtant n’hésite pas à être un leader sur d’autres questions, fait piètre figure dans ces domaines. En effet, sur les 2,65 milliards de dollars annoncés lors de la COP21, moins de 30% des fonds engagés à ce jour le sont pour des projets d’adaptation.

Appuyons les paysannes et paysans, il est encore temps d’agir !

La totalité des fonds climatiques n’est pas engagée. Il est aujourd’hui plus que jamais important d’aller signer notre pétition afin de dire au gouvernement canadien qu’une lutte efficace contre les changements climatiques passe par un appui financier à la petite agriculture familiale. Le Canada doit appuyer financièrement la petite agriculture familiale:

  1. en défendant l’accès sécuritaire à la terre pour les paysanne et paysans ;
  2. en appuyant financièrement des pratiques agricoles qui sont bonnes pour l’environnement, comme l’agroécologie; et
  3. en s’assurant que les petites agricultrices et agriculteurs familiaux aient une voix dans les décisions politique qui les concerne.

La transition vers de nouveaux systèmes agro-alimentaire se fera un pas à la fois et nécessitera un appui financier de la part du Canada..

Signez notre carte d’action et demandez au gouvernement canadien d'agir