La participation citoyenne au cœur de la prochaine élection présidentielle à Madagascar

25 octobre 2018
élection présidentielle 
à Madagascar 2018

Dans quelques semaines, les 7 novembre et 19 décembre précisément, les Malgaches seront appelés à se rendre aux urnes afin d’élire leur président de la République. Cette élection est loin d’être banale et revêt d’une importance particulière en cela même que la quasi - totalité des élections présidentielles qui ont été organisées depuis l’indépendance du pays en 1960, ont entraîné des contestations ainsi que des crises institutionnelles post-électorales. En effet, seules les élections de 1993 et de 1996 se sont déroulées dans un climat relativement apaisé. 

Ainsi, la prochaine élection fait figure de test et permettra de voir dans quelle mesure la Grande île réussi à instaurer un État de droit apaisé, d’autant plus que 36 candidats au total ont vu leur candidature valider par la Haute Cour constitutionnelle, dont celles des anciens chefs d'État Didier RatsirakaMarc RavalomananaAndry Rajoelina, ainsi que l'actuel président Hery Rajaonarimampianina. « Certains malgaches se disent peu enthousiastes à l'idée de voir ces anciens présidents et l'actuel chef d'État prendre part à cette élection. Ils disent avoir envie de changement, de renouvellement de la classe politique et de voir de nouvelles têtes. Mais paradoxalement la pléthore de candidats les interpelle aussi », bien que beaucoup ne connaissent pas les nouveaux candidats.

Développement et Paix – Caritas Canada s’engage auprès de la population malgache en appuyant ses partenaires qui mettent en œuvre des programmes d’éducation citoyenne afin d’impliquer les Malgaches dans la vie publique, mais aussi de contribuer à l’émergence d’une démocratie participative. L’objectif est de permettre à tout un peuple d’exprimer son choix tout en incitant les candidats à développer un programme qui soit en adéquation avec les intérêts et besoins de la population.

Au cours des derniers mois, diverses activités ont été mises en place et notamment le déploiement d’une campagne de sensibilisation sur l’importance du processus et des enjeux électoraux mais aussi la collecte dans différents districts des attentes et priorités des électeurs par rapport aux actions des futurs élus. Cette collecte a été réalisée auprès de 35 550 personnes par le biais de visites à domicile et par la mise en place de boites à idées au niveau de 1767 Hameaux (villages) de 880 Fokontany dans 273 Communes. Les priorités exprimées sont regroupées en 63 points d’idées, dont les trois premiers concernent l’insécurité, la construction et réhabilitation des infrastructures routières ainsi que l’éradication de la corruption dans tous les secteurs et à tous les niveaux.

Les activités de sensibilisation mises en place visent à s’assurer du bon déroulement de l’élection, de permettre aux Malgaches d’effectuer un choix éclairé lors du vote et d’en accepter les résultats. Dans un récent communiqué datant du 6 octobre 2018, KMF-CNOE, partenaire de longue date de Développement et Paix – Caritas Canada lançait un appel : « Nous lançons aussi un appel aux citoyens car ils ont leur part de responsabilité dans l’instauration d’une élection sans conflit et crédible. « Refusez d’être des instruments de perturbation et de violence, restez vigilants et calmes, quoiqu’il se passe ». Et par-dessus tout, analysez bien les discours et les projets des candidats pour faire le bon choix. » Cette mise en garde contre l’instrumentalisation de la jeunesse par les candidats a aussi été martelée lors des Journées Mondiales de la Jeunesse par les évêques engagés contre la corruption. Ainsi, Mgr Roger Victor Solo Rakotondrajao, évêque de Mahajanga a explicitement averti : « N’échanger pas votre voix contre des cadeaux éphémères. Ne vous fiez pas aux beaux discours et aux fausses promesses. C’est une arnaque et une forme de corruption.   

Enfin, nos partenaires font partie des organisations de la société civile malgache qui se mobilisent pour former et sensibiliser des observateurs électoraux, notamment des jeunes, afin de mettre en place un système de suivi avant, pendant et après les élections par quartier, district et région. C’est grâce à la mise en réseaux de nos partenaires et d’autres acteurs clés que l’ensemble des bureaux de vote au premier et second tour des élections pourront être couverts.