L’agriculture à petite échelle améliore les conditions de vie aux Philippines

20 janvier 2012

La réforme agraire s’est faite au prix d’une lutte ardue aux Philippines. À un moment donné, on estimait que 10 % de la population contrôlait 90 % des terres. Un programme de redistribution des terres a été mis en place pour tenter de rectifier les choses. Bien que cette réforme se soit échelonnée sur deux décennies, le processus a été très long. Et même lorsque les fermiers ruraux finissent par recevoir leur parcelle de terrain, ils ont de la difficulté à faire produire la terre suffisamment pour subvenir aux besoins de leur famille. À la longue, certains abandonnent leur terre pour se lancer dans d’autres entreprises.

Marcelino Octaviano ne connaît que trop bien les difficultés du métier d’agriculteur. Comme cultiver une parcelle de terrain familiale de 1,5 hectare ne suffisait pas à subvenir aux besoins de sa famille, il a pris un deuxième emploi comme électricien. Malgré cela, il peinait à joindre les deux bouts. Cette existence précaire a changé lorsque M. Octaviano a adhéré à la Coopérative agricole polyvalente de Balugo (BFMPC), une petite coopérative de cultivateurs de manioc appuyée par un partenaire de Développement et Paix, la Coalition de développement Agri-Aqua de Mindanao (AADC).

L’AADC a été fondée en 1994 en tant que regroupement de 120 organismes communautaires visant à s’attaquer à des enjeux qui touchent les pauvres en milieu rural à Mindanao. Elle s’efforce de former des coalitions autour de questions précises, offre de la formation technique et contribue à renforcer les capacités des groupes locaux. En 2002, elle a pris la décision de promouvoir le développement économique de la collectivité dans la région, parce que les revenus de l’agriculture et de la pêche diminuaient. Cette décision stratégique reposait sur le pari que l’agriculture à petite échelle pourrait être durable et constituer une solution viable pour améliorer les moyens de subsistance. La coalition a commencé à organiser et à appuyer des coopératives, dont la BFMPC. Soucieuse d’accroître la productivité et les revenus de la coopérative, l’AADC a facilité une négociation afin que la BFMPC fournisse du manioc à la société San Miguel, une entreprise du secteur des aliments et boissons. Ainsi, les agriculteurs ont pu regrouper une partie de leur récolte pour la vente à cette société, en en réservant une partie pour leur famille et pour la vente au marché.

L’AADC a également construit une usine de fabrication de grignotines à base de bananes et une autre pour l’extraction d’huile de noix de coco.

Pour M. Octaviano, l’adhésion à la BFMPC a rehaussé le niveau de vie de sa famille. Aujourd’hui, il dirige la coopérative. Il a bénéficié d’une formation en affaires de l’AADC et il continue d’approfondir ses connaissances. Et les perspectives de ses enfants semblent encore plus radieuses : ses deux filles sont maintenant inscrites à l’université.