L’Amazonie traverse une tragédie humanitaire et environnementale à cause de la pandémie

11 juin 2020
Montréal

Le REPAM, le réseau pan-amazonien de l’Église, sonne l’alarme et demande une « action urgente et unifiée pour éviter une tragédie humanitaire et environnementale » en Amazonie, suite à la pandémie de COVID-19 et à ses impacts. Les cardinaux Cláudio Hummes et Pedro Barreto Jimeno, ainsi que Mauricio López du REPAM, ont signé cette déclaration qui rappelle les deux éléments « d’une force extrême et à une échelle jamais vue auparavant » qui « dévastent actuellement l’Amazonie ». Ce sont la pandémie de COVID-19 et « une augmentation incontrôlée de la violence dans les territoires ».

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’Amérique du Sud est le nouvel épicentre de l’épidémie mondiale. C’est au Brésil et au Pérou, qui abritent la plus grande partie du bassin amazonien, que se retrouvent les cas les plus nombreux sur le continent et le rythme de transmission le plus élevé de la planète. Le Brésil compte maintenant le plus grand nombre de cas dans le monde, après les États-Unis, et, dans un geste perçu comme une tentative de contrôle de l’information, le président du pays, Jair Bolsonaro, a ordonné le retrait de grands pans de données statistiques sur les cas de COVID-19 et le gouvernement a cessé de publier le nombre total de cas dans le pays.

La déclaration du REPAM décrit en détail les enjeux auxquels sont confrontés les pays de l’Amazonie, et montre pourquoi chacun d’entre eux est vulnérable aux impacts de la pandémie. Selon cette déclaration :

  • Les peuples autochtones, les Afro-Colombiens et les petits producteurs de Colombie sont très à risque à cause de la pauvreté endémique, de la faim, et du manque de services de santé auxquels ils sont déjà confrontés.
  • Plusieurs Vénézuéliens font face à l’insécurité alimentaire et aux menaces de contagion dans les nombreux sites miniers illégaux.
  • Au Pérou, le secteur minier est considéré comme un service essentiel alors que les activités agricoles sont restreintes, créant ainsi de sérieux risques à l’approvisionnement alimentaire.
  • Au Brésil, le « risque de génocide des peuples autochtones demande une action urgente ».  La situation en Amazonie brésilienne est exacerbée par le gouvernement national qui envisage une législation qui minerait les droits à la terre des peuples autochtones, comme les Muras de Manaus, et des communautés traditionnelles comme les seringueiros, « laissant place à l’accaparement des terres, à la déforestation et aux compagnies prédatrices, et légalisant l’occupation illégale de territoires autochtones par l’industrie minière et l’agriculture industrielle », selon la déclaration du REPAM.

Le REPAM ajoute que l’activité minière illégale et la déforestation « continuent à pleine force » dans tout le bassin amazonien.

Inspirée par l’appel du pape François à défendre la vie, la Terre et les cultures de l’Amazonie, la mission du REPAM est de protéger les droits et la dignité des peuples habitant cette précieuse région. Le REPAM est soutenu par Développement et Paix — Caritas Canada, ainsi que par Caritas Internationalis et les membres Caritas des pays de l’Amazonie. Le REPAM a joué un rôle essentiel lors de l’Assemblée Spéciale du Synode des Évêques pour l'Amazonie, tenue au Vatican en octobre 2019, et il continue d’agir pour mobiliser l’attention du monde entier à la fragile situation des peuples autochtones de l’Amazonie et à l’importance vitale du biome amazonien pour la planète – notre maison commune.

Leur déclaration se termine par un appel « à toutes les personnes de bonne volonté » dans le monde, à « se joindre aux forces qui veulent défendre l’Amazonie bien-aimée, dans toute sa splendeur, ses drames et ses mystères. » Si vous n’êtes pas encore impliqués pour protéger les défenseurs traditionnels de l’Amazonie, joignez-vous à la campagne Pour notre maison commune de Développement et Paix.