Le Canada ratifie l’accord de Paris : il est maintenant temps de passer à l’action !

12 octobre 2016
By: 
Geneviève Talbot

Le 5 octobre dernier, la Chambre des communes du Canada a appuyé la ratification de l'accord de Paris, participant par le fait même à franchir le seuil requis pour l’entrée en vigueur de cet accord historique de lutte aux changements climatiques, soit une ratification par au moins 55 pays représentant au moins 55 % des émissions globales. L'accord de Paris, qui n’a pas encore un an, entrera donc en vigueur dans les 30 jours suivants.

Développement et Paix – Caritas Canada salue l’entrée en vigueur de l’accord de Paris et sa ratification par le gouvernement canadien. Il est maintenant temps de passer à l’action. Afin d’agir en cohérence avec l’accord de Paris, le gouvernement du Canada doit rapidement mettre en place un plan crédible et ambitieux de lutte aux changements climatiques. Il doit :

  • adopter de nouvelles cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES), plus ambitieuses que celles actuellement fixées,
  • s’engager à sortir le pays de l’ère des énergies fossiles et développer un nouveau modèle énergétique et économique qui table sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Cette transition vers une économie sobre en carbone doit se faire dans le respect des travailleurs et collectivités qui seront touchées par ces changements.

Développement et Paix appelle le gouvernement à respecter ses engagements, à la fois envers la population canadienne, mais aussi envers les populations des pays Sud. Lors de la COP21, le Canada s’est engagé à investir 2,65 milliards de dollars d’ici 2020 pour appuyer les populations des pays du Sud durement affectées par les changements climatiques. L’appui à l’agriculture paysanne doit être au cœur de cet engament canadien.

« L’agriculture paysanne et l’agroécologie sont les voies de l’avenir afin de permettre aux paysans de réduire les impacts des changements climatiques, et d’ainsi refroidir la planète », a déclaré Josianne Gauthier, directrice des programmes au Canada à Développement et Paix.

En effet, lorsque l’on tient compte de l’ensemble du système agro-industriel - agriculture, transport, transformation et emballage des aliments, congélation, vente au détail et gaspillage alimentaire – on estime que le système agricole industriel mondial représente de 44 % à 57 % des émissions totales de GES.

À l’opposé, l’agriculture paysanne et l’agroécologie, qui privilégient une utilisation réduite des intrants et les circuits courts de distribution, sont moins émettrices de GES. De plus, ces modèles agricoles produisent une grande part de la nourriture dans le monde.

Dans les pays du Sud, les petits producteurs familiaux représentent environ 85 % des agriculteurs et produisent 60 % des aliments consommés dans le monde, alors qu’ils n’occupent que 20 à 30 % des terres arables.  Ils sont pourtant les premiers à souffrir de la faim et à subir les impacts des changements climatiques. En mettant l’agriculture paysanne  au cœur des solutions, le Canada agira pour réduire les impacts des changements climatiques tout en permettant à des millions de femmes et d’hommes de nourrir leurs familles et nos communautés.

 

Le Canada doit maintenant passer à l’action

Demandez au premier ministre du Canada d’agir pour lutter contre changements climatiques et soutenir l’agriculture paysanne dans les pays du Sud.