14 novembre 2020
Montréal
By: 
Minaz Kerawala, Conseiller en communications et relations publiques

Les Honduriennes et les Honduriens espéraient du bon temps en famille et des occasions de festivités pour les congés de la Semana Morazánica. Ils ont plutôt dû affronter l’ouragan Eta, qui a touché terre le 6 novembre 2020.

Pendant des jours, les vents de cet ouragan de catégorie 4 ont soufflé avec des fortes pluies. En date du 14 novembre, Eta avait laissé une vaste traînée de dévastation au Honduras. Plus de 2,9 million de personnes sont affectées par les inondations selon un rapport des Nations Unies (disponible en espagnol seulement). Près de 175 000 personnes ont été évacuées, 45 000 vivent dans des abris temporaires, et plus de 103 000 sont bloquées quelque part, sans aucun contact. Le nombre de morts, évalué à 64 personnes actuellement, pourrait bien s’élever dramatiquement lorsque l’eau aura baissé.

Un déluge de défaillances

Les partenaires de Développement et Paix — Caritas Canada, qui ont été parmi les premiers à répondre à cet ouragan, rapportent que:

  • Plus de la moitié des 2 millions d’habitants de la grande région agricole Sula Valley ont été affectés par des crues dans les rivières Ulúa et Chamelecón.
  • Les communautés des anciens camps de travailleurs des plantations fruitières près d’El Progreso dans le département de Yoro sont les plus affectées.
  • Même avant l’arrivée “officielle” d’Eta, les municipalités de Puerto Cortés, Potrerillos, Pimienta et Villanueva, dans le département de Cortés, étaient inondées.
  • Rapidement, la plus grande partie de Cortés était sous l’eau, et les départements d’Olancho et d’El Paraíso connaîtraient bientôt le même sort.
  • De nombreuses communautés sont toujours complètement coupées du monde, et les gens sont bloqués sur leurs toits.
  • Avec la montée des eaux jusqu’au toit des maisons, parfois en quelques minutes, plusieurs personnes ont perdu tous leurs biens.

Pour expliquer ces dommages, nos partenaires dénoncent les lacunes dans les politiques de court et de long terme. Même si la vitesse, le parcours et la force d’Eta étaient connus, les autorités n’ont pris que peu de mesures de prévention. Elles ont même minimisé les dangers de la pandémie et de la tempête pour promouvoir le tourisme intérieur en vue des congés de la Semana Morazánica. Les inondations ont aussi été exacerbées par l’érosion des sols et la déforestation résultant de décennies d’agriculture de monocultures.

Une crue de solidarité

Avec le soutien de Développement et Paix, une alliance d’organisations jésuites, Equipo de Reflexión, Investigación y Comunicación (ERIC) et Radio Progreso (RP) font la promotion de la démocratie, des droits humains et de la justice écologique; elles forment des journalistes et des leaders communautaires; et elles aident les communautés afro-caribéennes à défendre leurs terres.

ERIC et RP coordonnent les interventions d’urgence de la coalition humanitaire du Réseau d’urgence et de solidarité, l’organisation RP servant de quartier général et de centre d’approvisionnement. Au cours des derniers jours, ils ont :

  • Initié la Phase 1 d’une opération d’urgence et de sauvetage, centrée sur les communautés affectées non desservies par les agences gouvernementales ou autres organisations humanitaires
  • Déployé des équipes pour évaluer les besoins dans les communautés du nord les plus touchées
  • Documenté plus de 2 400 situations d’urgence
  • Travaillé avec les leaders des communautés pour identifier 1 000 familles, parmi les plus démunies, et leur ont distribué des rations alimentaires de base de haricots et de riz
  • Rallié une équipe de 40 jeunes volontaires pour participer aux secours d’urgence
  • Utilisé le savoir-faire et les contacts locaux pour aider la Croix-Rouge à recueillir et compiler des informations vitales sur le terrain.

Les équipes évalueront bientôt les dommages aux systèmes d’approvisionnement en eau, aux réseaux électriques et aux récoltes. Pour la prochaine phase, des produits d’hygiène, dont des masques, des couches et des serviettes hygiéniques, seront distribués.

Les Canadiennes et Canadiens appelés à faire preuve de compassion

L’ouragan Eta a ravivé la mémoire des événements traumatiques liés à l’ouragan Mitch, qui avait tué 7 000 Honduriennes et Honduriens en 1998. À cette époque, les Canadiennes et Canadiens avaient répondu avec une immense générosité à l’appel à l’aide de Développement et Paix.

Aujourd’hui, nous demandons une fois de plus aux Canadiennes et aux Canadiens de démontrer leur solidarité avec le peuple hondurien. Développement et Paix a déjà accordé un montant de 20 000 $ pour faciliter le transport, la logistique et la fourniture de rations alimentaires et de trousses d’hygiène, ainsi que la production d’émissions de radio à des fins d’information et de soutien. Avec votre soutien, nos partenaires seront en mesure d’aider encore plus de personnes. 

pour que nos partenaires puissent aider les Honduriennes et Honduriens à se rétablir après l’ouragan Eta.