Les partenaires de Développement et Paix participent à la Rencontre mondiale des mouvements populaires au Vatican

24 octobre 2014

En décembre dernier, l’Académie pontificale des sciences a tenu au Vatican un atelier intitulé L’urgence des exclus sociaux. L’événement a rassemblé des représentants de mouvements sociaux de l’Argentine et du Brésil, des économistes, des politiciens, des théologiens et des philosophes, dans le cadre d’une initiative mise sur pied par le pape François pour examiner les enjeux de l’exclusion et de la marginalisation, du point de vue des personnes concernées. Plusieurs partenaires de Développement et Paix et autres organisations affiliées ont pris part au symposium, dont Joao Pedro Stedile, coordonnateur national du Mouvement des travailleurs sans-terre (MST) du Brésil.

Ce processus de consultation, mené en collaboration avec des organismes qui œuvrent directement auprès de personnes pauvres ou qui militent en leur nom, se poursuivra lors d’une deuxième rencontre prévue au Vatican du 27 au 29 octobre. Une fois de plus, des partenaires de Développement et Paix prendront part à l’exercice. La réunion établira un dialogue entre le Conseil pontifical « Justice et Paix » et cent représentants de mouvements populaires issus de divers continents. Trente évêques de différentes régions du monde, ainsi que vingt évêques de la Curie romaine, seront également présents.

Les objectifs de la rencontre, tels que précisés dans l’invitation, consistent à partager la pensée sociale du pape François; à dresser une synthèse de la vision des mouvements populaires concernant la croissance des inégalités sociales et de l’exclusion dans le monde; à réfléchir aux pratiques organisationnelles des mouvements sociaux; et à proposer des solutions populaires pour « résoudre les problèmes imposés aux personnes pauvres par le capitalisme financier et les multinationales, et ainsi créer une société mondiale fondée sur la justice sociale et adaptée à la réalité du travailleur exclu ».

Les participants utiliseront la méthode Voir-Juger-Agir pour aborder divers enjeux et garantir aux personnes exclues un rôle prépondérant dans la transformation sociale et la construction d’un monde plus juste. La rencontre portera sur les thèmes suivants : le travail, la terre, le logement, l’environnement et les changements climatiques, ainsi que les mouvements pour la paix.

Ces rencontres font suite à l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium (La joie de l’Évangile), dans laquelle le Pape décrit sa vision du système économique actuel. Selon le pape François, ce système perpétue la disparité sociale et l’exclusion et est donc appelé à se transformer.

« De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue. Il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meurt de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. Voilà l’exclusion. On ne peut plus tolérer le fait que la nourriture soit jetée, quand il y a des personnes qui souffrent de la faim. C’est la disparité sociale. Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. Comme conséquence de cette situation, de grandes masses de population se voient exclues et marginalisées : sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie. »

De nombreux acteurs accueillent ces rencontres avec satisfaction, car elles reconnaissent la nécessité d’accorder une plus grande voix aux personnes pauvres et marginalisées au sein de l’Église.

« Cette initiative est sans précédent : dans le passé, les papes invitaient des banquiers, des personnes fortunées et des gens d’affaires pour discuter d’enjeux mondiaux. Le pape François, lui, agit conformément à son option préférentielle pour les pauvres et désire écouter ceux qui les représentent », souligne Frei Betto, prêtre dominicain brésilien et auteur de renom. « Cela provoque un changement considérable dans le choix des interlocuteurs pour l’Église catholique », conclut le religieux, qui a travaillé avec de nombreux partenaires de Développement et Paix au Brésil.