L’histoire d’Édouard et de Mariam

Les organisations membres de Caritas se sont mobilisées pour aider les migrants et les Libyens qui fuient les troubles en Libye. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 328 000 personnes ont fui le conflit en Libye. La plupart d’entre elles ont quitté le pays par l’Égypte et la Tunisie.

Caritas a envoyé deux équipes d’intervention d’urgence à la frontière libyo-égyptienne et à la frontière libyo-tunisienne, et fournit une aide d’urgence sous la forme d’une aide alimentaire, de soins médicaux et d’une aide psychologique aux milliers de migrants isolés.

Notre collègue Danielle Leblanc coordonne l’équipe présente à la frontière de la Lybie et de la Tunisie. Elle nous a fait parvenir ce texte.

Édouard vient du Cameroun. Mariam, sa femme, est Malienne. Ils sont venus tous les deux en Libye à la recherche d’un bon emploi pour lui, dans l’espoir d’une vie meilleure. Lorsque la femme d’Édouard est tombée enceinte, ils ont décidé qu’elle resterait à Tunis et qu’il s’assurerait qu’elle obtienne les soins médicaux dont elle avait besoin. Mariam résidait illégalement en Tunisie. Elle était enceinte de huit mois lorsque le conflit s’est déclenché. Édouard, qui a fui le pays en guerre pour la rejoindre, était maintenant réfugié dans le camp Shousha, et ne pouvait circuler librement en Tunisie.

Quand il a aperçu la bannière de la tente de Caritas, Édouard a tenté sa chance et s’est présenté au personnel, à la recherche de conseils et d’une solution. Reconnaissant l’urgence de la situation, Caritas a décidé de faire appel à Caritas Tunisie pour aider son épouse à obtenir de l’attention médicale et de la protection, malgré son statut de résidente illégale; parallèlement, l’organisation a fait pression auprès de l’administration tunisienne au nom de la famille bloquée dans ce pays. Grâce à la générosité des religieuses, Mariam a pu voir un médecin et être accueillie dans un service d’obstétrique, sous la protection de Caritas. Une autorisation spéciale a été obtenue, et Édouard a eu une permission de sept jours pour rendre visite à son épouse et s’assurer qu’elle était en sécurité et bien soignée avant d’être rapatrié au Cameroun.

Le cas d’Édouard et de Mariam n’est qu’un parmi de nombreux exemples où Caritas, à la seule force de son empathie et de sa générosité, a pu changer les choses. Dans le hall d’attente de l’aéroport de Djerba, en route vers chez lui, Édouard ne tarissait pas d’éloges pour la modeste équipe de personnes qui ont pris le temps de l’écouter et de l’aider à trouver une solution. C’est ce qui compte par-dessus tout dans le travail de Caritas à la frontière entre la Tunisie et la Libye.