Mise en œuvre de l’accord de Paris : l’agriculture doit être au cœur des solutions

7 novembre 2016

Alors que s’amorce aujourd’hui la COP22 à Marrakech, il est intéressant de s’interroger sur la place de l’agriculture tant dans les réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) que dans l’adaptation de notre système de production alimentaire. Développement et Paix – Caritas Canada prendra part aux négociations quant aux modalités de mise en œuvre de l’accord de Paris, et compte bien faire entendre son point de vue sur l’agriculture paysanne.

Mettre l’agriculture au cœur des solutions afin de trouver des moyens de contrer les effets des changements climatiques peut à prime abord sembler exagéré, mais lorsque nous analysons la question de plus près, nous nous rendons rapidement compte de sa pertinence. Si l’agriculture est responsable de plus d’un tiers des GES à l’échelle planétaire, les impacts des changements climatiques se font sentir de plein fouet sur le secteur agricole, victime des aléas climatique.

L’impact de l’agriculture sur le réchauffement climatique diffère selon le modèle agricole qui est mis en œuvre. En effet, agriculture industrielle et agriculture paysanne ne se trouvent pas sur le même pied d’égalité en ce qui concerne les émissions de GES. Car si on ajoute le transport, la transformation et l’emballage, la congélation et la vente au détail, ainsi que le gaspillage alimentaire, on estime que le système agricole industriel mondial représente de 44 % à 57 % des émissions totales de GES.

C’est afin de faire la lumière sur cette question que Développement et Paix publie le rapport « L’agriculture paysanne au cœur de la justice climatique ». Ce rapport démontre que nous devons rapidement initier une transition vers de nouveaux modèles agricoles si nous souhaitons lutter effectivement contre les changements climatiques.

Les études de cas qui se basent sur des exemples au Burundi, au Canada, en Indonésie et au Paraguay, présentent des initiatives mises de l’avant par les paysannes et paysans, comme l’agroécologie, l’agriculture urbaine ou encore l’exploitation familiale intégrée.

L’agriculture paysanne propose des alternatives sociales, économiques et productives qui constituent non seulement des réponses adéquates pour lutter contre le réchauffement climatique, mais également pour réformer en profondeur le modèle économique dominant qui en est responsable.

Les petits producteurs familiaux dans les pays du Sud représentent environ 85 % des agriculteurs et produisent 60 % des aliments consommés dans le monde, alors qu’ils n’occupent que 20 à 30 % des terres arables. Ils sont pourtant les premiers à souffrir de la faim et à subir les impacts des changements climatiques. Pour lutter efficacement contre les changements climatiques, le Canada doit appuyer financièrement la petite agriculture familiale sous trois aspects:

  1. en défendant l’accès sécuritaire à la terre pour les paysanne et paysans ;
  2. en appuyant financièrement des pratiques agricoles qui sont bonnes pour l’environnement, comme l’agroécologie; et
  3. en s’assurant que les petites agricultrices et agriculteurs familiaux aient une voix dans les décisions politique qui les concerne.

La transition vers de nouveaux systèmes agro-alimentaire se fera un pas à la fois et nécessitera un appui financier de la part du Canada.

 

Appuyez les populations des pays du sud qui sont les plus affectées
et demandez au gouvernement canadien d'agir

Pour ce faire, une carte d’action adressée au premier ministre demande par quels moyens le Canada entend tenir son engagement d’investir 2,65 milliards de dollars d’ici 2020 afin d’appuyer les populations des pays du Sud durement affectées par les changements climatiques. Elle interpelle le gouvernement du Canada à considérer le rôle primordial de la petite agriculture familiale dans les pays du Sud pour refroidir la planète et lutter contre la faim dans le monde.