Présentation de l’AWRC, un partenaire de Développement et Paix, aux Nations unies

23 novembre 2011

La Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité a été adoptée en l’an 2000. Cette résolution réaffirme le rôle important des femmes dans la prévention et la résolution des conflits armés, les négociations de paix, l’édification et la consolidation de la paix, et le règlement d’après-conflit. Elle demande aux États signataires d’assurer la participation équitable des femmes à ces activités et de s’engager à protéger les femmes contre la violence liée au genre, en particulier le viol et l’exploitation sexuelle, en période de conflit.

Cette résolution revêt une importance critique dans un pays comme l’Afghanistan, où la guerre sévit depuis plus de 40 ans, dont les 10 dernières années, depuis que l’OTAN a lancé une mission dans le pays. Les femmes sont appelées à jouer un rôle essentiel dans l’édification de la paix en Afghanistan. Le Centre de ressources des femmes afghanes (AWRC), un partenaire de longue date de Développement et Paix, s’efforce d’accroître la participation des femmes dans la société afghane et de promouvoir leur statut par divers moyens. Récemment, madame Maryam Rahmani, la représentante nationale de l’AWRC, a été invitée, à titre de membre d’une délégation du Réseau international des femmes bâtisseuses de paix (GNWP), à faire des présentations aux Nations unies sur la surveillance par la société civile de la mise en œuvre de la Résolution 1325 en Afghanistan. Entre autres, madame Rahmani a pris part à une réunion-débat organisée par la Mission permanente du Canada à l’ONU; elle a fait une brève présentation au président de la 66e session de l’Assemblée générale et une autre dans l’édifice de la chapelle des Nations unies, où Caritas Internationalis a un délégué permanent.

Bien que l’Afghanistan n’ait pas encore de plan d’action pour la mise en œuvre de la Résolution 1325, l’AWRC en a néanmoins intégré les principes fondamentaux dans la planification de ses programmes et elle sensibilise la population à l’adoption d’un plan d’action. « Les femmes jouent toujours un rôle essentiel dans l’édification de la paix dans toutes les régions du monde. En Afghanistan, ce sont les femmes qui ont souffert tout au long de la guerre. Elles sont devenues veuves, elles ont perdu leur mari, leurs frères et leurs fils; elles font face à la violence sous de nombreuses formes, y compris la violence physique, et elles ont été privées d’éducation et de travail. Les femmes mesurent très bien l’importance de la paix pour l’Afghanistan et ses conséquences sur leur propre vie », explique madame Rahmani.

Pour l’AWRC, la principale préoccupation à l’heure actuelle est de faire entendre la voix des femmes dans les processus décisionnels à l’échelle nationale et internationale. À l’heure actuelle, l’organisation,  avec la collaboration Afghan Women’s Network, se prépare à la prochaine conférence qui aura lieu à Bonn le 5 décembre, une rencontre clé où plus de mille délégués viendront discuter du retrait des forces militaires internationales et de l’avenir du pays. Jouant un rôle clé dans la promotion des femmes en Afghanistan, madame Rahmani cherche à attirer l’attention de la conférence sur l’importance pour les associations de femmes d’être actives et adéquatement représentées dans les efforts de construction de la paix dans le pays. Si elles en sont exclues, la participation des femmes risque d’en être diminuée plutôt que renforcée, comme on le constate dans la transition de la sécurité confiée aux forces de police locale dans plusieurs provinces afghanes. « La participation des femmes n’est toujours pas considérée comme importante dans la plupart des forums de prise de décisions clés à l’échelle nationale et internationale. Nous ne voulons pas voir compromis les acquis obtenus par les femmes dans les dix dernières années. Si nous perdons le terrain gagné, nous pourrions aboutir à un recul par rapport à notre situation initiale. »