Philippines : Rétablir les moyens de subsistance anéantis par le typhon Haiyan

21 novembre 2014

Lorsque le typhon Haiyan s’est abattu sur les Philippines, il a non seulement détruit les maisons des gens et emporté leurs biens, mais il a enlevé leur gagne-pain à beaucoup d’entre eux.

Dans les zones touchées par le typhon, les communautés comptent principalement sur la pêche, l’agriculture de subsistance, la culture du riz et la vente des sous-produits de la noix de coco pour gagner leur vie. Mais le typhon a tout emporté en quelques minutes seulement : il a écrasé les traditionnelles pirogues de bois effilées utilisées par les pêcheurs, inondé les cultures, déraciné des hectares de plantations de cocotiers et tué le bétail.

Et sans activité génératrice de revenus, il est presque impossible de songer à construire une nouvelle maison ou même à réparer celle qui a été endommagée. Il se crée alors un cercle vicieux de pauvreté qui peut être accablant. Il suffit de poser la question à Rodel Doble, un pêcheur de la communauté de Calawaisan dans le nord de Cebu.

« Ne pas avoir assez d’argent pour construire une autre maison, c’est comme si le poids du monde pesait sur vous », confie Rodel, père de deux fillettes.

Rodel dit que sa maison a été totalement détruite par la tempête. « La tempête était indescriptible. J’ai serré mes deux filles contre moi avant qu’elles ne partent pour le centre d’évacuation. »

Heureusement, sa famille a survécu, mais se remettre sur pied n’a pas été une mince tâche.

« Trouver de l’argent pour ma maison, la nourriture, l’éducation de mes enfants… chaque jour, je me bats pour répondre à ces besoins. »

Avant la tempête, Rodel accompagnait d’autres pêcheurs en mer pour les aider et ils se partageaient les bénéfices. Le fait de ne pas posséder son propre bateau, cependant, limitait ses revenus et, par conséquent, sa capacité à se remettre de la tempête.

Caritas Philippines-NASSA et le Centre d’action sociale du diocèse de Cebu, avec l’appui de Développement et Paix, aident des personnes comme Rodel à faire la transition vers le retour au travail en leur fournissant des bateaux de pêche, du bétail et du matériel agricole.

Toutefois, chacune des personnes qui ont été identifiées comme ayant le plus besoin de soutien pour le redémarrage de ses moyens de subsistance doit à son tour contribuer à rompre le cycle de la pauvreté en redonnant une partie de ses prises ou un des petits de ses bêtes à la communauté afin d’aider les autres.

Pour Rodel et sa famille, cela a changé leur vie. Il retire maintenant une grande satisfaction de pouvoir lui aussi apporter sa contribution à sa communauté. « C’est une telle bénédiction de Dieu d’avoir mon propre bateau. Ce que je donne de mes prises est si peu par rapport à ce que nous avons reçu. »