Philippines : une nouvelle maison, un nouveau départ

12 novembre 2014

M. Sopriano Barsana, un policier à la retraite de l'île de Samar aux Philippines, se trouve devant sa maison... ou du moins ce qu'il en reste : une poutre solitaire et un plancher de béton couvert de débris en aluminium, de morceaux de briques plus ou moins désagrégés et d’un enchevêtrement de fils métalliques.

M. Barsana avait utilisé toutes ses économies pour construire cette maison. Lors du typhon, il s'était réfugié chez son fils, derrière un mur de béton, et avait assisté à la destruction de sa nouvelle maison morceaux par morceaux à la suite de forts vents pour enfin s’effondrer lorsqu’un arbre s’est écroulé en son milieu.

« J'étais terrorisé; le toit s'envolait et les arbres se déracinaient. J'ai 72 ans et c'est la pire tempête que j'ai jamais vue », note-t-il avec incrédulité, neuf mois après le passage du typhon.

L'un des pires effets dévastateurs du typhon Haiyan fut la destruction de nombreuses habitations. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies estime que la tempête a endommagé ou détruit plus de 1,1 million de maisons. Les besoins sont donc énormes.

Développement et Paix travaille conjointement avec plusieurs organismes partenaires afin d'aider les communautés à reconstruire leurs habitations. L’organisme collabore avec le Catholic Relief Services (CRS) et Caritas Philippines-NASSA à un projet ayant reçu 2 M$ de la part du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement du Canada pour aider 1160 familles à reconstruire leur maison.

Ces maisons se trouvent dans des communautés reculées et sont souvent négligées par les secours humanitaires en raison de leur éloignement de la mer. Malgré la distance, elles n'ont pas été épargnées par les vents violents et les pluies torrentielles et plusieurs habitations ont été entièrement détruites ou ont subi des dégâts considérables.

Après avoir identifié les communautés dans le besoin, un processus de consultation exhaustive a été mis sur pied pour cibler les familles dont les besoins étaient les plus importants et obtenir l'assentiment de la collectivité afin de déterminer qui obtiendrait une nouvelle maison. Les familles choisies ont toutes participé à la construction de leur nouvelle maison et ont fourni certains des matériaux de construction. .

Julius Oliveros, directeur du CRS pour le Samar oriental, souligne que les maisons, construites en bambou tressé, de manière traditionnelle afin de respecter les coutumes locales, incorporent également des techniques de réduction des risques de catastrophe afin de rendre les demeures plus solides et plus résistantes à de futures catastrophes.

« Nous ne construisons pas des toitures ordinaires; nous ajoutons des fils à ligature parce qu'en cas de grand vent, une attache plus simple pourrait céder et des parties du toit, voire la toiture entière, pourraient s'envoler », ajoute M. Oliveros. .

M. Barsana demeure présentement dans la famille de son fils et attend sa nouvelle maison avec impatience. Un an après le passage du typhon, il pourra maintenant profiter d’une bonne nuit de sommeil, au sec, sans craindre que la pluie ne traverse le toit ou que les murs ne s'écroulent.


Pour en savoir plus, consultez notre dossier spécial Un an après le typhon Haiyan >