Que la paix soit avec elle : Les femmes bâtissent la paix sociale au Liban

26 octobre 2017

Le conflit en Syrie a des répercussions importantes sur les pays voisins, dont le Liban. Ce petit pays de 4,4 millions d’habitants accueille à lui seul environ un million et demi de réfugiés, dont plus d’un million en provenance de la Syrie. Avec un habitant sur quatre qui est réfugié, le Liban est le pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant. Cette situation engendre une pression importante sur les ressources du pays, ainsi que des tensions croissantes entre les différentes communautés qui y cohabitent.

Les femmes bâtissent la paix sociale au Liban

C’est dans ce contexte que House of Peace (HOPe), une organisation de construction de la paix soutenue par Développement et Paix – Caritas Canada, vise à ériger une paix durable pour l’avenir des sociétés syrienne et libanaise. Les femmes y jouent un rôle majeur, autant comme responsables de la mise en œuvre des activités que comme participantes. Sur les sept employés de HOPe, trois sont des femmes, de même que 70 % des participants.

HOPe organise, en Syrie et au Liban, des ateliers de construction de la paix pour les groupes communautaires locaux et les ONG humanitaires, afin d’alléger les tensions sociales et tracer le chemin vers la coexistence pacifique et la réconciliation. Ces ateliers aident les participants à identifier de nouveaux points de vue et à développer des initiatives au sein des communautés. Ils offrent également aux femmes une plate-forme pour s’exprimer, pour utiliser leurs capacités d’analyse et éliminer les barrières sociales et les stéréotypes.

Lorsqu’elles quittent les ateliers, elles ont acquis les connaissances et les habiletés nécessaires pour entreprendre des projets de promotion de la paix sociale dans leurs communautés, avec des gens que bien souvent elles essayaient de fuir auparavant.

Rabia, une formatrice travaillant en collaboration avec HOPe, nous explique que les ateliers jouent un rôle important dans le changement des perceptions que les Syriens et les Libanais entretiennent les uns envers les autres.

« Avant leur participation à l’atelier, plusieurs Syriennes ne croyaient pas qu’il était possible de développer de bonnes relations avec les Libanaises. De même, plusieurs participantes libanaises ont réalisé que les préjugés qu’elles entretenaient envers les Syriennes n’étaient pas fondés. C’est ainsi que la peur et la haine disparaissent peu à peu. Lorsque les ateliers prennent fin, les participants gardent souvent contact, se rendent visite et font des activités ensemble. »

Qui plus est, en menant elles-mêmes un projet qui demande des compétences, de la persévérance et beaucoup de travail, les femmes découvrent leur propre potentiel. Rabia souligne ainsi le pouvoir transformateur des femmes dans leurs communautés :  

« Les femmes sont des moteurs de changement : lorsqu’elles influencent leur famille et leurs enfants, c’est la société toute entière qu’elles influencent. Chaque membre de la famille influence les gens autour de lui, et ainsi de suite. C’est pourquoi le rôle des femmes dans la construction de la paix est essentiel. »

 

Vous pouvez en savoir plus sur Rabia et HOPe ici