8 décembre 2015

Selon le gouvernement français, pays hôte de la COP21, l’objectif de la Conférence de Paris sur le climat est de parvenir à l’adoption d’un Traité international qui permette de contenir la hausse de la température moyenne de la planète en-deçà de 2 degrés Celsius (2°C) d’ici 2100 et d’adapter nos sociétés aux dérèglements climatiques. Il est possible de déterminer quatre enjeux spécifiques : la hausse des températures, les contributions nationales volontaires, le financement climatique et les fausses solutions.

Hausse de la température

Le premier point de litige entre les négociateurs concerne la limite fixée à la hausse de la température. En 2009, lors de la COP15 à Copenhague, les États membres ont convenu de limiter la hausse mondiale à 2 degrés Celsius (2°C). Cependant, plusieurs scientifiques ont joint leur voix à celles des petits États insulaires pour dire qu’il faudrait plutôt limiter la hausse à 1,5°C afin d’éviter une véritable catastrophe climatique.

Contributions nationales volontaires

Lors de la COP20 qui a eu lieu à Lima, il a été convenu que pour atteindre cette limite de hausse de température, chaque pays devait identifier ses propres objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES). Cependant, en date du 7 décembre 2015 et selon le décompte des contributions nationales, la hausse moyenne de la température prévue est de 3,6 °C. Ainsi, même lorsque les objectifs sont volontaires, ces derniers ne sont pas suffisants pour atteindre la limite de 2°C. Cela soulève l’épineuse question de possible États « parasites », c’est-à-dire des pays qui ne limiteront pas leurs émissions de GES mais qui profiteront d’une baisse globale de la température. Enfin, ce dernier point soulève la question de la manière dont ses réductions s’effectueront : une fois que le Canada, de même que les autres pays, aura identifié ses cibles de réduction de GES, comment compte-t-il les atteindre ? La réduction des GES passe inévitablement par une transformation du modèle économique mondial, modèle qui pour l’instant est essentiellement basé sur l’exploitation des énergies fossiles. Une fois que nous aurons convenu de formes économiques alternatives, il sera plus difficile de voir émerger des États « parasitaires » car le modèle économique actuel qui leur permet de prospérer sera obsolète.

Comment financer l’adaptation aux changements climatiques?

Il s’agit également d’un sujet brûlant. Comment s’assurer que les pays qui ont contribué et qui contribuent encore en grande partie aux changements climatiques participent d’une façon juste et équitable aux finances climatiques? C’est ce qu’on appelle parfois les responsabilités communes mais différenciées. Car actuellement les pays les plus touchés par les changements climatiques sont non seulement ceux qui y contribuent le moins mais aussi ceux à qui les ressources financières et technologiques pour faire face aux impacts font cruellement défaut. Lors de la COP15, il a été convenu que chaque année, à partir de 2020, 100 milliards de dollars américains seront mobilisés par l’entremise du Fonds vert pour le climat afin d’aider les pays du Sud à lutter contre les changements climatiques. Il reste toutefois à déterminer quelle sera la contribution de chaque État ? Quelle forme prendront ces mécanismes financiers (prêts ou subventions) ? Les fonds seront-ils publics ou privés ? Quelle sera la proportion des fonds destinés aux mesures d’adaptation par rapport aux projets d’atténuation ?

La tentation des fausses solutions

Enfin le dernier enjeu de taille à surveiller lors de ces négociations, est la place faite aux fausses solutions. Parmi les fausses solutions nous retrouvons la capture et la séquestration du carbone, les agrocarburants ou encore l’utilisation d’un charbon soi-disant propre, qui ne remettent pas en question le fondement même des problèmes climatiques : le modèle économique dominant. Pourtant, nous connaissons les solutions : l’accès pour toutes et tous à des énergies renouvelables décentralisées, les économies d’énergie, le développement des transports propres, etc. En termes de développement agricole et de systèmes alimentaires, nous devons soutenir l’agriculture familiale paysanne, développer des circuits alimentaires équitables, locaux et bio, ou encore lutter contre le gaspillage. Il s’agit là de solutions simples et modestes mais aussi déstabilisantes car elles exigent une remise en question de nos modes de vie, de production et de consommation.