Sécurité et souveraineté alimentaire

Séisme en Haïti – Regard sur 5 ans d’action

« La souveraineté alimentaire, c’est être capable de produire par nous-mêmes, avec les techniques que nous avons et avec nos moyens, pour arriver à nous nourrir », comme l’explique Guerlande Agella, animatrice à Fanm Deside.

La sécurité et la souveraineté alimentaire constituaient un axe majeur de la programmation de Développement et Paix en Haïti bien avant le 12 janvier 2010. Après le séisme, la sécurité alimentaire est devenue de plus en plus préoccupante : la plupart des activités agricoles ont été gravement perturbées, et de nombreuses personnes ont quitté les zones touchées par le séisme pour s’installer dans des zones rurales.

Des milliers de familles d’agriculteurs ont pu reprendre leurs activités agricoles, et contrer l’effet négatif de l’aide humanitaire qui arrivait massivement dans le pays au lendemain du séisme, mais avait pour conséquence d’affaiblir l’agriculture locale. Avec l’appui de nos partenaires, elles se sont donné les moyens de faire face à l’inflation des prix sur le marché national.

Grâce aux activités de nos partenaires, des emplois ont été créés, les familles paysannes ont augmenté et amélioré leur production, diversifié leurs sources de revenus et garanti une meilleure nutrition à leurs enfants, et ce, tout en respectant l’équilibre écologique et la biodiversité.

Après le séisme, pas moins de 1500 familles ont quitté Port-au-Prince pour s’installer à Hinche, dans le centre du pays, et dans les alentours. Dans les cinq dernières années, Développement et Paix a renforcé son appui au Mouvement Paysan Papaye (MPP), une association paysanne partenaire de longue date qui se trouve dans cette région.

« Après le tremblement de terre, les gens étaient affolés, ils ne savaient pas où ils allaient : ils montaient dans le premier véhicule qu’ils trouvaient et s’en allaient », raconte Chavannes Jean-Baptiste, fondateur du Mouvement Paysan Papaye.

Depuis 2010, des milliers de familles ont participé aux activités du MPP. À partir d’une technique par laquelle on cultive des jardins dans des pneus usagés, elles produisent maintenant des légumes frais et sains pour leur consommation et dégagent même un surplus, vendu sur les marchés locaux.

Virginia Augustin, membre du MPP, montre son jardin avec fierté : « C’est moi qui ai tout fait ! ». Elle cultive des tomates, des choux et des poivrons qu’elle a semés dans la dizaine de pneus fournie par l’association paysanne.

« Nous voulons vraiment construire une Haïti nouvelle, qui donne aux gens l’envie de venir y vivre. Et c’est pour cela que nous sommes fiers d’encadrer les paysans, qui représentent
65 à 80 % des gens vivant dans le pays », exprime Vilgar Jacques, animateur et formateur en animation sociale, Mouvement Paysan Papaye.