Soutenir les communautés déplacées par la faim et la violence dans le bassin du Lac Tchad

21 novembre 2018

Comme nous le soulignions dans notre campagne Partagez le chemin, 85 % des réfugiés dans le monde sont hébergés dans les pays les plus pauvres de la planète. Ce qui est certainement le cas du Niger et du Cameroun, deux pays du bassin du Lac Tchad – une des régions les plus pauvres d’Afrique – qui ont accueilli des personnes réfugiées du Nigéria, fuyant la violence dans leurs villages.   

La violence au Nigéria s’est par ailleurs répandue au-delà des frontières de ces deux pays, entraînant le déplacement interne de nombreuses communautés. Développement et Paix - Caritas Canada et Affaires mondiales Canada travaillent de concert afin de soutenir les personnes déplacées internes et réfugiées dans ces deux pays qui doivent faire face au défi d’avoir perdu leur maison et les fermes qui leur fournissaient la nourriture tout en soutenant les communautés hôtes qui partagent leurs maigres ressources. Les conditions de vie de ces familles sont rendues encore plus difficiles à cause des changements climatiques, qui ont des impacts sur leurs activités agricoles et leurs moyens de subsistance.


Niger

Au Niger, nous travaillons avec des partenaires locaux de la région de Diffa, où plus de 400 000 personnes ont besoin d’aide. Grâce à un financement de 2,3 millions de dollars d’Affaires mondiales Canada, nous avons pu mettre en place un projet de 2 ans, dans les communautés isolées de Toumour et Gueskerou afin de :

  • Répondre aux besoins de base de 48 330 personnes vulnérables ;
  • Fournir à 21 000 personnes déplacées des matériaux pour la construction d’abris ;
  • Construire des installations sanitaires pour 12 000 personnes et ;
  • Améliorer les moyens de subsistance de 2 190 familles.

Récemment, une foire aux abris a été organisée pour 2 000 familles vulnérables, déplacées depuis plus d’un an. Plusieurs d’entre elles n’avaient jamais reçu d’aide pour se construire des abris parce que cette zone est très éloignée et que la sécurité y est précaire. Les familles ont reçu des coupons qui leur permettent de choisir elles-mêmes les matériaux dont elles ont besoin pour se construire un abri. Cela a aussi permis d’injecter de l’argent dans l’économie locale qui en a grandement besoin, ce qui profite aux résidents locaux qui vivent aussi une situation d’appauvrissement.  

Lors de cette foire, un modèle d’abri a été présenté afin de partager des pratiques de construction plus sécuritaires pour les abris temporaires. Les prochaines étapes du programme incluront des activités de « cash for work » (argent contre travail), des subsides en argent, et l’installation d’infrastructures sanitaires, d’eau et d’hygiène, autant d’éléments d’une approche intégrée pour améliorer la qualité de vie.

Les familles vulnérables auront l’occasion d’améliorer leurs abris avec des matériaux de meilleure qualité, grâce aux foires aux abris soutenues par Développement et Paix et Affaires mondiales Canada.


Cameroun

L’extrême nord du Cameroun a subi des impacts majeurs dus à la violence débordant du Nigéria. On estime que 39 400 Nigérians se sont réfugiés dans cette région, en plus des 227 000 personnes déplacées internes. La sécheresse et autres effets des changements climatiques, le mouvement constant de populations entre les deux frontières et le conflit dans les régions sud-ouest et nord-ouest du Cameroun viennent compliquer la situation. La rareté des ressources a provoqué des incidents violents entre les personnes déplacées et les communautés hôtes.  

Grâce au financement de 2 millions de dollars d’Affaires mondiales Canada, nous avons pu mettre en place un projet de 2 ans dans le département de Logone-et-Chari. Nos partenaires locaux travaillent avec les familles déplacées afin de : 

  • Répondre aux besoins de base de 24 000 personnes ;
  • Former 40 femmes et hommes en tant que facilitateurs pour sensibiliser la population à la violence faite aux femmes et à ses conséquences ;
  • Construire ou réhabiliter 49 points d’eau et postes sanitaires afin d’augmenter l’accès à l’eau potable et un accès équitable à des infrastructures sanitaires localement appropriées ;
  • Améliorer les moyens de subsistance, principalement pour les femmes.

Grâce à ces projets, plus de 75 000 personnes reçoivent une aide humanitaire vitale et peuvent vivre dans la dignité. Partagez le chemin de ces personnes qui vivent des déplacements forcés dans le monde aujourd’hui.