Susciter la participation des jeunes à la reconstruction d’Haïti

6 janvier 2011

JACHA, une organisation jeunesse de Jacmel, s’affaire depuis longtemps à redorer l’avenir d’Haïti en veillant sur deux des plus précieuses ressources du pays : sa jeunesse et l’environnement. 

L’organisation réunit ces deux éléments en éveillant les jeunes à l’importance de l’environnement et en suscitant leur participation active dans des activités de conservation de la nature, comme la plantation d’arbres et l’organisation de campagnes de sensibilisation dans leur communauté.

Jacmel n’a pas été épargnée par le séisme du 12 janvier. Cette capitale culturelle d’Haïti a perdu plusieurs de ses édifices patrimoniaux et une grande partie de ses habitants sont maintenant hébergés dans les camps qui jonchent le paysage de cette ville côtière. 

La ville est enfouie sous les décombres et les déplacés s’entassent dans les villes des tentes déjà surpeuplées. Toutefois, JACHA a perçu l’urgence d’éviter l’accumulation de déchets et, ainsi, le potentiel de propagation des maladies. 

L’organisme a rapidement mis sur pied un programme Travail contre rémunération qui a mobilisé une centaine de jeunes membres de l’organisation. JACHA les a dépêchés dans les camps pour y organiser des équipes de nettoyage et informer les habitants des moyens de gérer les déchets et de garder leur environnement propre. 

« La vie dans les camps est impossible. Personne ne s’occupe de nous, affirme Dayana Alexandre, 21 ans, qui partage une tente avec cinq autres personnes. Au moins avec les activités de JACHA, je me sens mieux et plus en sécurité. Elles m’aident à apprendre des choses », dit-elle. 

L’importance de ce genre de travail dans les camps est devenue d’une effroyable évidence avec la propagation rapide du choléra dans le pays. 

Dès les premières nouvelles de la propagation de la maladie, JACHA a demandé à ses jeunes membres d’informer les habitants des précautions à prendre pour prévenir la propagation du choléra. S’il y a eu quelques cas à Jacmel, la ville a été largement épargnée par la maladie.

De fait, la prévention des catastrophes forme aujourd’hui une grande partie du travail de JACHA et à l’approche de la saison des ouragans, les membres ont œuvré diligemment dans les camps pour aviser la population des choses à faire et à ne pas faire pour rester en sécurité. 

« Si les Haïtiens avaient su quoi faire lors du séisme, il n’y aurait pas eu autant de morts. C’est très triste. C’est pourquoi nous avons voulu lancer un programme de prévention », dit Jackson Marcelin, un des coordonnateurs de JACHA. 

JACHA cherche également à donner aux jeunes l’occasion d’améliorer leurs perspectives d’avenir afin qu’ils aient des chances de s’épanouir. L’organisme offre une série de cours à ses jeunes membres âgés de 15 à 30 ans. 

La cour des bureaux de JACHA est toujours remplie de jeunes visages en train de causer et de rire. Certains viennent y suivre des cours d’anglais ou d’informatique, d’autres y apprendre à cuisiner. JACHA a même organisé un atelier de papier mâché pour les enfants de la région. Jacmel est en effet réputée pour cette forme d’art, et bien que le séisme ait englouti une partie du patrimoine de la ville, à tout le moins d’autres arts peuvent être préservés et appréciés par une nouvelle génération de Jacméliennes et Jacméliens.