Un avenir pour les réfugiés d’Addis-Abeba

20 juillet 2013

La sécheresse exceptionnelle qui a frappé la Corne de l’Afrique il y a deux ans, durant l’été 2011, a entrainé un afflux massif de réfugiés dans des camps aménagés principalement au Kenya et en Éthiopie. En effet, des millions de personnes de la région ont quitté leur pays afin d’échapper à la famine.

À elle seule, l’Éthiopie accueille près de 400 000 réfugiés en provenance de la Somalie, de l’Érythrée, du Soudan, du Burundi, de l’Ouganda, du Congo et du Kenya. Il y a parmi ces réfugiés, des personnes dont on entend très peu parler et dont le nombre ne cesse d’augmenter. Il s’agit des « réfugiés urbains » qui, en raison de l’insécurité qui règne dans les camps mais aussi du manque d’opportunités, d’éducation et des conditions de vie très difficiles, décident de quitter les camps ou de ne pas s’y rendre et choisissent à la place, de s’installer dans les grandes villes. On compte aujourd’hui en Éthiopie des milliers de réfugiés urbains qui ne sont pas reconnus par le gouvernement.

« Les réfugiés urbains ont la particularité de partager toutes les difficultés des personnes les plus pauvres des villes mais ils doivent en plus surmonter de nombreuses barrières liées notamment au fait qu’ils n’ont aucun statut légal. Ils sont livrés à eux-mêmes et risquent en permanence d'être détenus, déportés ou encore exploités par le travail », explique Endashaw Debrework, le directeur du Centre communautaire pour les réfugiés, fondé et géré par le Service Jésuite des Réfugiés (JRS), un partenaire de Développement et Paix, qui propose des services de garde, des activités récréatives et culturelles, des cours d’informatique, un soutien psycho-social ainsi que des formations professionnelles visant à aider les personnes réfugiées à devenir économiquement indépendantes.

Le Centre est situé dans un quartier pauvre d’Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, et accueille quotidiennement depuis la crise alimentaire de 2011 près de 300 réfugiés dont une grande majorité d’Érythréens, de Somaliens et de Soudanais. La priorité a été donnée aux enfants et aux femmes ainsi qu’aux personnes handicapées encore très marqués par la difficile expérience qu’ils ont vécu. Une psychologue les accompagne quotidiennement pour les aider à surmonter le stress, la dépression, gérer leur colère et réapprendre à vivre en paix et en communauté.

Solyana, une jeune réfugiée érythréenne de 8 ans rencontrée au Centre, tient dans sa main un dessin qu’elle vient de réaliser en classe. Elle explique que celui-ci représente le camp de réfugiés dans lequel elle et sa mère ont vécu durant quelques mois avant de venir s’installer à Addis-Abeba. « Depuis que je suis ici, je vais à l’école. Je viens de terminer ma 3e année et j’espère être promue en 4e l’année prochaine. Je suis heureuse ici parce que je peux m’amuser avec d’autres enfants de mon âge. Nous ne parlons pas tous la même langue mais nous communiquons ensemble petit à petit. »

Arrivée en Éthiopie il y a deux ans, Solyana fréquente le Centre depuis un an et neuf mois. Elle fait partie des centaines de réfugiés urbains sans-papiers qui se trouvent aujourd'hui sur le sol éthiopien. « Ma mère travaille tous les jours pour subvenir à nos besoins. Elle me laisse au Centre pour la journée et va travailler dans un salon de thé pour gagner un peu d’argent », confie la jeune fille. « Je ne sais pas trop ce que j’aimerais faire quand je serai plus grande. Peut-être devenir une femme d’affaires qui achète des maisons pour les louer ensuite. » Le Centre est un endroit où les réfugiés peuvent se retrouver et où ils ont la possibilité de trouver un peu d’aide pour surmonter les difficultés du quotidien.