Un événement à Québec en compagnie de Mgr Poulard, archevêque de Port-au-Prince

« Développement et Paix doit continuer d’encourager les regroupements paysans, de leur donner les outils nécessaires pour s’organiser et d’apporter un appui particulier aux jeunes qui choisissent de demeurer en campagne. L’exode urbain des jeunes, qui conduit au manque de relève agricole, est préoccupant », exprimait Monseigneur Guire Poulard, archevêque de Port-au-Prince en Haïti.

Développement et Paix a eu le plaisir d’accueillir Mgr Poulard au Canada la semaine dernière, qui a participé à une soirée de Développement et Paix à Québec sur le thème de la petite agriculture familiale. Plus de 100 personnes étaient présentes à cet événement dans le cadre de la campagne d’éducation « Parce qu’on sème ».

« Je remercie Développement et Paix de l’aide apportée à Haïti. J’ai eu à maintes reprises l’occasion d’entendre parler des groupes de paysans qui travaillent votre organisation, pour former des leaders, pour aider les gens à se prendre en charge, et j’ai vu leur conditions de vie s’améliorer », témoignait-il.

Parmi la centaine de personnes présentes à l’événement, on retrouvait notamment Mgr François Thibodeau, évêque d’Edmundston, plusieurs membres de la communauté haïtienne de la région de Québec, des membres de communautés religieuses – dont plusieurs qui ont œuvré à Haïti –, des membres de Développement et Paix et autres personnes intéressées par l’agriculture familiale, par Haïti et par la solidarité internationale.

Mgr Poulard est venu parler du rôle et de l’importance de la petite agriculture familiale en Haïti ainsi que du travail de Développement et Paix avec ses partenaires haïtiens. Lui-même est personnellement sensible à l’agriculture paysanne : il est né en pleine campagne de parents agriculteurs et il a toujours cultivé son propre jardin chez lui : « Je veux montrer à la population qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre le rôle d’évêque et la vie paysanne », expliquait-il.

L’éducation doit, selon Mgr Poulard, jouer un rôle particulier pour les jeunes vis-à-vis de l’agriculture. « Nous devons accompagner les jeunes par l’éducation pour qu’ils découvrent l’importance de la terre, leur montrer qu’il faut l’aimer, que la terre peut les nourrir et qu’ils doivent en prendre soin. » L’éducation devrait également selon lui aider les jeunes dans la construction d’une autre société, d’une autre Haïti.

Les Sœurs de Saint-Joseph-de-Saint-Vallier, qui recevaient l’événement à leur maison-mère, sont présentes dans le nord d’Haïti depuis plus de 50 ans. Sœur Jeanne d’Arc Auclair, supérieure générale, exprimait qu’elles essaient « d’être sensibles et présentes aux causes que soutient également Développement et Paix, qui partage le souci d’une société plus juste et plus humaine. »

Guillaume Baril de la ferme biologique Terra Sativa, Terre de Cultures à Saint-Alban, a livré un témoignage sur son expérience de petit agriculteur. Devant l’absurdité des systèmes de distribution des produits de l’agriculture et les nombreux intermédiaires entre le producteur et le consommateur, lui et ses associés ont décidé d’adhérer au réseau d’agriculture soutenue par la communauté et distribue maintenant des paniers de légumes biologiques.

Ce lien direct entre les agriculteurs et les consommateurs permet aux familles de reprendre contact avec l’agriculture, tout en leur fournissant des produits frais, biologiques et locaux. « Pour plusieurs enfants qui n’ont jamais vu de potager, les légumes poussent à l’épicerie! », racontait M. Baril avec humour.

Ce mode de distribution leur permet aussi de ressentir à nouveau la fierté reliée au métier d’agriculteur, eux qui jadis tenaient une place importante dans les communautés, et qui sont aujourd’hui plus souvent stigmatisés ou considérés comme de « mauvais voisins ». « Les gens nous disent à quel point ils apprécient nos légumes et c’est très valorisant ».

La soirée s’est terminée par une dégustation de produits locaux, dont des légumes et de la tisane de la ferme Terra Sativa, du pain, des fromages, du jus de pomme et une ratatouille maison.