Une nouvelle école pour un nouvel avenir

6 janvier 2011

Les Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, une congrégation religieuse fondée à Montréal par Délia Tétrault en 1902, tâchent d’offrir des services d’éducation aux communautés haïtiennes depuis l’arrivée de la congrégation au pays, en 1943. Aujourd’hui, les religieuses dirigent huit écoles un peu partout au pays, y compris l’Institut Mère Délia, une école primaire et secondaire qui accueille seulement les jeunes filles dans le quartier animé de Delmas, à Port-au-Prince. Quand l’école a ouvert ses portes en 2002, elle accueillait 140 élèves. Aujourd’hui, elle en compte plus de 850.

Quand le tremblement de terre du 12 janvier a frappé, le bâtiment de l’école primaire s’est effondré. Heureusement, les élèves avaient fini leurs classes pour la journée et personne ne se trouvait alors à l’intérieur du bâtiment. 

« Quand l’école s’est effondrée, la chose la plus importante était de localiser les enfants. La première question que nous nous sommes posée était : où sont tous les enfants? » se rappelle sœur Josette Drouinaud, la directrice de l’école. « Le reste n’était que du matériel, qui peut être remplacé. »

Les liens étroits entre la congrégation et les gens de la communauté ont tôt fait d’amener sur les lieux une foule  de parents venus s’assurer que les religieuses avaient survécu et étaient hors de danger. « Ils s’inquiétaient de nous aussi », remarque-t-elle.

Au mois de mars, l’école avait réussi à rouvrir ses portes, partageant des locaux avec l’école secondaire, improvisant des classes en plein air sous les arbres de la cour de récréation et installant par la suite de grandes tentes qui accueillent jusqu’à 70 élèves. 

« Les élèves avaient de la difficulté à rester sous un toit. Nous avons donc fait beaucoup d’activités en plein air avec elles. Nous faisions des promenades ou nous les faisions danser. La danse semblait vraiment les aider à lutter contre leur anxiété », nous confie sœur Josette. 

Manifestement, les jeunes filles trouvent du réconfort à réintégrer leur environnement familier, riant allègrement dans la cour pendant la récréation. Mais les religieuses savent que l’instruction adéquate des élèves exige de vraies salles de classe. C’est pourquoi Développement et Paix les aide à construire un nouvel établissement qui comprendra 20 salles de classe et qui sera conforme aux normes antisismiques.

L’école occupe l’ancien emplacement de la maison-mère des religieuses, également détruite par le séisme. Pour sœur Josette, il importe davantage de consacrer l’espace à la nouvelle école. « Nous tenions à viser plus haut et à saisir l’occasion de répondre aux besoins du quartier. Nous savons que les demandes d’admission augmentent ici. Ce quartier est rempli d’enfants de tous les milieux et les parents veulent donner à leurs enfants une éducation de qualité. Ils veulent avoir la possibilité d’envoyer leurs enfants ici. Nous voulons donc agrandir l’école pour être certaines qu’ils en auront la possibilité », dit-elle.

Le chantier de construction bourdonne d’activité. Les ouvriers jettent déjà les fondements. Mais sans machinerie mécanique, les progrès sont lents. On s’attend à ce que l’école de deux étages soit prête pour la prochaine année scolaire.                           

Mais pour sœur Josette, le simple fait de savoir que l’école est en chantier est le gage d’un avenir meilleur pour le pays. « Nous voulons placer les filles d’abord, parce que l’éducation a tellement d’importance pour elles et pour ce pays, pour son développement. »