Amorcer une nouvelle campagne, un groupe à la fois

31 octobre 2012
par 
Luke Stocking, Directeur adjoint, Programmes au Canada

Développement et Paix s’est toujours voulu un mouvement démocratique à l’écoute de ses membres. En effet, ces derniers sont les témoins vivants de la foi catholique que nous mettons au service du développement international.

Cette année, nos membres nous ont demandé de délaisser temporairement le thème quinquennal de la justice écologique. En effet, ils constatent avec une inquiétude grandissante l’important virage des politiques du Canada en matière de développement international, notamment en ce qui concerne les réductions progressives de la contribution canadienne à la lutte contre la pauvreté mondiale. Ainsi, le Canada figure désormais au 14e rang des 23 pays donateurs de l’OCDE. Ces nouvelles orientations sont le reflet d’une idéologie selon laquelle le meilleur moyen d’aider les populations des pays pauvres est de promouvoir nos intérêts économiques dans ces pays, y compris dans le domaine extractif. Si on se fie à cette approche, la richesse ainsi créée profitera graduellement aux personnes pauvres. Cette théorie est en contradiction avec le travail accompli par Développement et Paix depuis 45 ans. Une grande part de ce travail s’est réalisée en partenariat avec diverses administrations fédérales, menées tant par les conservateurs que par les libéraux. Notre approche positionne les personnes pauvres comme des acteurs, et non des objets, du développement. En cela, notre démarche est aussi idéologique – elle provient de l’Évangile, dont les enseignements prêchent une notion radicale : le point de vue des personnes pauvres est important. C’est pourquoi notre approche nécessite que les voix des personnes les plus marginalisées et les plus opprimées soient celles qui résonnent le plus fort au moment où nous déterminons les politiques d’aide de notre pays. C’est ce que nous, catholiques, appelons l’option préférentielle pour les pauvres.

Cela dit, il n’a pas été facile de choisir la ligne de conduite appropriée pour ce changement dans l’orientation de notre campagne. Quelle est la meilleure façon d’exprimer nos préoccupations pour éviter que ces dernières ne soient rejetées par le gouvernement? Les opinions à ce sujet sont nombreuses.

Notre guide de discussion (disponible dans les ressources de la campagne) invite les gens à se rassembler en petits groupes, pour Voir ce qui se passe, Juger de la situation, en fonction de leur foi, et déterminer, ensemble, la meilleure façon d’Agir. Que ce soit par une lettre à son député, ou par une rencontre avec ce dernier (utilisez l'aide-mémoire disponible dans les ressources de la campagne pour vous préparer), le fait de passer à l’action et d’exprimer ses inquiétudes peut s’avérer très porteur pour un petit groupe de citoyens. Cela demeurera vrai tant et aussi longtemps que nous croirons au potentiel de la démocratie pour amener le changement. En agissant un groupe à la fois (et non chacun seul), nous pourrons confronter et changer les orientations d’une aide internationale qui ne répond pas adéquatement aux besoins de l’humanité.

Sachez qu’au moment où vous lisez ces lignes, de telles rencontres se tiennent déjà partout au pays.

En effet, des catholiques, et d’autres personnes qui partagent leur point de vue, se réunissent actuellement dans des salles paroissiales, des sous-sols d’église, des écoles et des centres communautaires. Avec l’aide de notre équipe d’animation nationale et de membres leaders, ces personnes se rassemblent pour déterminer comment faire entendre leurs voix et dire : « Plus que jamais, agissons pour la justice en développement international ».

Communiquez dès aujourd’hui avec votre animateur local pour en apprendre plus et vous joindre au mouvement!

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