Au Kenya, promouvoir l’hygiène auprès des réfugiés somaliens

Dans Urgences
21 juillet 2014
par 
Khoudia Ndiaye, agente de communications

Dans les situations où l’hygiène est mauvaise et la santé des personnes est précaire, la diarrhée peut devenir une maladie fatale. De fait, c’est la deuxième cause de mortalité des enfants de moins de cinq ans dans le monde. En 2011, lorsque 20 000 réfugiés somaliens fuyant les violences dans leur pays sont soudainement arrivés au camp de réfugiés de Kambioos au Kenya, il n’y avait pas beaucoup de toilettes et les personnes n’étaient pas conscientes du rapport existant entre hygiène et maladie.

Ahmed Hussein est arrivé en tant que réfugié. Il fait maintenant la promotion de l’hygiène au camp. Lorsqu’il est arrivé, les conditions étaient difficiles. « Il n’y avait pas beaucoup de toilettes », explique-t-il. « Les fèces jonchaient le sol et il y avait des ordures un peu partout. Je me rappelle que plusieurs enfants sont morts, alors que les jeunes et les personnes âgées avaient tous la diarrhée. J’en suis même arrivé à croire que la diarrhée faisait simplement partie de la vie des personnes réfugiées. »

Développement et Paix et son partenaire Catholic Relief Services (CRS) se sont employés à garantir la survie des habitants du camp, dans les rudes conditions du désert. Pour freiner la propagation de la maladie dans ce camp, des latrines ont été construites et des réfugiés comme Ahmed, ont été formé à l’hygiène et au lavage des mains. « Les personnes les plus vulnérables telles que les jeunes, les personnes âgées ou encore celles qui n’ont pas mangé depuis cinq jours sont plus facilement en proie aux maladies. Ainsi, beaucoup de personnes attrapent la diarrhée, et certaines en meurent, à moins que l’hygiène dans le camp soit maitrisée » a déclaré Dominique Godbout, chargée des programmes de secours d’urgence à Développement et Paix.

Ce projet d’une durée deux ans a été financé par des organisations membres de la confédération Caritas Internationalis à hauteur de 8,8 millions de dollars et dont Développement et Paix a versé la somme de 250 000$. Il vise principalement à améliorer les conditions sanitaires et l’hygiène du camp et a permis aux personnes du camp de construire des latrines, leur a fourni des ustensiles de nettoyage et les a aidées à comprendre l’importance de l’hygiène pour rester en bonne santé.

L’hygiène a été promue à travers des initiatives telles que la « journée générale de lavage des mains», durant laquelle des jeux de rôles et des spectacles ont été utilisés pour transmettre le message. Des promoteurs d’hygiène ont par ailleurs été formés pour diffuser ce message aux quelques 20 000 habitants du camp. Plus de 3000 latrines domestiques ont été construites et des campagnes de nettoyage se sont tenues chaque mois pour veiller à ce que les ordures ne s’entassent pas. Des douzaines de gestionnaires des déchets solides ont aussi contribué à éviter que le camp ne se transforme en décharge. « Sans cette prise de conscience de la propreté, il y aurait eu beaucoup de morts. Le choléra se serait transformé en épidémie… Mais grâce au travail qui a été fait sur la sensibilisation à l’hygiène, cela ne s’est pas produit » a déclaré Saruro Hussein, un habitant de Kambioos. Durant l’été 2011, une sécheresse dans la Corne de l’Afrique a rendu des millions de personnes vulnérables à la famine.

En réponse à la situation, Développement et Paix a lancé un appel aux dons permettant de recueillir plus de 7 millions $ pour les secours d’urgence. Les dons ont été jumelés par le gouvernement canadien. L’organisme s’est mobilisé afin que les personnes les plus vulnérables puissent avoir accès à l’eau, à la nourriture et aux installations sanitaires.