« Aujourd'hui, mes yeux sont grands ouverts et je vois les différentes possibilités qui s’offrent à moi. »

Dans Urgences
21 juillet 2014
par 
Khoudia Ndiaye, agente de communications

Des centaines de jerricans remplis de lait de chameau sont alignés sur la route principale qui traverse le village Surupa. Un groupe de femmes déchargent les jerricans placés sur le dos de leurs ânes. Quelques minutes plus tard, un bus public s’arrête sur la route pour prendre de nouveaux passagers et tout le monde s’empresse de charger les jerricans sur le toit du véhicule.

Habiba Dida, 49 ans, mère célibataire de sept enfants, fait partie de ce groupe de femmes. Aujourd'hui, elle a chargé 15 jerricans de lait de chameau sur le bus à destination de la ville de Moyale, où elle peut vendre le lait à un meilleur prix. Pour Habiba, il s’agit ici d’une opportunité dont elle ne connaissait pas l’existence auparavant. « Il y a deux ans, je m'occupais de quelques vaches, chèvres et chameaux. Les bénéfices me permettaient tout juste d’acheter un peu de nourriture pour ma famille. Aujourd'hui, mes yeux sont grands ouverts et je vois les différentes possibilités qui s’offrent à moi. », déclare Habiba.

Le Programme conjoint en Éthiopie, mené par Développement et Paix et ses agences sœurs: CAFOD, SCIAF et Trócaire, a commencé à travailler avec trois organisations locales afin de créer de nouveaux moyens de subsistance pour les communautés pastorales.

SOS Sahel, une organisation partenaire qui œuvre dans le village d’Habiba, a aidé les villageoises et villageois à mettre en place une épargne et un crédit coopératif. Les membres de la coopérative ont reçu une formation sur la gestion coopérative, le leadership et l'esprit d'entreprise. Un fonds de démarrage de 60 000 Birr (3 200 $) a été accordé aux coopératives. Lorsque Habiba a joint la coopérative, elle a payé les droits d’inscription fixés à 50 Birr (3$); depuis lors, elle économise 40 Birr par mois (2 $) . L'an dernier, elle a reçu un prêt de 2 000 Birr (109 $) avec lequel elle a pu acheter un jeune taureau pour la somme de 1 400 Birr (76 $) et elle a utilisé le reste de l'argent pour acheter et vendre du lait de chameau. À la fin du mois, elle réalise ainsi un bénéfice de 1500 Birr (82 $) grâce à la vente de cette denrée.

Un an plus tard, elle a vendu son taureau et réalisé un bénéfice de 1 600 Birr (87 $). Avec cet argent, elle a élargi son commerce avec l'achat et la vente de maïs, de sucre et d'huile de cuisson. Habiba est également membre du groupe d’épargne de son village (Iqub). Elle s'attend à réaliser des bénéfices en revendant la chèvre qu’elle a acheté grâce à l’argent qu’elle a épargné et au crédit coopératif qui lui a été accordé.

« Avant, ma vie dépendait essentiellement du maintien et de la vente de quelques animaux; malgré tout, mes biens diminuaient chaque année. Aujourd’hui, j'ai différentes options. J’achète plus d’animaux que je n’en vends et avec mes revenus je parviens à prendre soin de mes enfants. J'ai réussi à envoyer tous mes enfants à l'école», se réjouit Habiba.

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