Un jour de fraternité, un temps de changement

Par Minaz Kerawala, Conseiller en communications et relations publiques

Vatican News met en lumière l’accueil du Pape François et ses rencontres avec les autorités à Kinshasa.

Le 4 février est la Journée internationale de la fraternité humaine. Instituée par une résolution des Nations Unies, cette journée est fortement associée à la vision et au leadership du pape François.

Un document historique

En 2019, le Saint-Père et Son Éminence le cheikh Ahmed El-Tayeb, le grand imam d’Al-Azhar, ont publié le Document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune. Ce document a été conçu comme « un symbole de l’accolade entre Orient et Occident, entre Nord et Sud, et entre tous ceux qui croient que Dieu nous a créés pour nous connaître, pour coopérer entre nous et pour vivre comme des frères qui s’aiment. »

Dans son message d’aujourd’hui, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, salue le document comme « un modèle d’harmonie interconfessionnelle et de solidarité humaine » et nous invite à « nous en inspirer. »

Un suivi approprié

Une fois de plus, en ce jour si significatif, le pape François montre la voie, en nous exhortant que « nous devons nous faire promoteurs d’une culture de paix qui encourage le développement durable, la tolérance, l’inclusion, la compréhension mutuelle et la solidarité. »

L’été dernier, il avait déclaré aux habitants du Soudan du Sud qu’il savait qu’ils étaient « fatigués de la violence et de la pauvreté » et qu’il soutiendrait la réconciliation « en effectuant un pèlerinage œcuménique » avec ses « chers frères, l’archevêque de Canterbury et le modérateur de l’assemblée générale de l’Église d’Écosse ».

Tenant sa parole, le pape se trouve actuellement dans le pays avec le Très Révérend Justin Welby et le Très Révérend Iain Greenshields. Son pèlerinage est le dernier d’une série d’efforts de l’Église en faveur de la paix.

En avril 2019, le Saint-Père avait embrassé les pieds des chefs belligérants du Soudan du Sud et les avait suppliés de coopérer. Par la suite, les évêques catholiques du pays avaient rédigé une lettre ouverte appelant à ce que le processus de paix se concentre sur les besoins de la population.

Pour les sympathisants de Développement et Paix ― Caritas Canada, ce pèlerinage de la paix est particulièrement poignant, étant donné que notre travail dans le pays a commencé avec sa naissance même, en 2011. Au fil des ans, nos partenaires ont fourni des vivres, de l’eau et des articles d’hygiène, un soutien aux subsistances, une formation en résolution de conflits, une formation technique et un soutien aux victimes de la violence basée sur le genre à des dizaines de milliers de personnes au Soudan du Sud.

Un appel claironnant

Encore plus résonnant pour nous est la réprimande cinglante que le pape François a émise il y a quatre jours à peine : « Retirez vos mains de la République démocratique du Congo, retirez vos mains de l’Afrique ! Cessez d’étouffer l’Afrique : elle n’est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser. »

Ces mots s’adressent aux puissances géopolitiques et économiques égarées de notre monde. Ils expriment, avec plus de courage moral et d’autorité que nous ne pourrons jamais le faire, le thème et la pensée qui sont à la base de notre prochaine campagne Solidaires pour la terre en solidarité avec les défenseurs des droits humains et territoriaux.

Un engagement durable

Pour nous, le lieu et le moment du message sont aussi importants que son contenu. À travers ses partenaires, Développement et Paix ― Caritas Canada est présente en RDC depuis les années 1970.

Plus récemment, nos efforts en République démocratique du Congo (RDC) ont inclus un projet sur plusieurs années avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Financé pour un montant de 9 778 000 dollars par Affaires mondiales Canada, cet ambitieux projet a permis de former 10 000 animatrices et animateurs en éducation civique et électorale, d’organiser 900 000 ateliers sur la démocratie, les droits, la citoyenneté et la vie en communauté, et de produire des émissions en langue locale sur les enjeux civiques sur les ondes de 80 stations de radio destinées à un auditoire estimé à 10 millions de personnes.

Actuellement, nous soutenons Caritas Kilwa Kasenga pour un projet de gouvernance inclusive qui autonomise les femmes par l’alphabétisation et la formation aux droits. Le projet est également soutenu par le programme populaire 1% de la Ligue des femmes catholiques du Canada.

Les discussions sont en cours avec le CENCO pour un autre projet axé sur l’inclusion politique des femmes par le biais de diverses activités d’éducation civique visant à démanteler les obstacles éducatifs, culturels et économiques à la participation des femmes.

Ces projets passés, présents et projetés ainsi que l’attention et l’enthousiasme que la visite du pape François a apporté à la RDC, ont tous pris encore plus d’importance à l’approche des élections générales du pays à la fin de l’année 2023.

Un pays peiné mais plein d’espoir

En RDC, beaucoup d’espoir repose sur ces élections car, comme l’a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, dans une interview à Radio France International, « Le pays est en danger d’abord parce que le peuple, le peuple congolais – c’est un peuple – survit, il ne vit pas mais il survit. Il y a un sentiment un peu général comme si le pays, le peuple, est abandonné. » Il a ajouté : « L’Église catholique a perçu ça depuis très longtemps et ne cesse de le dénoncer. »

Quelques-unes de ces personnes « abandonnées » ont eu la parole devant le pape François, qui a entendu les témoignages de plusieurs victimes de violences. Surmontant la violence indicible qui lui a été infligée, une jeune fille de 17 ans, survivante d’un viol, a déclaré : « L’Église reste le seul refuge qui panse nos plaies et console nos cœurs à travers ses multiples services de soutien et de réconfort : les paroisses et les services de la Caritas diocésaine restent nos lieux de recours et de secours. »

Tel est le baume et la flamme que le pape François apporte au pays. Le président de la CENCO, le cardinal Marcel Utembi, a déclaré à Vatican News : « Cette visite ravivera l’espérance du peuple congolais qui attend la restauration de la paix et de la sécurité dans le pays et dans la sous-région. »

Nous vous invitons à suivre cette visite papale historique sur Vatican News et à continuer à soutenir la réalisation de la prière du pape François : « Que l’Afrique soit protagoniste de son destin ! »

Plusieurs organisations souhaitent attirer l’attention du gouvernement canadien sur la situation actuelle au Pérou

Des milliers de personnes venues de partout au Pérou ont afflué dans la capitale, Lima, et occupé les rues. Leurs principales revendications sont la démission de la présidente Dina Boluarte et la formulation d’une nouvelle constitution véritablement démocratique et fondée sur les droits.

Des gaz lacrymogènes, des matraques de la police et quelques balles sont tout ce qu’ils semblent avoir reçu comme réponse à leurs demandes. À ce jour, une cinquantaine de personnes ont perdu la vie et plus de 600 ont été blessées.

Les troubles ont commencé le 7 décembre 2022, lorsque l’ancien président Pedro Castillo a été destitué après avoir tenté de dissoudre le Congrès pour empêcher sa mise en accusation pour corruption. Une semaine plus tard, la présidente Boluarte a imposé l’état d’urgence pour réprimer les protestations de plus en plus répandues dans le pays.

Les alliés et les partenaires de Développement et Paix ― Caritas Canada au Pérou se sont prononcés très rapidement pour condamner fermement la violence et pour inciter toutes les parties à travailler pour une résolution pacifique de la crise, axée sur la population.

Diffusé au niveau international, leur appel a été repris par le Groupe d’orientation politique pour les Amériques (GOPA) et la CIDSE (Coopération internationale pour le développement et la solidarité).

Le GOPA est un réseau d’organisations de la société civile canadienne, dont fait partie Développement et Paix – Caritas Canada, qui œuvrent pour les droits de la personne et la justice sociale et environnementale en Amérique latine et dans les Caraïbes. Le GOPA a rédigé une lettre (traduction française disponible ci-dessous) adressée à l’honorable Mélanie Joly, ministre des Affaires étrangères du Canada, pour exhorter le gouvernement canadien à « accorder la priorité aux droits humains au Pérou », à « défendre la protection du droit à la liberté d’expression » et à « condamner publiquement le recours à la violence de l’État péruvien ».

Parallèlement, la CIDSE, une famille internationale d’organisations catholiques de justice sociale, a également publié une déclaration sur la situation actuelle au Pérou (aussi disponible en espagnol). Elle condamne « l’utilisation excessive et disproportionnée de la force publique contre les manifestants et les journalistes » et exige « la cessation immédiate des violations des droits humains ». En tant que seul membre canadien de la CIDSE, nous avons également envoyé cette déclaration à la ministre Mélanie Joly.

Des gâteaux pour une grande cause

Par le comité Développement et Paix de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine, Nouveau-Brunswick

Pour organiser la vente de gâteaux, Alfred, 13 ans (au centre), a fait appel à plusieurs autres enfants.

L’église Saint-Dunstan de Fredericton, qui fait partie de la paroisse Sainte-Marie-Madeleine du diocèse de Saint-Jean (N.-B.), a été le lieu d’une collecte de fonds très réussie organisée par des enfants le quatrième dimanche de l’Avent.

Alfred, un jeune paroissien de St. Dunstan, âgé de seulement 13 ans, voulait faire quelque chose pour aider les moins fortunés ou les personnes dans le besoin pendant la période de l’Avent. Il raconte : « Au début, je voulais faire un club humanitaire à l’école, mais on m’a dit que je ne pouvais pas. J’ai commencé à y penser davantage après la Toussaint, quand on est allé manger dans une soupe populaire. Je voulais sensibiliser davantage les gens. »

Suivant son inspiration, Alfred et quelques autres enfants qu’il connaissait ont travaillé ensemble pour organiser une vente de pâtisseries après les deux messes du dimanche de l’Avent, le 18 décembre 2022.

De l’inspiration de l’idée à la promotion de la collecte de fonds dans le bulletin paroissial, en passant par des invitations aux enfants à fournir des pâtisseries, la création d’affiches, les annonces lors des messes, la préparation et la cuisson, l’entretien des tables de vente et la collecte des ventes et des dons, tout cela a été l’initiative et le travail d’équipe d’enfants âgés de deux à treize ans !

« J’ai apprécié que tout le monde aide, j’ai aimé voir tout le monde s’impliquer », a déclaré Alfred joyeusement.

De la préparation des pâtisseries et des affiches à l’annonce et à la réalisation de la vente, les enfants ont tout fait.

La paroisse est, à juste titre, très fière d’eux, profondément émue par leur esprit passionné et reconnaissante d’avoir des jeunes aussi formidables et généreux au sein de sa communauté. À Alfred, qui a lancé l’idée, et à tous les beaux enfants qui ont travaillé si dur pour que cela se réalise, le président du comité Développement et Paix de la paroisse, Chris McAloon, a déclaré : « Nous vous exprimons notre gratitude la plus profonde et la plus sincère, et nous vous disons un grand MERCI ! Quels modèles inspirants vous êtes tous ! Nous sommes vraiment bénis de vous avoir tous, et de tous les autres membres de l’équipe qui ont contribué (y compris peut-être un adulte ou deux 😊) à soutenir notre action communautaire de cette manière. »

Développement et Paix ― Caritas Canada a été choisi par les enfants pour recevoir les 1 013 $ recueillis par leur vente de pâtisseries. Les fonds seront remis par l’intermédiaire du diocèse.

M. McAloon a ajouté : « Nous sommes vraiment humbles et honorés que ces enfants tout simplement incroyables et talentueux se soient réunis de cette façon, qu’ils aient travaillé si dur en équipe au cours d’un mois très chargé, et qu’ils aient ensuite choisi Développement et Paix comme bénéficiaire des revenus de la vente de gâteaux. Ces enfants sont un cadeau et une bénédiction extraordinaires ! Nous leur assurons que ces fonds contribueront grandement à aider des personnes dans le besoin, en particulier nos sœurs et frères du Sud. »

Pour Alfred, l’expérience a été très satisfaisante. « J’ai eu l’impression d’avoir vraiment fait quelque chose », a-t-il déclaré, ajoutant : « J’ai aimé faire ça et je voudrais probablement le refaire ! ».

Encore une fois, le comité tient à remercier chaleureusement les enfants qui ont permis la réalisation de cet événement. Merci à Alfred, Harriet, Theo, Joaquin, Daniel, Ellie et Pascale, ainsi qu’à Mary McMahon, l’un de nos membres adultes qui a également donné quelques pâtisseries.

Les gens et la planète avant tout – succès de la campagne

Par Mayalène Lavigne-Martel, Chargée de campagnes

Depuis septembre 2021, nos membres se sont mobilisés afin de mettre Les gens et la planète avant tout. L’objectif de cette campagne : faire en sorte que le Canada adopte une loi sur la diligence raisonnable en matière de droits humains et d’environnement pour les entreprises canadiennes œuvrant à l’étranger.

Pourquoi ? Afin de s’assurer que ces industries ne s’installent pas au sein de communautés contre leur gré en y bafouant de surcroît leurs droits et en détruisant l’environnement. Car trop souvent, dans les pays du Sud, la voix de ces communautés n’est pas entendue. Et lorsque des défenseuses et défenseurs des droits de la personne et de l’environnement osent élever la voix, ils sont souvent menacés, criminalisés, voir même assassinés.

Qu’avons-nous accompli en un an et demi ?

  • Plus de 27 000 personnes ont signé la pétition sur la diligence raisonnable.
  • Nos membres ont rencontré et présenté la campagne et la pétition à 43 personnes députées.
  • Plusieurs personnes députées ont présenté la pétition en 2021 et 2022 à la Chambre des communes, voyez leurs interventions dans cette liste de vidéos.
  • Le 29 mars 2022, deux projets de loi d’initiative parlementaire (projets de loi C-262 et C-263) ont été présentés et déposés à la Chambre des communes. Ces projets sont en attente d’une deuxième lecture et nous espérons qu’après un long processus, ils verront enfin le jour.
  • Grâce au travail de nos partenaires, nous avons contribué à la libération de Víctor Vásquez, un militant des droits de la personne hondurien qui a été injustement incarcéré. Des jeunes touchés par son histoire lui ont envoyé des cartes de Noël.
  • Le printemps dernier, notre partenaire péruvien CEAS a rédigé une lettre ouverte aux délégués du congrès annuel de l’Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs (ACPE). La lettre demandait au Canada d’instaurer une loi de diligence raisonnable en matière de droits de la personne et d’environnement.
  • Nous avons attiré l’attention de la communauté internationale sur le cas de la journaliste hondurienne Sonia Pérez, qui est persécutée pour avoir dit la vérité. Notre directeur général Carl Hétu a écrit à l’ambassadeur du Canada au Honduras à son sujet et nos membres lui ont envoyé des lettres de solidarité.

Bref, des milliers de Canadiennes et de Canadiens ont été sensibilisés face à la nécessité d’adopter une loi sur la diligence raisonnable grâce à l’engagement de nos membres et l’appui de nos partenaires.

Voilà plusieurs années que Développement et Paix ― Caritas Canada souhaite que le Canada prenne plus de responsabilité face à ses activités à l’étranger. Nous avons longtemps milité pour la création d’un mécanisme légal d’ombudsman du secteur extractif au Canada qui aurait le pouvoir de recevoir et analyser les plaintes, et évaluer le respect des normes internationales de responsabilité sociale en termes de main-d’œuvre, d’environnement et de droits de la personne.

Cette campagne Les gens et la planète avant tout sur la diligence raisonnable s’inscrit dans cette lignée. Au cours des prochaines années, nous continuerons d’exercer une pression sur le gouvernement, jusqu’à ce que les populations des pays du Sud touchées par les méfaits des entreprises canadiennes puissent obtenir justice et vivre dans la paix et la dignité. Nous remercions chaleureusement toutes les personnes qui se mobilisent à nos côtés, contribuant à faire entendre la voix des communautés des pays du Sud au sein de la population canadienne. Car il ne faut jamais oublier que nous faisons toutes et tous partie de la même grande famille humaine, que nous partageons une Maison commune qu’il faut commencer à chérir et respecter davantage, et que tout est interrelié. Ensemble, continuons d’agir pour qu’un monde de justice prenne racine.

Voici les moments forts de cette campagne en photo :

Membre Roger Bélisle Montréal
Cliquez pour découvrir les moments forts de la campagne Les gens et la planète avant tout.

Apporter de la joie dans le cœur des familles au Niger

Sakina Ali participe à un atelier de fabrication de savon offert par CADEV Niger pour aider les femmes à accroître leurs revenus. (CADEV Niger)

Caritas Développement Niger (CADEV Niger), l’un des partenaires de Développement et Paix – Caritas Canada, œuvre pour une amélioration des conditions de vie des personnes déplacées, réfugiées et vivant avec un handicap. Il a été fondé par les évêques catholiques du Niger pour harmoniser et améliorer l’efficacité des deux organisations caritatives et de développement qu’il a remplacé, dans l’optique de rendre les bénéficiaires autonomes.

Accompagnement de personnes déplacées et réfugiées

En 2020 et 2021, des inondations consécutives au Niger ont entraîné la perte de vies, de biens, de récoltes et de bétail dans plusieurs régions du pays. CADEV Niger est vite intervenu en fournissant des biens de première nécessité à des familles déplacées.

Cette année, dans le contexte de la crise alimentaire, CADEV Niger fournit, entre autres, une aide agricole à environ 3780 ménages producteurs (26 460 personnes) et des transferts monétaires inconditionnels à 1665 ménages (11 665 personnes), grâce au soutien des donatrices et donateurs de Développement et Paix – Caritas Canada. De plus, en collaboration avec l’organisation Catholic Relief Services (CRS) Niger, notre partenaire Caritas a aidé des victimes des inondations à construire des digues afin de freiner le débordement des eaux dans l’avenir.

CADEV Niger intervient également auprès de personnes qui ont fui le conflit au Mali et qui se sont réfugiées au Niger. Depuis 2012, il leur apporte un soutien constant. L’organisme accompagne plus particulièrement les femmes. Elles sont, par exemple, organisées en plusieurs groupements qui se réunissent une fois par semaine pour faire des activités génératrices de revenus pour leurs familles, telles que la couture. Notre partenaire Caritas a aussi organisé une cotisation hebdomadaire, dont l’objectif est la construction d’un grenier communautaire au profit de toutes et tous.

Accompagnement de personnes vivant avec un handicap

Notre partenaire fournit également une aide aux personnes vivant avec un handicap. Par exemple, depuis le début de la pandémie de COVID-19, les personnes à mobilité réduite ont été sensibilisées sur les conseils essentiels afin de se protéger contre le coronavirus. Ensuite, elles ont été formées sur la fabrication de savon liquide et de parfum afin de gagner leur vie. Cette formation a transformé la vie de Sakina Ali et son mari, qui auparavant n’avaient aucune autre source de revenus pour nourrir leurs trois enfants que la générosité des autres :

Grâce à cette formation de CADEV Niger […] nous avons totalement et définitivement abandonné la mendicité !

Sakina Ali

C’est avec la même joie que les autres bénéficiaires de cette formation vivant avec un handicap témoignent de leur reconnaissance et sont soulagés de pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles en toute dignité.

Votre générosité permet à nos partenaires d’aider des familles comme celles-ci à bâtir leur vie, alors même que la crise alimentaire régionale s’aggrave.

Les Rohingyas ne doivent pas être oubliées ni détournées des priorités

Avec peu d’enseignement formel disponible dans les camps de réfugié.e.s, les jeunes Rohingyas comme Irfan, 10 ans, fan de football, n’ont pas grand-chose à faire de la journée. Les opportunités éducatives et économiques font partie des besoins urgents identifiés dans la déclaration des partenaires internationaux.

En novembre 2022, Caritas Bangladesh a invité 11 organisations du réseau Caritas Internationalis, dont Développement et Paix ― Caritas Canada, à une réunion des partenaires internationaux à Cox’s Bazar, au Bangladesh. Les partenaires ont participé à la revue du programme d’intervention d’urgence de Caritas Bangladesh qui, avec leur soutien, a fourni un large éventail de services aux réfugié.e.s Rohingya depuis leur arrivée de Birmanie (Myanmar) en 2017.

Après avoir visité les camps de réfugié.e.s, évalué les résultats et discuté des priorités, les participant.e.s ont publié une déclaration commune félicitant le gouvernement du Bangladesh et appelant la communauté internationale à maintenir son soutien à la cause et à œuvrer pour la paix en Birmanie afin que les Rohingyas puissent retourner dans leur pays en toute sécurité.

Un bulletin sans frontières

Plus tôt cette année, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du gouvernement du Québec a financé 11 projets internationaux afin d’« améliorer la vie des populations en situation de vulnérabilité, tout en sensibilisant la population québécoise aux enjeux de solidarité internationale. » Ces subventions s’inscrivaient dans le cadre du programme gouvernemental Nouveau Québec sans frontières (NQSF).

Développement et Paix ― Caritas Canada a reçu l’une des deux plus importantes allocations, soit 675 000 $, pour le projet Voix sans frontières pour la défense de la vie et du territoire. Ce projet implique deux partenaires : Fundación Equipo de Reflexión, Investigación y Comunicación – Radio Progreso (ERIC-RP) au Honduras et l’Asociación Campesina de Antioquia (ACA, Association des paysans d’Antioquia) en Colombie.

ERIC-RP forme et soutient des jeunes leaders et un réseau de correspondant.e.s communautaires dans les régions les plus reculées du Honduras. Les 430 personnes formées toucheront quelque 500 000 personnes par le biais de programmes d’intérêt public sur les radios communautaires.

En Colombie, l’ACA facilite le rétablissement de 1 400 jeunes après une période de conflit en les formant à la réalisation de documentaires pour les aider à exprimer et à saisir leurs angoisses et leurs aspirations ainsi que celles de leurs communautés.

Au printemps prochain, des délégué.e.s du Honduras et de la Colombie viendront au Québec pour présenter un documentaire en cours de réalisation et pour contribuer à l’éducation des Québécoises et des Québécois à la solidarité internationale, ce qui est un objectif important du programme NQSF.

En attendant, nous vous invitons à lire la belle édition inaugurale du bulletin du projet qu’ACA a récemment publié.

Le projet Voix sans frontières pour la défense de la vie et du territoire est réalisé avec l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du gouvernement du Québec.

Écoutez le peuple du Pérou !

Par Javier Jahncke, Comisión Episcopal de Acción Social

La police antiémeute a été déployée en réponse à de nombreuses manifestations de rue au Pérou, où l’état d’urgence a été déclaré pour un mois. (Red Muqui)

Le nouveau gouvernement du Pérou a imposé un état d’urgence le 14 décembre 2022, accordant des pouvoirs très étendus à la police et suspendant de nombreux droits civils. Il s’agissait d’une réponse aux manifestations massives et souvent violentes qui ont éclaté après la destitution de l’ancien président Pedro Castillo.

Originaire du mouvement ouvrier, M. Castillo a suscité beaucoup d’espoir dans le milieu progressiste lorsqu’il a battu de justesse la candidate de droite Keiko Fujimori lors des élections de juillet 2021. Cependant, il a rapidement été perçu par beaucoup comme étant embourbé dans la corruption et le despotisme. Il a été destitué par les législateurs le 7 décembre, après avoir tenté de contourner sa propre mise en accusation en dissolvant le Congrès, une manœuvre qualifiée d’autocoup d’État.

M. Castillo a été remplacé par l’ancienne vice-présidente Dina Boluarte. Son refus de convoquer les nouvelles élections que beaucoup réclament a provoqué l’intensification des manifestations. À la fin de la semaine dernière, celles-ci ont entraîné le blocage des frontières et l’évacuation des touristes. Mme Boluarte a depuis annoncé qu’elle allait remplacer le premier ministre et remanier son cabinet.

Par ailleurs, la Conférence épiscopale du Pérou a condamné la violence et plaidé pour un dialogue pacifique (voir déclaration en espagnol). Le coordinateur national pour les droits de l’homme, dont la conférence épiscopale est membre, a également exhorté le président Boluarte à convoquer des élections immédiatement (voir déclaration en espagnol). Alors que les troubles ont déjà fait 20 victimes, le pape François a prié pour la paix au Pérou.

Dans cet éditorial, maître Javier Jahncke réfléchit à ces événements politiques, au schéma dans lequel ils s’inscrivent et à leurs implications plus larges. Il conseille aux responsables de son pays d’écouter le peuple pour changer.

M. Jahncke est avocat spécialisé dans les droits de la personne auprès de la Comisión Episcopal de Acción Social (CEAS, Commission épiscopale d’action sociale), un organisme partenaire de Développement et Paix ― Caritas Canada.


Au cours des quatre derniers mois, j’ai eu l’occasion de voyager longuement dans le nord et le centre du Pérou ainsi qu’en Amazonie, en compagnie de nombreuses communautés et patrouilles paysannes. Nous avons également écouté les analyses des équipes pastorales à travers le pays. J’ai été surpris lorsque, d’abord, au milieu d’une réunion d’organisations sociales, nous avons appris l’« autocoup d’État » de l’ancien président Pedro Castillo, puis sa destitution.

En fait, cet événement m’a rappelé la surprise avec laquelle la classe politique de Lima ainsi qu’une grande partie de la population avaient réagi après l’élection de M. Castillo, surtout après le premier tour.

Pour répondre à de telles surprises, qui se produisent de manière cyclique dans la sphère politique de notre pays, il faut changer notre perspective individualiste de la vie, selon laquelle nous ne recherchons que notre propre bien-être. Cette logique imposée et promue par les médias corporatifs est celle du « je vais de l’avant et rien d’autre ne compte ».

Cette logique ignore ce qui est suggéré par M. Aguedas dans El zorro de arriba y el zorro de abajo1, par M. Alegría dans El mundo es ancho y ajeno2 et par la Commission de la vérité et de la réconciliation dans son rapport3 : qu’il existe deux pays parallèles au Pérou.

Les femmes et les hommes du Pérou ont été systématiquement rejetés, oubliés, déplacés et considérés comme des citoyennes et citoyens de seconde zone.

Les pauvres des campagnes sont simplement traités comme des serviteurs, car ils servent de garde-manger à la ville. De leurs territoires doivent provenir les matières premières pour les projets d’extraction qui maintiennent l’économie du pays. « Ne touchez pas à ma maison et à ma ville, mais faites ce que vous voulez avec les leurs », semblent penser les gens. Et lorsqu’ils défendent leurs territoires, ils sont traités comme des criminels. On les traite d’anti-développement, alors que tout ce qu’ils veulent – en particulier nos communautés autochtones, andines, amazoniennes et côtières ― c’est de maintenir leurs moyens de subsistance, la forêt et les écosystèmes qui captent et génèrent l’eau dans les sources des bassins fluviaux. Elles demandent aussi simplement le respect de leur mode de vie.

D’un côté, on parle de progrès en matière de droits de l’homme, mais de l’autre, les communautés autochtones ne voient que peu d’avancées. Nous considérons leurs territoires comme des marchandises. Nous ne respectons pas leur relation spirituelle et culturelle avec la nature, alors que nous devrions vraiment nous préoccuper de les récupérer pour protéger notre maison commune, comme le pape François nous y invite dans l’encyclique Laudato Si’.

Je le mentionne tout particulièrement parce que l’éphémère gouvernement de Pedro Castillo a montré que des niveaux élevés de racisme, de discrimination et de mépris persistent parmi certains membres de la population péruvienne au style de vie riche en excès qui veulent maintenir leurs privilèges par rapport au grand nombre de personnes qui vivent dans la pauvreté, souvent extrême, ceux que le pape François appelle les « rejetés » de la société.

Nous avons également constaté que la corruption est omniprésente à tous les niveaux. Les anciens présidents Fujimori, Toledo, Humala, Kuczynski et maintenant Castillo ont été jugés ou condamnés pour corruption. L’ancien président García s’est suicidé pour éviter de purger une peine de prison. Cette corruption provient de tous les niveaux. Mais ceux qui ont le pouvoir économique dans le pays, qui sont le pouvoir de facto, qui gèrent le pouvoir politique, vous pouvez constater qu’aucun d’entre eux ne purge de peine. Ils continuent à défendre leurs intérêts en toute impunité, à utiliser leur monopole sur les médias et, comme se vantait un oligarque péruvien, à « placer et destituer les présidents. »

Compte tenu de tout cela, il faut dire que la destitution de Castillo ne résout pas la crise politique, qui est structurelle. En écoutant les gens dans tout le pays et les manifestations sociales qui se multiplient, il est évident que pour l’instant, ce que les médias corporatifs tentent de dissimuler, comme ils l’ont fait du temps de Fujimori, c’est la demande d’élections générales anticipées.

C’est avec inquiétude que j’entends certaines personnes et institutions de la société civile dire que la présidente Dina Boluarte restera au pouvoir jusqu’en 2026, ou que certains ministres sont bons. Si le gouvernement doit continuer à fonctionner parce que le pays doit répondre à ses besoins, on ne peut ignorer qu’il faut changer au plus vite un Congrès qui est la principale cause de la crise politique. C’est un Congrès plein d’intérêts économiques et privés, et très loin de ce dont le pays a besoin. Il est clair qu’il avait déjà conclu un accord avec Mme Boluarte pour prendre la présidence, et que les nominations de nombreux membres du nouveau cabinet font partie d’une négociation politique.

Le président du Congrès José Williams et son conseil d’administration savent que le discrédit dans lequel les tient le peuple, qui dépasse celui de l’ancien président Castillo, ne leur permet pas d’assumer la présidence. C’est une raison de plus pour laquelle, bien qu’il n’y ait aucune perspective actuelle de nouvelle direction, ils ne peuvent pas faire la sourde oreille aux sentiments du peuple péruvien.


  1. Dans son roman de 1971, El zorro de arriba y el zorro de abajo, le romancier, poète et anthropologue péruvien José María Arguedas a critiqué l’impact de la modernisation et de l’urbanisation rapides sur des communautés andines autochtones.
  2. Dans le roman El mundo es ancho y ajeno, publié en 1941, le journaliste et politicien Ciro Alegría Bazán décrit la lutte pour la survie d’une tribu autochtone dans les Andes péruviennes.
  3. En 2003, la Commission Vérité et Réconciliation du Pérou a rapporté que jusqu’à 77 552 personnes avaient été tuées et des centaines de milliers avaient été déplacées par les conflits internes des années 1980 et 1990. Elle a impliqué dans ce bain de sang l’armée, la police et d’autres organismes d’État des gouvernements de l’époque, notamment celui d’Alberto Fujimori.

Un Avent de la force : l’histoire de Noor Fatima

Par Minaz Kerawala, Conseiller en communications et relations publiques

En novembre 2022, Caritas Bangladesh a invité Développement et Paix et d’autres membres de Caritas Internationalis à une réunion des partenaires internationaux pour l’aider à revoir son programme d’intervention d’urgence auprès des réfugié.e.s rohingyas. Les personnes déléguées ont visité les camps de Cox’s Bazar qui abritent la plus grande population de réfugié.e.s au monde. Les histoires de l’Avent de cette année ont été recueillies dans et autour de ces camps.

Noor Fatima (à droite) montre la bonne technique pour attacher solidement les jambes de bambou.

Elle sera, contre la chaleur du jour, l’ombre d’une hutte, un refuge, un abri contre l’orage et la pluie.

Isaïe 4,6

Bien que le bambou ait une résistance à la traction supérieure à celle de l’acier, les structures en bambou mal construites peuvent être fragiles. Leur renforcement est une préoccupation majeure pour les ingénieurs de Caritas Bangladesh qui conçoivent des abris pour les Rohingyas dans le plus grand camp de réfugié.e.s du monde, à Cox’s Bazar.

Des abris résistant aux tempêtes

Le gouvernement du Bangladesh, qui souhaite que le million de réfugié.e.s rohingyas retourne un jour en Birmanie (Myanmar), ne veut pas donner un air de permanence aux camps de réfugié.e.s. Il interdit donc l’utilisation de matériaux de construction durables comme le béton. Les abris doivent donc être construits en bambou et en bâche, qui ne résistent pas très bien aux cyclones qui secouent souvent cette région côtière.

C’est ce qui rend vital le programme d’abris de Caritas Bangladesh. Grâce au financement d’Affaires mondiales Canada (AMC) et aux contributions des personnes donatrices de Développement et Paix ― Caritas Canada, le programme offre une formation et un soutien pour la construction et l’entretien d’abris mieux conçus et plus durables.

« Il est très important que nos spécifications soient parfaitement suivies », déclare Sanzida Rahman, responsable du programme d’abris de Caritas Bangladesh. À titre d’exemple, elle a montré une attache croisée qui maintient fermement un squelette de démonstration en bambou dans un centre de formation aux abris financé par l’AMC. « Les ingénieurs insistent sur ce point car il rend la structure stable », explique Mme Rahman. Malheureusement, dit-elle, la plupart des gens ont l’habitude d’oublier cette étape.

Grâce au financement d’Affaires mondiales Canada (AMC) et aux contributions des personnes donatrices de Développement et Paix ― Caritas Canada, le programme offre une formation et un soutien pour la construction et l’entretien d’abris mieux conçus et plus durables.

Le type de travail qu’elle effectue est généralement réservé aux hommes, mais cela ne perturbe pas Mme Fatima. Elle porte son casque et son gilet de haute visibilité comme des insignes d’honneur.

Ses revenus lui permettent de mieux subvenir aux besoins de ses deux filles. Mais le travail est également devenu une source d’épanouissement.

Maintenir les standards

Heureusement, cet oubli n’est plus un problème tout simplement parce que Noor Fatima ne le tolère pas. « Je m’assure que tout est fait correctement », affirme cette femme rohingya de 25 ans.

Mme Fatima est une travailleuse rémunérée dans le cadre du programme d’amélioration des abris et des quartiers de Caritas Bangladesh. « Je construis des égouts et des murs de soutènement ; j’assemble des entretoises et des contreventements ; je fabrique des garanjas [treillis de ventilation] », dit-elle fièrement. Elle réjouit probablement le cœur des ingénieurs lorsqu’elle ajoute : « Et je veille toujours à ce que les attaches croisées soient faites correctement. »

La garantie de 16 jours de travail par mois est ce qui a attiré Mme Fatima vers ce travail. Ses revenus lui permettent de mieux subvenir aux besoins de ses deux filles. Mais le travail est également devenu une source d’épanouissement. « Les gens sont très heureux et reconnaissants lorsque je construis ou répare leurs abris ou que je les forme à le faire eux-mêmes », dit-elle.

L’œuvre d’une femme forte

Le type de travail qu’elle effectue est généralement réservé aux hommes, mais cela ne perturbe pas Mme Fatima. « Je n’ai aucun mal à faire des travaux, même lourds. Je peux travailler sur les toits, soulever de lourdes charges et utiliser une scie », dit-elle. Elle porte son casque et son gilet de haute visibilité comme des insignes d’honneur.

« J’encourage les autres femmes à s’inscrire. C’est un bon travail pour des femmes fortes », déclare Mme Fatima. En envoyant un joyeux « Dhonyabaad » (merci) aux Canadiennes et Canadiens qui soutiennent son emploi, elle ajoute : « Nous avons besoin de plus de votre générosité, car il y a tellement de choses à faire ici. »

Dans les pays du Sud, les partenaires de Développement et Paix comme Caritas Bangladesh transforment des personnes comme Noor Fatima, qui n’étaient que des bénéficiaires d’aide, en bénéficiaires de la gratitude et de l’estime de leur peuple. Et ils ne peuvent le faire qu’avec votre soutien.

En cette saison de grâce, pensez à faire un don pour que nos partenaires puissent continuer à renforcer les communautés vulnérables.


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Un Avent de l’honneur : l’histoire de Salim Ullah

Par Minaz Kerawala, Conseiller en communications et relations publiques

En novembre 2022, Caritas Bangladesh a invité Développement et Paix et d’autres membres de Caritas Internationalis à une réunion des partenaires internationaux pour l’aider à revoir son programme d’intervention d’urgence auprès des réfugié.e.s rohingyas. Les personnes déléguées ont visité les camps de Cox’s Bazar qui abritent la plus grande population de réfugié.e.s au monde. Les histoires de l’Avent de cette année ont été recueillies dans et autour de ces camps.

Salim Ullah a ressenti l’honneur d’avoir été choisi comme leader par les 91 familles qui vivent dans son quartier, dans un camp de réfugié.e.s rohingyas à Cox’s Bazar, au Bangladesh.

Choisissez, dans chacune de vos tribus, des hommes sages, intelligents et expérimentés, et j’en ferai vos chefs.

Deutéronome 1,13

Salim Ulllah n’était pas riche mais avait une vie confortable. « J’avais un magasin, je travaillais comme électricien et je faisais un peu de pêche aussi », se souvient cet homme de 35 ans avec une touche de fierté. Mais tout cela existait en Birmanie (Myanmar), dans un passé qui semble bien lointain.

En 2017, M. Ullah, comme des centaines de milliers de Rohingyas, a été contraint de quitter sa patrie. Ils fuyaient les persécutions de l’armée birmane, que le Canada a depuis reconnu comme un génocide.

« Je devais m’occuper de mes parents âgés, de mes quatre jeunes filles et de ma femme. Chaque fois que nous atteignions ce que nous pensions être un endroit sûr, l’armée attaquait, et nous devions fuir à nouveau », a déclaré M. Ullah. Puis ils ont atteint la mer, et il n’y avait plus aucun endroit où fuir. « J’ai donné mes dernières économies à un batelier qui m’a amené au Bangladesh. »

Alors que M. Ullah raconte son pénible voyage, Mohammed Shahidul Islam hoche la tête avec tristesse et connaissance. En tant que responsable du programme d’abris de Caritas Bangladesh, il a souvent entendu de telles histoires. « Presque tous les Rohingyas que je connais sont arrivés comme ça, sans rien, » dit-il.

Entrés dans le pays par des routes similaires à celle de M. Ullah, près d’un million de Rohingyas vivent aujourd’hui dans des camps de réfugié.e.s au Bangladesh.

« Presque tous les Rohingyas que je connais sont arrivés comme ça, sans rien, » dit M. Islam.

Développement et Paix ― Caritas Canada soutient depuis le début la réponse de Caritas Bangladesh à la crise des Rohingyas.

« Depuis que Caritas Bangladesh a commencé les travaux de réfection des abris et des sites, les choses se sont beaucoup améliorées. Nous avons maintenant les meilleurs abris et le quartier le plus propre. »

Une réponse robuste

Grâce à un financement régulier d’Affaires mondiales Canada et à la générosité sans faille de Canadiennes et de Canadiens ordinaires, Développement et Paix ― Caritas Canada soutient depuis le début la réponse de Caritas Bangladesh à la crise des Rohingyas.

Soutenu par Développement et Paix et d’autres agences de Caritas Internationalis, le programme d’intervention d’urgence de Caritas Bangladesh, qui en est à sa sixième année, fournit des services d’hébergement, d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, de protection, d’éducation, de réduction des risques de catastrophe et de subsistance dans neuf camps de réfugié.e.s et aux communautés d’accueil dans quatre upazilas (sous-districts). Ses installations comprennent cinq centres polyvalents pour femmes et filles, 11 centres polyvalents pour enfants et adolescent.e.s, trois centres communautaires polyvalents, trois centres d’apprentissage, deux stations d’approvisionnement en eau, un réservoir d’eau et six entrepôts.

Une opération aussi vaste et complexe nécessite l’adhésion de la communauté, mais, comme Caritas Bangladesh l’a rapporté par le passé, les réfugié.e.s n’étaient pas très confiants au départ.

Le Majhi à la rescousse

Très vite, les autorités bangladaises ont compris qu’elles auraient besoin d’alliés au sein de la communauté des personnes réfugiées. Elles ont tiré les leçons d’un précédent afflux de réfugié.e.s rohingyas, moins important, au début des années 1990. À l’époque, les leaders communautaires, connus sous le nom honorifique de Majhi, avaient servi d’importants ponts de communication.

Pour faciliter la gestion des camps, les autorités les ont divisés en blocs, chacun d’entre eux devant avoir son propre Majhi. Et c’est ainsi que M. Ullah est entré en scène.

Le Majhi du bloc de M. Ullah a déménagé dans une autre section du camp, laissant son poste vacant. « Les 91 familles de mon bloc m’ont choisi comme leur Majhi », déclare M. Ullah. « C’était un grand honneur pour moi. »

« Je transmets à mon peuple les informations importantes provenant du responsable du camp et des organisations d’aide », explique M. Ullah. Il transmet également des informations dans l’autre sens. « Si les gens ont un problème, ils viennent me le confier, et je le transmets aux autorités. Tout ce dont ils ont besoin ― nourriture, abri, soins de santé ― je m’assure qu’ils l’obtiennent. Je sais où les gens doivent aller pour que leurs problèmes soient résolus. »

En plus d’être un communicateur et un responsable des ressources, M. Ullah est un gardien de la paix. « Si je remarque qu’un problème se prépare, je rassemble les gens pour en parler », dit-il. Pour aider à résoudre les conflits domestiques, il fait appel à des aînés respectés. « Lorsque des enfants ou des jeunes ont un problème, je les oriente vers les conseillers des centres pour les enfants et les adolescent.e.s. »

Une approche efficace

Au début, le système des Majhi a été critiqué. Certains les considéraient comme des intermédiaires inutiles qui accumulaient du pouvoir et empêchaient la communication directe avec les réfugié.e.s. Mais M. Islam estime que les Majhis comme M. Ullah ont prouvé leur valeur.

M. Ullah, à son tour, est reconnaissant de la différence que Caritas Bangladesh a faite. « Auparavant, les conditions étaient très mauvaises. Les abris étaient délabrés et les sentiers étaient boueux, » se souvient-il. « Mais depuis que Caritas Bangladesh a commencé les travaux de réfection des abris et des sites, les choses se sont beaucoup améliorées. »

Des Majhis comme M. Ullah ont aidé Caritas Bangladesh à atteindre les réfugié.e.s et à comprendre leurs besoins. En conséquence, les consignes de construction des abris sont respectées, les systèmes de drainage sont correctement dessablés, et les escaliers et les ponts sont bien construits et entretenus. M. Ullah déclare : « Nous avons maintenant les meilleurs abris et le quartier le plus propre. Nous ne redoutons plus les moussons. »

M. Ullah affirme que le fait de voir ces améliorations et de contribuer à leur réalisation renforce sa confiance en lui-même et en son peuple.

Jusqu’à leur retour

« J’aimerais retourner dans ma patrie », confie M. Ullah en clignant des yeux pour retenir ses larmes.

Tout le monde s’accorde à dire que le retour sûr et volontaire des réfugié.e.s est l’objectif le plus souhaitable à long terme. Mais, comme l’a dit M. Ullah avec mélancolie, « il n’y a toujours pas de paix là-bas. »

« Pour l’instant, ils doivent vivre ici, et nous devons les soutenir », déclare M. Islam sans détour.

M. Ullah apprécie ce soutien. « Shukriya au peuple canadien », dit-il en toute gratitude. « Si le Canada et d’autres pays travaillent avec les Nations Unies pour ramener la paix au Myanmar, Inch’Allah, j’y retournerai. »

Dans de nombreux endroits troublés du monde, votre solidarité aide les partenaires de Développement et Paix à améliorer un peu la vie de personnes comme Salim Ullah en attendant qu’elles puissent retourner dans leur pays.

En cette saison de bénédiction, pensez à faire un don pour que nos partenaires puissent redonner de l’honneur et du courage aux personnes déplacées et dépossédées.


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