Un Avent de transformation : l’histoire d’Halima

Par Minaz Kerawala, Conseiller en communication et relations publiques

Un troupeau de 15 chèvres, une parcelle agricole commune, un potager et un petit magasin ont aidé Halima Mohamed Arab à assurer une vie digne à sa famille nombreuse.

…lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.

Philippiens 3,21

La Somalie a été ravagée par des années de conflit civil et des conditions météorologiques défavorables. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies rapporte que ces adversités ont poussé 2,9 millions de Somaliens à quitter leur foyer, dont 520 000 ont été déplacés au cours des seuls 10 premiers mois de 2021. En outre, 1,2 million d’enfants somaliens souffrent de malnutrition et 3,5 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.

Sans un revirement quasi miraculeux, Halima Mohamed Arab et sa famille feraient partie de ces sombres statistiques.

De nombreuses bouches à nourrir

Comme beaucoup de personnes dans les zones rurales de Somalie, Halima, 48 ans, vivait de son bétail. Lorsque la sécheresse récurrente a anéanti son troupeau, elle a dû quitter sa maison du village de Yurkud, dans la région de Gedo. Elle et sa famille se sont installées, avec des milliers d’autres personnes, dans le camp de personnes déplacées de Jazira, dans la ville de Luuq.

Avec peu de biens et moins de perspectives, Halima a dû soutenir une famille élargie de 20 personnes, dont son mari, leurs neuf enfants, sa mère malade et malvoyante, et huit autres proches. « Ma famille n’avait aucun revenu et nous avions du mal à répondre à nos besoins essentiels », se souvient Halima. « Nous ne pouvions pas nous permettre de prendre trois repas par jour, et la plupart de mes enfants souffraient de malnutrition. » Elle ne pouvait pas non plus envoyer les enfants à l’école.

De la pauvreté à la prospérité

Le destin d’Halima a changé en 2020, lorsqu’elle a commencé à participer à un projet mené par le Centre de recherche et de développement intégré (CeRID) en partenariat avec Trócaire et avec le soutien de Développement et Paix ― Caritas Canada.

Le CeRID a formé Halima aux techniques de production alimentaire agroécologique et lui a donné accès à des terres agricoles communales et à des intrants agricoles. Elle a également reçu deux chèvres et a rejoint un groupe d’épargne composé de femmes.

La première année, Halima a planté des tomates, des courges, des poivrons verts, des niébés, du sorgho et du maïs. Elle a vendu une grande partie de ses deux récoltes et même une partie de leurs résidus comme fourrage, gagnant ainsi 310 $ US, une somme qui a changé sa vie. Elle a déclaré avoir utilisé cet argent « pour payer les frais de scolarité, acheter des vêtements et de la nourriture, et ouvrir un petit kiosque ».

De plus en plus prospère

La deuxième année, une seule récolte a rapporté à Halima 570 $ US, ce qui lui a permis d’acheter six chèvres supplémentaires. En ajoutant les anciennes bêtes et des nouveaux chevreaux nés au cours de l’année, son troupeau est passé à 15 chèvres. Les enfants d’Halima ont maintenant du lait dans leur alimentation. Elle a également l’intention d’engraisser quatre des chèvres pour une vente en gros plus lucrative.

Halima a également réapprovisionné son kiosque avec des marchandises populaires comme des bonbons, des détergents et des produits alimentaires.

En même temps, Qali, la fille d’Halima, a suivi des cours de commerce agricole et d’entrepreneuriat au centre de formation agricole pour les jeunes du CeRID. Elle aide sa mère à gérer un potager où poussent des tomates, des poivrons et des laitues que la famille utilise régulièrement pour compléter ses petits-déjeuners. Il y en a même assez pour partager souvent avec les voisins.

La jeune Qali déploie également ses nouvelles compétences sur le carré agricole communal d’Halima, en utilisant du fumier et des pesticides organiques pour augmenter les récoltes.

Des vies transformées

Les revenus croissants d’Halima ont considérablement amélioré le sort de sa famille. Un indicateur de l’amélioration de sa situation est qu’Halima a pu dépenser 210 $ US pour le traitement des yeux de sa mère (et ceci dans un pays où le produit intérieur brut par habitant est de 310 $ US). « Grâce à Allah, ma mère n’a plus besoin de quelqu’un pour la guider tout le temps », dit Halima. « Sa vision est aussi bonne que celle de n’importe qui après la chirurgie ».

Votre générosité permet à nos partenaires à travers le monde d’aider des milliers de personnes comme Halima à prendre leur destin en main et à accéder à la santé, à l’éducation, à la nutrition, à la sécurité, à la justice et à la dignité.

Célébrons « un véritable défenseur au ciel »

Par Emily Lukasik, animatrice pour le sud-ouest de l’Ontario

Nous nous joignons au diocèse de London dans la peine et la prière, suite au décès soudain, ce lundi 15 novembre 2021, du Père Matthew George, un prêtre bien-aimé et un ardent défenseur de la mission de Développement et Paix — Caritas Canada.

Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul.

Matthieu 24,36

Tel était l’Évangile de ce dernier dimanche, annonçant de manière prophétique que ce serait la dernière messe dominicale du père Matt, avant le tragique accident qui lui a coûté la vie le lendemain. C’était aussi la cinquième Journée mondiale des pauvres. Pour celles et ceux qui connaissaient le Père Matt et son engagement pour la justice sociale, cette coïncidence relevait de l’Esprit-Saint.

Mardi soir, c’est avec le cœur lourd que les membres du conseil diocésain de Développement et Paix du diocèse de London se sont réunis pour leur rencontre mensuelle.

Kim Frias, la coprésidente du conseil, une bonne amie du regretté Père Matt, a ouvert la rencontre avec une magnifique prière du théologien néerlandais Henri Nouwen qui cite Jésus « C’est pour votre bien que je dois vous quitter, parce que si je reste mon Esprit ne pourra revenir. » Et elle conclut ainsi : « Maintenant nous avons un véritable défenseur au ciel. »

Afin d’alléger sa peine, le groupe a partagé quelques bons souvenirs du Père Matt.

On se souviendra affectueusement du Père Matthew George pour son charisme, sa passion, sa générosité et son empathie (mais pas pour son talent à cuisiner le chili).

« J’ai toujours admiré le Père Matt parce qu’il était vraiment en solidarité avec nous », commente Bonnie Drago, en rappelant sa passion pour les pauvres et son approche empathique à l’accompagnement pastoral. « Il était vraiment au milieu des gens. »

« Nous sommes bénis de l’avoir si bien connu », ajoute Mme Frias, son visage s’illuminant en décrivant le « don d’hospitalité » de Père Matt, qui arrivait souvent avec « un grand sac d’épicerie » et « plusieurs sortes de viandes ». Elle riait en racontant encore le légendaire concours de chili de l’église où le Père avait charmé les juges avec son interprétation de Ring of Fire à la guitare, pour confesser ensuite qu’il avait acheté son chili au Wendy’s !

Erma Weernink, l’autre coprésidente du conseil diocésain ajoutait : « Il m’a donné ma voix », appréciant ainsi l’ardent défenseur de Développement et Paix qu’était le Père Matt. « Quand il est venu à Zurich [Ontario], il a présenté Développement et Paix à une église qui était plutôt réticente; mais cela n’avait pas d’importance. Il avait tellement de charisme et d’honnêteté que les gens écoutaient… Il était capable d’enclencher le changement ». Elle ajoute que le Père Matt était membre du comité de justice sociale de la paroisse et qu’il avait même rejoint le conseil diocésain pendant un certain temps.

Les membres se sont aussi rappelé la générosité du Père Matt, comme lorsqu’il confectionnait un cadeau de baptême au crochet pendant une rencontre du conseil diocésain, ou lorsqu’il avait loué un château gonflable pour la retraite d’une école secondaire.

Le Père Matt a connu une véritable notoriété nationale dans la communauté de Développement et Paix lorsqu’il a créé sa page de collecte de fonds Buns of Solidarity (en anglais), lors du carême de partage de l’an dernier. Il a recueilli plus de 3 800 $ en faisant 100 squats par jour pendant 28 jours. Il savait clairement comment mettre sa foi en action !

Comme le père Matt était un pilier de la communauté, son décès a été couvert par les médias locaux (en anglais).

Au cours de son homélie du dimanche dernier, le Père Matt a parlé de la campagne d’automne de Développement et Paix, un lien cohérent avec la Journée mondiale des pauvres. Il a demandé : « Voyez-vous ce monde comme un monde désordonné, chaotique…? Que choisissons-nous de voir ? Est-ce que nous nous disons “C’est ainsi que le monde fonctionne ?” Ou voyons-nous plutôt que Dieu nous interpelle, au milieu de ce tumulte, au milieu de ce désastre, pour proclamer l’arrivée du Fils de l’homme, le jour du Seigneur? Cela vient avec la justice. »

Mme Frias, la coprésidente, a conclu ainsi la rencontre du conseil diocésain : « Puisse-t-il veiller sur nous, nous défendre, intercéder en notre faveur, parce que nous n’y arriverons pas seuls ». Le groupe a répondu avec un « Amen ! » fervent.


Note de l’éditeur : Avant que le destin ne transforme cet article en notice nécrologique, il était prévu de le publier d’ici quelques semaines dans notre série Supporteurs vedettes. Le Père Matthew George continuera certainement d’inspirer les supporteurs de Développement et Paix.

Éducation : investir pour un avenir meilleur en Afghanistan

Par Minaz Kerawala, conseiller en communications et relations publiques

L’éducation communautaire se fait dans des endroits discrets du quartier où vivent les enfants, souvent au domicile des enseignant∙e∙s

« L’ignorance est la prison de Dieu; la connaissance est son palais », comme l’a écrit le vénéré Mawlana Rumi, poète mystique persan du Moyen-Âge.

C’est en Afghanistan, où Rumi est né, que Développement et Paix — Caritas Canada contribue à ce que les enfants passent de l’ignorance à la connaissance, grâce à un projet d’éducation qui répond à des besoins urgents.

Défis et opportunités

Malgré deux décennies de progrès, l’éducation en Afghanistan, particulièrement celle des filles, risque de présenter d’importants reculs après la prise de pouvoir des talibans en août 2021. Les enjeux de sécurité ont forcé de nombreuses organisations d’aide, dont certains de nos partenaires, à réduire leurs activités, particulièrement celles qui visaient les femmes et les filles. Et cela alors que moins du tiers des adultes et seulement 17 % des filles sont alphabétisés1, et que plus de 43 % des enfants d’âge scolaire ne fréquentent pas l’école2.

Pourtant, tout n’est pas sombre.

Une fois qu’ils sont inscrits à l’école, les enfants afghans y restent : 85 % des enfants inscrits au primaire le terminent, et plus de 92 % des élèves inscrits au secondaire en complètent tous les niveaux3. Investir en éducation en Afghanistan est donc aussi efficace qu’essentiel.

Amener l’école aux enfants

Dans une province largement rurale d’Afghanistan, de nombreux enfants, particulièrement des filles, ne vont pas à l’école simplement parce que l’école la plus proche peut se trouver à plus de 20 kilomètres. C’est pourquoi Développement et Paix s’associe à Catholic Relief Services (CRS) dans un projet d’écoles communautaires pour amener l’enseignement dans ces communautés éloignées.

Ce projet, d’une durée de trois ans, permettra à 180 élèves (92 filles et 88 garçons), présentement en première, deuxième et troisième année, de continuer jusqu’à la sixième année. CRS soutenait déjà ces élèves par des ressources d’apprentissage à distance lorsque les écoles étaient fermées à cause de la pandémie de COVID-19.

Afin que l’éducation soit livrée de façon sécuritaire et accessible aux enfants, CRS réalise ce projet dans des communautés où il bénéficie de l’acceptation et d’un vaste soutien des populations, s’assure que les classes sont situées à proximité des enfants et dans des locaux discrets, souvent dans les maisons des enseignants, et qu’elles offrent le programme scolaire exigé par le gouvernement.

Afin d’assurer la pérennité du projet, CRS travaillera aussi avec les écoles de l’État, avec les shura (les comités) de gestion scolaires, et avec les représentants de l’État afin de renforcer les capacités, et éventuellement d’arriver à intégrer les élèves dans les écoles publiques.

Le programme scolaire exigé par le gouvernement est enseigné d’une manière captivante et adaptée aux enfants.

Poursuivre notre engagement, avec un partenaire compétent

Ce projet d’éducation au cœur des communautés permet de poursuivre l’engagement de Développement et Paix en Afghanistan – qui avait débuté par de l’aide d’urgence en 2002, et s’était transformé en un programme plus vaste, et à plus long terme, de renforcement des capacités des femmes.

Nous avons une relation de longue date avec CRS qui, grâce à de longues années de travail judicieux et diplomatique dans des régions d’Afghanistan contrôlées par différentes factions rivales, est très bien équipé pour faire face aux défis posés par les nouvelles réalités de ce pays.

Réalisé en partenariat avec CRS, qui est l’une des quelques rares organisations qui peuvent encore travailler efficacement dans cet Afghanistan sous contrôle des talibans, ce projet est un moyen pour Développement et Paix de continuer à servir et à investir dans l’avenir du peuple afghan.

L’éducation est un déterminant particulièrement important dans la trajectoire de vie des filles afghanes. Les filles qui restent à l’école ne sont pas mariées aussi jeunes, et on estime qu’elles canalisent de nombreuses avancées socioéconomiques à long terme pour leurs familles et leurs communautés.

C’est pourquoi Développement et Paix finance environ la moitié du coût total de ce projet. Même si cet investissement est déjà significatif, nous avons besoin d’encore plus de fonds pour pouvoir élargir ce projet et augmenter son impact. Votre générosité permet de soutenir et d’élargir notre action, et d’offrir un avenir meilleur à plus d’enfants afghans, particulièrement des filles.

pour nous aider à répandre la lumière de l’éducation auprès de plus nombreux enfants en Afghanistan.


  1. Institut de statistique de l’UNESCO. (2021). Taux d’alphabétisme. Afghanistan : Éducation et alphabétisme. Consulté le 11 novembre 2021 à http://uis.unesco.org/fr/country/af.
  2. Ministère de l’Éducation, République islamique d’Afghanistan, Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), & Hall, S. (2018). All in School and Learning: Global Initiative on Out-Of-School Children – Afghanistan Country Study. https://www.unicef.org/afghanistan/media/2471/file/afg-report-oocs2018.pdf%20.pdf.
  3. Ibid.

Transformer les déchets en dons pour notre cause

Par Dean Dettloff, Animateur pour le Centre de l’Ontario

Cet article est le premier d’une série d’articles récurrents intitulés Supporteurs vedettes qui célèbreront l’engagement et la créativité de personnes et d’organisations qui récoltent des fonds pour Développement et Paix — Caritas Canada de manière inspirante.
Dorothy Carroll collecte, remet à neuf et vend des meubles et des objets ménagers mis au rebut afin de récolter des fonds pour Développement et Paix.

« J’ai vu tellement de choses laissées sur le bord de la route, et je me suis dit que ce serait terriblement dommage si elles finissaient au dépotoir », a déclaré Dorothy Carroll, membre de Développement et Paix depuis environ 1987. Mme Carroll, qui réside dans le diocèse de Peterborough, en Ontario, et qui se décrit elle-même comme une « bricoleuse de longue date », a eu une idée : pourquoi ne pas ramasser ces objets, les restaurer et les vendre dans des ventes de garage?

« Si nous pensons au changement climatique et à la nécessité de réduire le volume de nos décharges, nous devrions recycler et réutiliser ; et j’ai toujours aimé réparer les vieilles choses et les rendre plus belles », a déclaré Mme Carroll. Elle a décidé de mettre en œuvre son idée de ventes de garage et de verser les revenus des ventes à Développement et Paix.

Mme Carroll se rappelle avoir été émue en voyant la pauvreté de près lors de ses voyages au Pérou et en Inde avec sa sœur. À son retour au Canada, elle a lu un article sur Développement et Paix dans un bulletin. « Il semblait logique d’aider les plus pauvres des pauvres. Je savais que je devais faire quelque chose. »

Ce « quelque chose » a pris la forme de quatre ventes de garage cette année, grâce auxquelles Mme Carroll estime avoir recueilli plus de 2 000 $ pour Développement et Paix !

À ce jour, Mme Carroll a acquis une certaine réputation dans sa communauté. « Les gens ont fini par me surnommer ‘la dame aux chaises’ », dit-elle en riant.

Au cours de l’été, un monsieur a appris d’un ami commun que Mme Carroll restaurait des chaises usagées. Il était en route pour la décharge avec un ensemble de six chaises provinciales françaises. « Elles étaient pour la plupart sales et avaient besoin d’être rembourrées », raconte Mme Carroll. Elle a été horrifiée d’apprendre que la femme du monsieur lui suggérait de hacher et de brûler les chaises. Elle s’est dit, « Oh, au nom du ciel, non! »

Apprenant que Mme Carroll avait pris les chaises condamnées, la femme est venue au vide-grenier pour voir ce qu’elles étaient devenues. Mme Carroll a dû lui dire : « Je suis désolée, elles ont été vendues d’emblée ! » Mme Carroll a ajouté : « J’ai obtenu 25 dollars pour chaque chaise. »

En réutilisant simplement ce que certains considèrent comme des déchets, Mme Carroll met les gens et la planète avant tout, conserve des biens en circulation et génère des fonds pour nos partenaires dans le monde entier. Et elle compte bien continuer.

« J’en ai déjà beaucoup empilé pour l’année prochaine », a-t-elle rapporté. « Je continue à trouver des trésors, et je les ramène chez moi. »

Faire passer le mot… à la télévision

Par Nicolas Kalgora, Animateur au Nouveau-Brunswick

Le documentaire comprend des entrevues avec (dans le sens horaire, en partant du coin supérieur gauche) Mgr Valéry Vienneau, archevêque de Moncton, les membres du conseil diocésain de Moncton, Sr. Auréa Cormier, Dianne Léger, Bertrand LeBlanc et Camilla Vautour, ainsi que Nicolas Kalgora, animateur local.

Depuis le 11 octobre dernier, un documentaire sur Développement et Paix — Caritas Canada est diffusé par la télévision communautaire Rogers au Nouveau-Brunswick. Il s’agit d’une initiative des membres de notre organisation dans le diocèse de Moncton.

Le documentaire est le fruit d’une idée née durant la campagne de Carême 2021, Partageons l’amour. À la fin de l’atelier de formation pour cette campagne regroupant les conseils diocésains de Bathurst, Edmundston et Moncton, un espace avait été réservé aux participants pour trouver des idées de collecte de fonds. Étant donné le contexte amené par la pandémie de COVID-19, marqué par de l’incertitude quant à l’ouverture des églises pour le 5e dimanche du Carême (Dimanche de la Solidarité), où les paroissien·ne·s font généralement leurs dons, il fallait trouver des idées novatrices. Les membres émettaient des propositions dont certaines avaient pour but de penser au-delà des paroisses.

Mgr Valéry Vienneau, archevêque de Moncton, qui était présent à l’atelier (de même que Mgr Daniel Jodoin, évêque de Bathurst et Mgr Claude Champagne, évêque d’Edmundston) a alors proposé de contacter les médias, suggérant même de s’impliquer personnellement au besoin. Par la suite, Sr Auréa Cormier, membre de Développement et Paix à Moncton, a pris contact avec un producteur de la télévision Rogers. L’aventure a donc débuté!

Un comité soutenu par moi-même, en ma qualité d’animateur régional de Développement et Paix, a été formé pour réaliser le projet. Les sujets à aborder et les personnes à interviewer ont été identifiés, et le travail a commencé! Le Carême étant passé avant la fin du projet, il a été décidé d’en faire un documentaire qui irait au-delà d’une seule campagne et qui donnerait la chance à des personnes qui ne connaissent pas Développement et Paix de découvrir cette belle organisation.

Voici ce qu’en disent des membres qui ont participé au projet :

« Très belle réussite pour le conseil diocésain! La dimension internationale du mouvement a été accentuée, ce qui est excellent. Nous devons beaucoup de gratitude à Joël Landry et à la TV Rogers qui nous a fait cette belle présentation gratuitement. »
— Sr. Auréa Cormier

« Pour moi ça a été très facile car tout était organisé. Joël était très professionnel et très attentif aux détails. J’ai beaucoup aimé l’expérience et j’aime beaucoup le résultat final. J’ai déjà reçu quelques commentaires de personnes qui l’ont beaucoup aimé et ont appris des choses. Merci pour ce beau projet. »
— Dianne Léger

« Cette émission est très intéressante et vraiment bien réalisée. Elle explique bien ce qu’est Développement et Paix, sa mission, son travail d’éducation, le travail de nos partenaires dans les pays du Sud ainsi que les secours d’urgence. C’est intéressant d’avoir impliqué plusieurs bénévoles qui sont engagés dans l’organisme et qui expliquent bien ce que des membres peuvent faire comme engagement et action. »
— Ghislaine Clavet

« Chacun·e a pris une responsabilité et s’est préparé comme il pouvait. Notre animateur, Nicolas Kalgora, a pris celle de coordonner la mise ensemble avec le producteur de TV Rogers, Joël Landry. Ce fut un travail d’équipe. Félicitation et merci à notre animateur pour son travail. »
— Bertrand LeBlanc

Bravo à vous, membres de Développement et Paix à Moncton et au Nouveau-Brunswick!

Visionner le documentaire ci-dessous.

Éduquer à la solidarité

Par Dean Dettloff, Animateur pour le Centre de l’Ontario

Le Programme scolaire de Développement et Paix a été introduit dans 23 écoles catholiques de l’Ontario.

En 2020, Développement et Paix — Caritas Canada a piloté un nouveau Programme scolaire (disponible en anglais seulement) en Ontario, conçu pour encourager les élèves à incarner leur foi par la solidarité. Les écoles participantes ont obtenu des badges en relevant des défis de justice sociale allant de l’inversion de cartes du monde à la plantation d’arbres. Un an plus tard, le programme s’est non seulement avéré efficace et prêt à être déployé à plus grande échelle, mais il a également donné lieu à des innovations surprenantes de la part des élèves, allant au-delà de ce que le programme avait envisagé.

À l’école secondaire catholique Bishop P. F. Reding de Milton, en Ontario, par exemple, les élèves ont réinventé le badge « Dress Down, Speak Up ». La trousse du programme suggérait d’organiser une journée sans uniforme et de communiquer avec les fabricants d’uniformes pour demander des renseignements sur leur chaîne de main-d’œuvre et d’approvisionnement. Les élèves de l’école Bishop Reding sont allés un peu plus loin en portant leur chemise à l’envers et de l’arrière vers l’avant, afin de rendre l’étiquette visible et de montrer où le vêtement avait été fabriqué.

« Notre club a eu l’occasion de mener une initiative par nous-mêmes, en mettant en œuvre nos propres idées tout en utilisant les bases que le Programme scolaire avait fournies », a déclaré Nicolas Fortun, un étudiant du club Développement et Paix à Bishop Reding. « Nous en avons appris davantage sur l’oppression que subissent les travailleurs, sur le fait d’être sous-payés et sous-estimés, et nous avons pu participer à la lutte pour une bonne cause en organisant une collecte de fonds et en sensibilisant les gens dans notre école. »

Pour gagner des insignes, les écoles devaient réaliser des activités et des défis amusants liés à diverses questions d’environnement ou de justice sociale.

Accompagnés d’animateurs, les élèves se sont joints à des gens de tous âges à travers le Canada, unis par notre travail et par la campagne Se rétablir ensemble, qui soulignait l’impact social de la COVID-19. Le Programme scolaire a ainsi amené dans la communauté de Développement et Paix une nouvelle génération qui apprend à faire une différence tout en ayant du plaisir !

Écoutons ce que dit Karisa Sol-Edeigba, une élève de 11e année à Bishop Reding : « Je me suis tellement amusée au sein de D&P l’année dernière ! Je suis ravie que D&P ait mis tant de ressources à la disposition des membres, en particulier les campagnes qui nous ont donné l’occasion de nous informer sur les événements actuels. Ce que j’ai appris sur la justice sociale, c’est qu’elle est nécessaire au niveau local, en particulier dans nos communautés. Les réunions de D&P sont non seulement éducatives mais aussi très amusantes ! Le fait de pouvoir apprendre des personnes concernées et de celles qui apportent un réel changement est très inspirant. »

Les enseignant·e·s et les aumônier·ère·s ont également donné vie au programme, en veillant à ce que les élèves disposent de l’espace nécessaire pour développer leurs capacités de leadership et leur confiance. Dans un monde où les problèmes abondent, l’approche éducative de Développement et Paix aide les élèves à connaître les causes profondes de l’injustice et à donner un sens à ce qui peut sembler être un monde extrêmement injuste.

« D&P est axé sur l’encouragement au changement. Ils m’ont sensibilisée à l’origine de la pauvreté dans le monde », a déclaré Inaaya Ahmed, élève de 10e année à Bishop Reding. « Qu’il s’agisse de participer à des collectes de fonds ou de devenir leader du club scolaire de D&P, Développement et Paix m’a offert des possibilités sans pareilles. J’ai hâte de participer encore une fois cette année ! »

Bishop Reding n’a pas été la seule école à adopter la mission de Développement et Paix.

Sayla Rodrigues, une leader du club Développement et Paix de l’école secondaire catholique St. Ignatius of Loyola à Oakville, en Ontario, a déclaré : « Mon badge préféré à obtenir était celui de » Leçon apprise « . » Ce badge est obtenu en réalisant une activité tirée d’une vaste base de données. À Loyola, les élèves ont créé des affiches et un plan de cours pour sensibiliser les gens aux effets des déchets plastiques des bouteilles d’eau.

« Notre plan de cours consistait à faire la différence entre l’eau potable et l’eau non potable, et à montrer que l’accès à l’eau potable est une crise croissante dans des pays comme l’Ouganda et l’Éthiopie », explique Sayla. « Notre club a vraiment eu un impact significatif avec cette initiative. »

Avec assez de substance pour démarrer, mais aussi assez d’espace pour expérimenter, le programme donne aux élèves l’occasion de penser de manière créative en s’engageant dans notre monde au niveau local et mondial. Malgré les défis posés par la pandémie, 23 écoles ont participé au projet pilote de l’année dernière. Maintenant que le programme bat son plein, 59 écoles se sont inscrites cette année et d’autres se joignent à elles à mesure que se répand la nouvelle de ce que le programme peut apporter aux élèves.

Dans un document final pour le Synode sur les jeunes de 2018, les évêques ont écrit que même si certains jeunes sont indifférents aux questions sociales, « il y en a beaucoup d’autres qui sont disponibles pour des initiatives de volontariat, de citoyenneté active et de solidarité sociale : il est important de les accompagner et de les encourager pour faire émerger leurs talents, leurs compétences et leur créativité et pour inciter à la prise de responsabilité de leur part. »

C’est exactement ce que fait notre Programme scolaire !

Inscrivez-vous pour devenir une école Développement et Paix ici (disponible en anglais seulement).

Sécurité, dignité et autodétermination : l’autonomisation des femmes réfugiées rohingyas au Bangladesh

Par Dominique Godbout, chargée de programme – aide humanitaire

Les femmes sont impliquées de près dans la détermination des priorités de conception des abris dans les camps de réfugiés rohingyas.

Cela fait maintenant quatre ans que l’afflux massif de réfugiés rohingyas du Myanmar vers le Bangladesh a commencé. Quatre ans que Caritas Bangladesh, par le biais de son programme d’intervention d’urgence, travaille sans relâche pour répondre aux besoins critiques des femmes, filles, garçons et hommes rohingyas qui vivent dans les camps de réfugiés à Cox’s Bazar.

Également, depuis 2017, grâce au soutien de milliers de Canadiens et d’Affaires mondiales Canada, Développement et Paix — Caritas Canada aide Caritas Bangladesh à fournir des abris dignes et sûrs aux familles dans des camps encombrés et exposés aux catastrophes.

La politique d’aide internationale féministe du Canada a motivé notre engagement à faire en sorte que les abris répondent aux besoins spécifiques de ceux qui y passent le plus de temps : les femmes, les adolescentes et les autres groupes vulnérables. Cela signifie que les abris doivent être fabriqués avec des matériaux durables, être bien ventilés, disposer d’espaces sécurisés pour cuisiner et se laver, de cloisons pour une meilleure intimité et de serrures pour la sécurité.

L’approche de Caritas Bangladesh en matière de réhabilitation et de construction d’abris, sensible à la dimension de genre et dirigée par la communauté, a eu des effets significatifs sur la communauté, en particulier pour les femmes, les filles et les groupes vulnérables. Les femmes participantes ont acquis la confiance nécessaire pour exprimer leurs besoins et participer aux décisions concernant l’amélioration de leurs abris. Elles ont également acquis des compétences, des connaissances et de l’autonomie en matière de réhabilitation/construction de logements. L’utilisation de ces nouvelles compétences et capacités a également permis de renforcer la cohésion et la fierté de la communauté. Les femmes ressentent également un plus grand sentiment de sécurité et de confiance dans la capacité de leurs abris à résister aux récurrences de phénomènes météorologiques extrêmes.

Caritas Bangladesh aide les femmes Rohingya à acquérir des compétences en matière de planification, de construction et d’entretien des abris.

Au cours de l’année écoulée, les incendies, les inondations, les cyclones et la pandémie de COVID-19 ont créé plusieurs embuches dans la mise en œuvre de la réponse humanitaire. Cela a eu des répercussions négatives sur la sécurité et le bien-être des réfugiés, surtout pour les ménages les plus vulnérables. Malgré ces difficultés, Développement et Paix reste déterminé à soutenir les efforts continus de Caritas Bangladesh pour assurer la dignité des Rohingyas et pour améliorer leur avenir.