En deuil d’une tragédie à Marioupol

Une attaque d’un char russe contre ce centre Caritas à Marioupol, en Ukraine, a coûté la vie à sept personnes. (Caritas Marioupol)

Alors que Marioupol, en Ukraine, commence à peine à devenir accessible, une nouvelle déroutante est tombée hier au sujet d’une attaque dévastatrice dans la ville le 15 mars 2022 contre le centre Caritas. Sept personnes, dont deux membres du personnel, auraient perdu la vie, et le bâtiment aurait subi des dommages importants.

En condamnant fermement cette dernière atrocité, Carl Hétu, directeur général de Développement et Paix – Caritas Canada, déclare : « Nous sommes unis dans la douleur avec toute la famille Caritas. Notre chagrin et notre indignation ne font que renforcer notre conviction en faveur de la paix et redoubler notre solidarité avec le peuple ukrainien. »

Développement et Paix se joint au Cardinal Luis Antonio Gokim Tagle, président de Caritas Internationalis, dans son appel à la communauté internationale pour « mettre fin à cette violence », exprimé dans l’entretien suivant avec Alessandro Gisotti de Vatican News :


« Cette nouvelle dramatique laisse la famille Caritas horrifiée et choquée. Nous nous associons à la douleur et à la solidarité avec la souffrance des familles et de nos collègues de Caritas Ukraine qui vivent cette tragédie ». C’est par ces mots que le Secrétaire général de Caritas Internationalis, Aloysius John, a exprimé ses condoléances pour la mort de deux travailleurs de Caritas Ukraine à Marioupol. Selon les sources locales de Caritas, le 15 mars dernier, un char russe a tiré des coups de feu sur le centre Caritas de Marioupol, tuant deux employés et cinq membres de leurs familles qui s’étaient réfugiés dans le bâtiment. La nouvelle a été communiqué lundi 11 avril. « Nous avons besoin de votre solidarité et de vos prières pour les familles des victimes », a déclaré quant à elle la présidente de Caritas Ukraine, Tetiana Stawnychy. Le cardinal Luis Antonio Tagle, président de Caritas Internationalis, souligne au micro de Radio Vatican la valeur du témoignage de ceux qui aident le peuple ukrainien au péril de leur vie.

Le centre Caritas de Marioupol a été détruit. Au moins sept personnes sont mortes, dont deux femmes membres du personnel. Quels sont vos sentiments à l’égard de cette tragique nouvelle ?

Je ressens une profonde tristesse et un choc à l’annonce de l’attaque qui a entraîné la perte de vies humaines. Caritas Internationalis exprime sa plus profonde sympathie et sa proximité aux familles de ceux qui ont perdu la vie et de ceux qui ont été blessés. Notre tristesse se transforme en un appel à la communauté internationale pour qu’elle mette tout en œuvre afin de mettre fin à cette violence, de renouer le dialogue et de reconnaître chaque personne comme un frère et une sœur.

Qu’avez-vous envie de dire aux femmes et aux hommes qui, chaque jour, au risque de leur vie, font de leur mieux pour aider le peuple ukrainien ?

Aux femmes et aux hommes qui risquent leur vie, nous adressons un mot de sincère gratitude. Vous faites une action sainte, une œuvre sainte ! Pour chaque bonne action accomplie de manière désintéressée, vous semez des graines de vérité, de justice, d’amour et de paix qui changeront le monde. Dieu veillera à ce que vos efforts ne soient pas vains. Vos efforts porteront leurs fruits.

Que pouvons-nous faire pour honorer le sacrifice de ces travailleurs humanitaires de Caritas et de toutes les victimes de cette terrible guerre ?

Nous honorons le sacrifice des travailleurs humanitaires en priant pour eux et pour leurs familles. Nous croyons que Dieu entend le cri des pauvres et des justes. Nous leur rendons hommage en affirmant la valeur du service rendu par les organisations humanitaires, qui doit être respecté. Nous les honorons en priant Dieu et en appelant les personnes de bonne volonté à penser et à travailler pour la paix.

Un au revoir n’est jamais un adieu…

Par Serge Langlois, Directeur général

Au fil des dernières années, les défis ont été nombreux, notamment en gouvernance, en relations interorganisationnelles, en financement, en relations syndicales et en positionnement national et international, pour n’en citer que quelques-uns tant ils étaient nombreux. Lors de mon arrivée en poste le 1er février 2017, l’organigramme ne mentionnait pas les nombreux postes vacants à combler et une équipe de direction à reconstituer. De plus, la Conférence des évêques catholiques du Canada m’avait alors ouvertement informé de leur insatisfaction quant aux relations avec notre organisation. Ils estimaient que nous ne communiquions pas adéquatement avec eux et, de ce fait, ils avaient le sentiment d’être mis à l’écart de manière délibérée et intentionnelle.

Et que dire de la santé financière de l’organisation qui périclitait en raison d’un déficit structurel qui, année après année, nous menait vers un destin funeste si on n’arrivait pas rapidement à y trouver une solution.

J’arrivais avec un bagage professionnel où j’avais eu la chance d’œuvrer pendant plusieurs années à titre de vice-président de la Fédération internationale du diabète et de président de sa région Amérique du Nord et Caraïbes, ainsi que de travailler en collaboration avec les Nations Unies et l’OMS (Organisation mondiale de la santé), entre autres. J’avais donc vécu et été impliqué dans le secours de nombreux désastres à chaque année et connaissais avec une vive appréciation l’excédent de travail et leur impact important au sein des communautés soutenues par les partenaires de Développement et Paix ― Caritas Canada.

Le chemin parcouru au fil des cinq dernières années a été semé de nombreuses embûches, mais toujours et contre vents et marées, il importait de rester debout et de défendre nos valeurs et nos convictions. Il fallait laisser l’ego de côté et s’investir dans la recherche de solutions tant pour Développement et Paix que pour ses partenaires. Je suis aujourd’hui fier du travail accompli dont les réalisations des dernières années témoignent des nombreuses retombées positives qui constituent maintenant la réalité de notre organisation.

Nous bénéficions aujourd’hui d’une équipe de direction d’un haut niveau d’expertise et d’une grande cohésion et fraternité professionnelles et personnelles. Le climat au sein des ressources humaines est sain et positif et les relations syndicales sont bonnes et empreintes de transparence. Nous avons d’ailleurs convenu d’une nouvelle convention collective dans l’harmonie et le respect mutuel et je tiens à en exprimer ma vive reconnaissance. Les relations avec les évêques sont désormais constantes et le sentiment de confiance s’est rétabli.

Nos sources d’auto-financement et de philanthropie sont à la hausse et le Fonds de solidarité atteint maintenant près de 10 millions de dollars et générera, à chaque année, des revenus considérables pour soutenir nos activités. Notre positionnement au sein de Caritas Internationalis est assuré, notamment avec notre participation au RepCo (Conseil représentatif) et à des comités internes. Et le déficit structurel récurrent sera désormais un souvenir du passé, car nous avons traversé avec succès une année de transition et entrepris une étape de consolidation qui permettra une sécurité financière future sans déficit pour le financement de nos projets et programmes avec nos partenaires internationaux.

C’est donc avec fierté de ce bilan que j’ai confirmé au Conseil national mon intention de ne pas solliciter un nouveau mandat de cinq ans au poste de Directeur général de Développement et Paix.

Comme vous le savez, je me suis investi sans compter les heures ni les efforts consentis, car les valeurs et la mission de Développement et Paix me tiennent à cœur et font partie de mes convictions profondes pour un monde plus équitable qui sait entendre et répondre de manière tangible au cri des pauvres.

Je souhaite le meilleur futur pour Développement et Paix ― Caritas Canada et je remercie les membres du Conseil national, ainsi que toute l’équipe de direction de leur soutien et leur implication au fil de ces cinq années. Je salue aussi et remercie tous les membres de la grande famille de Développement et Paix qui, au quotidien, permettent de réaliser notre vision et notre mission malgré les embûches et les contrariétés qui viennent joncher le chemin. À toutes et à tous, j’offre mes hommages les plus sincères et vous dit au revoir, mais non adieu…

Serge Langlois
Directeur général
Développement et Paix ― Caritas Canada
(2017-2022)

Un Avent de résilience : l’histoire des maisons fortes

Par Minaz Kerawala, Conseiller en communications et relations publiques

La maison dans laquelle Laroche Carole vit avec ses trois enfants a survécu à un important tremblement de terre en Haïti il y a quelques mois.

Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite.

Luc 6,47-48

« Elles se tiennent encore bien droites, alors que la destruction s’étend pourtant à perte de vue », écrit Vincent Larouche dans La Presse du 19 août 2021.

Le journaliste faisait référence à un groupe de maisons exceptionnelles qui ont résisté au séisme de magnitude 7,2 qui avait frappé Haïti cinq jours auparavant. Les maisons que M. Larouche a trouvées debout devaient une partie de leur robustesse à la solidarité de milliers de sympathisantes et de sympathisants de Développement et Paix ― Caritas Canada.

La solidarité après la tempête

Quelques jours après que l’ouragan dévastateur de catégorie 5 Matthew a frappé Haïti en octobre 2016, Développement et Paix a lancé un appel aux dons, auquel les Canadiennes et les Canadiens ont répondu avec la générosité qui les caractérise. Cela a permis à nos partenaires de répondre aux besoins immédiats de la population touchée en matière d’abris, de fournitures d’hygiène et de nourriture, et d’aider les femmes à assurer la sécurité alimentaire de leurs communautés à moyen terme.

Développement et Paix avait décidé de soutenir les partenaires qui pouvaient aider les groupes les plus vulnérables dans les régions les plus reculées du pays, où la plupart des organismes n’avaient pas les liens et les capacités nécessaires pour intervenir et que les secours rejoignaient généralement en dernier.

Cette décision a été déterminante dans le mode de construction des maisons qui ont survécu au tremblement de terre du 14 août 2021.

Pour le peuple, avec le peuple, par le peuple

Notre partenaire, l’Institut de technologie et d’animation (ITECA), a dirigé le programme de reconstruction consécutif au passage de l’ouragan dans la commune rurale haïtienne de Cavaillon, où des centaines de maisons ont été endommagées sans espoir de réparation. Compte tenu du budget limité, il a été initialement décidé de reconstruire 100 maisons.

Avant de commencer les travaux, l’ITECA a mené des consultations d’envergure auprès de la communauté locale pour bien comprendre ses besoins et ses aspirations. Le directeur de l’ITECA, Chenet Jean-Baptiste, ne voulait pas non plus encourager « la passivité des populations face aux distributions et aux opérations d’aide ».

La communauté voulait que les nouvelles maisons soient résistantes aux séismes et aux ouragans. Pour préserver le sentiment d’autonomie des habitants, il a été décidé de rendre le processus de construction aussi participatif que possible. Ces deux impératifs ont posé plusieurs défis.

Compte tenu des coûts supplémentaires qu’entraînerait une construction de meilleure qualité et plus participative, il a finalement été décidé de limiter le projet à la construction de 25 nouvelles maisons. Les familles ont été invitées à effectuer elles-mêmes les travaux d’excavation et à fournir des matériaux de construction représentant environ un tiers des 9 000 $ que coûterait chaque nouvelle maison.

Même cette contribution relativement modeste s’est avérée très lourde. Malgré le temps requis pour ce faire, les familles ont rempli les conditions avec joie et fierté. Pourtant, les maisons n’ont été construites que plusieurs mois plus tard, après que de nombreux obstacles logistiques liés à l’éloignement de la région ont finalement été surmontés.

Noé Lacombe, le chef d’une coalition de la société civile locale qui a collaboré avec l’ITECA sur le projet, a déclaré : « Aujourd’hui, les gens sont fiers de leurs maisons et des sacrifices qu’ils ont faits pour les construire. C’est une démarche qui respectait leur dignité ».

Une approche éprouvée

Après avoir emménagé dans l’une des nouvelles maisons, qu’elle avait travaillé fort pour aider à construire, Laroche Carole, mère de trois enfants, a déclaré : « J’aime tout dans ma nouvelle maison. Je n’avais plus rien, mais aujourd’hui j’ai un toit où faire vivre ma famille ». Ses sentiments ont été partagés par Jean-Claude Exil, qui a décrit sa nouvelle maison comme « une richesse », appréciant particulièrement son réservoir d’eau, un équipement précieux dans une région où l’eau potable peut être difficile à trouver.

Construites à la sueur de leur front et selon leurs spécifications, les maisons ont toujours été chères à la population. Cependant, leur valeur aux yeux de la population s’est considérablement accrue après le tremblement de terre du 14 août 2021. En plus de faire plus de 2 200 victimes, le séisme a détruit ou endommagé plus de 137 000 maisons1. Mais à l’exception de dommages mineurs, principalement subis par des extensions ajoutées par les propriétaires, ces 25 maisons ont tenu bon.

Ce n’était pas non plus la première fois que des maisons construites avec l’aide de Développement et Paix survivaient à une catastrophe. Même les rafales de l’ouragan Matthew n’ont pas pu détruire les maisons que l’ITECA avait construites après le tremblement de terre de 2010 en Haïti.

Ces maisons robustes sont la preuve concrète de la valeur et de la validité de l’approche à long terme de Développement et Paix, axée sur les personnes. Seul un travail soutenu, patient et clairvoyant peut rendre les communautés ainsi résilientes aux catastrophes naturelles, aux conflits et aux changements climatiques. Et un tel travail n’est pas possible sans votre soutien.


À lire aussi :

  1. Rapporté par la Direction générale de la protection civile d’Haïti.

Un Avent de liberté : l’histoire de Víctor

Par Minaz Kerawala, Conseiller en communications et relations publiques

Comme de nombreux défenseurs des droits humains au Honduras, Víctor Vásquez a été faussement criminalisé et emprisonné sur la base d’accusations douteuses.

Alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.

Jean 8,32

Aux yeux de certains au Honduras, Víctor Vásquez est un fauteur de troubles habituel. Il se met en travers des plans des puissants hommes d’affaires. Il pense que les pauvres ont des droits. Il fait la lumière sur ce que beaucoup préféreraient garder dans l’ombre. Et il ne se tait jamais. Pas même quand on lui tire dessus !

Pour son peuple indigène Lenca, Víctor est une personnification de la quête de justice.

Un défenseur irrépressible des droits

Víctor est membre du Consejo Indígena de Simpinula (Conseil indigène de Simpinula) et leader du Movimiento Indígena Independiente Lenca de La Paz (Mouvement indigène lenca de La Paz, Honduras – MILPAH) au Honduras. À ce titre, il défend les droits de son peuple sur ses terres ancestrales et l’aide à résister à leur privatisation illégale.

Pour cette audace, Víctor et de nombreux autres défenseurs des droits autochtones et humains comme lui sont menacés et persécutés depuis des années. Víctor a même reçu une balle dans le genou lorsque l’armée a violemment dispersé une manifestation de paysans en janvier 2017.

Sans surprise pour ceux qui le connaissent, Víctor est resté déterminé. Ses récents malheurs ont été documentés par Mary Lawlor, la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains (voir le rapport original en espagnol).

Une incarcération injuste

En 2018, les paysans pauvres de Nueva Esperanza ont poussé un soupir de soulagement lorsque l’État a reconnu leur titre foncier sur le petit terrain qui leur permettait de gagner à peine de quoi vivre. Mais leur joie fut éphémère.

De puissants hommes d’affaires locaux qui avaient des visées sur leurs terres ont commencé à envoyer des voyous armés pour menacer les 32 familles de paysans, pour occuper et bloquer l’accès à leurs terres et pour détruire leurs cultures et leur bétail. Les plaintes officielles répétées étant restées lettre morte, la communauté a demandé l’aide du groupe de Víctor, qui a porté l’affaire devant les autorités locales.

Piqués au vif par cette intervention, les entrepreneurs ont allégué que le 20 juillet 2020, Víctor et son collègue, José Santos Vigil Girón, ont pénétré illégalement dans leur propriété et l’ont endommagé. Víctor et José, qui affirment qu’ils n’étaient même pas présents dans les environs à cette date, ont été arrêtés sur la base de fausses accusations de dommages criminels et de vol aggravé en décembre 2020 et placés en « détention préventive ».

Une longue lutte

Les accusations de vol et de dommages ont été rejetées pour manque de preuves, mais paradoxalement, une accusation de déplacement forcé, dont la communauté était en fait la victime, a été portée contre Víctor et José !

Heureusement, leur cas a été pris en charge par le partenaire de Développement et Paix ― Caritas Canada, le Centro Hondureño de Promocion Para el Desarrollo (le Centre hondurien de promotion du développement communautaire, CEHPRODEC).

Depuis plus d’une décennie, la générosité et la solidarité des Canadiennes et des Canadiens permettent à Développement et Paix d’aider le CEHPRODEC à former, à soutenir et à sauvegarder les droits humains, sociaux, culturels, économiques et environnementaux de nombreuses communautés vulnérables du Honduras.

L’équipe juridique du CEHPRODEC a représenté Víctor et José tout au long de la tortueuse procédure judiciaire. Alors que les audiences se succédaient en leur défaveur, Víctor et José ont langui en prison. Pendant ce temps, le CEHPRODEC a également aidé à organiser des manifestations devant les salles d’audience, attirant l’attention locale et internationale sur cette affaire.

Les Canadiennes et les Canadiens ont eux aussi découvert cette histoire lorsqu’elle a été mise en lumière dans le cadre de notre actuelle campagne Les gens et la planète avant tout.

Enfin la liberté

Finalement, après des mois de batailles juridiques inégales contre un système judiciaire qui semblait s’acharner contre eux, le CEHPRODEC a obtenu la libération de Víctor et José le 15 octobre 2021.

Lors de ses premiers moments de liberté, entouré de supporters en liesse, Víctor a déclaré : « Je remercie Dieu en premier lieu. Je remercie également l’équipe juridique qui a pris en charge ma défense… »

Plaçant la préoccupation de son organisation pour Víctor et José dans son contexte plus large, le directeur exécutif du CEHPRODEC, Donald Hernandez Palma, a déclaré : « CEHPRODEC soutient depuis longtemps la cause de la défense des droits des peuples autochtones dans la région de La Paz … où nous avons d’abord accompagné les leaders… pour qu’ils reprennent possession des titres que l’État hondurien leur avait déjà accordés. »

Víctor a ajouté avec gratitude : « Dans ce centre pénitentiaire, je ne me suis pas senti seul, je me suis senti fort grâce à la chaleur et au soutien apportés par tous mes frères et mes sœurs aux niveaux national et international. »

Víctor Vásquez et José Santos Vigil Girón ont été libérés de prison le 15 octobre 2021.

Plus de luttes, et un peu d’espoir

Bien que Víctor et José soient libres, les chefs d’accusation sont toujours retenus contre eux. Le CEHPRODEC continuera à les défendre, ainsi que plusieurs autres défenseurs des droits humains confrontés à des intimidations similaires par le biais de l’abus de la loi.

Il y a cependant un certain espoir que le vent tourne au Honduras.

Lors des élections de novembre 2021, Xiomara Castro, du parti de gauche, le Libre, a été élue présidente sur un programme progressiste. Son parti, qui bénéficie d’un fort soutien parmi les Lenca, a promis de lutter contre la corruption et de soutenir des programmes sociaux en faveur des pauvres.

Tout en faisant preuve d’un optimisme prudent, le CEHPRODEC, comme d’autres groupes de la société civile, reste vigilant.

Pour continuer à aider les personnes les plus vulnérables à défendre leurs droits précaires, nos partenaires au Honduras et partout dans le monde ont besoin de votre soutien.


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Un Avent de transformation : l’histoire d’Halima

Par Minaz Kerawala, Conseiller en communications et relations publiques

Un troupeau de 15 chèvres, une parcelle agricole commune, un potager et un petit magasin ont aidé Halima Mohamed Arab à assurer une vie digne à sa famille nombreuse.

…lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.

Philippiens 3,21

La Somalie a été ravagée par des années de conflit civil et des conditions météorologiques défavorables. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies rapporte que ces adversités ont poussé 2,9 millions de Somaliens à quitter leur foyer, dont 520 000 ont été déplacés au cours des seuls 10 premiers mois de 2021. En outre, 1,2 million d’enfants somaliens souffrent de malnutrition et 3,5 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.

Sans un revirement quasi miraculeux, Halima Mohamed Arab et sa famille feraient partie de ces sombres statistiques.

De nombreuses bouches à nourrir

Comme beaucoup de personnes dans les zones rurales de Somalie, Halima, 48 ans, vivait de son bétail. Lorsque la sécheresse récurrente a anéanti son troupeau, elle a dû quitter sa maison du village de Yurkud, dans la région de Gedo. Elle et sa famille se sont installées, avec des milliers d’autres personnes, dans le camp de personnes déplacées de Jazira, dans la ville de Luuq.

Avec peu de biens et moins de perspectives, Halima a dû soutenir une famille élargie de 20 personnes, dont son mari, leurs neuf enfants, sa mère malade et malvoyante, et huit autres proches. « Ma famille n’avait aucun revenu et nous avions du mal à répondre à nos besoins essentiels », se souvient Halima. « Nous ne pouvions pas nous permettre de prendre trois repas par jour, et la plupart de mes enfants souffraient de malnutrition. » Elle ne pouvait pas non plus envoyer les enfants à l’école.

De la pauvreté à la prospérité

Le destin d’Halima a changé en 2020, lorsqu’elle a commencé à participer à un projet mené par le Centre de recherche et de développement intégré (CeRID) en partenariat avec Trócaire et avec le soutien de Développement et Paix ― Caritas Canada.

Le CeRID a formé Halima aux techniques de production alimentaire agroécologique et lui a donné accès à des terres agricoles communales et à des intrants agricoles. Elle a également reçu deux chèvres et a rejoint un groupe d’épargne composé de femmes.

La première année, Halima a planté des tomates, des courges, des poivrons verts, des niébés, du sorgho et du maïs. Elle a vendu une grande partie de ses deux récoltes et même une partie de leurs résidus comme fourrage, gagnant ainsi 310 $ US, une somme qui a changé sa vie. Elle a déclaré avoir utilisé cet argent « pour payer les frais de scolarité, acheter des vêtements et de la nourriture, et ouvrir un petit kiosque ».

De plus en plus prospère

La deuxième année, une seule récolte a rapporté à Halima 570 $ US, ce qui lui a permis d’acheter six chèvres supplémentaires. En ajoutant les anciennes bêtes et des nouveaux chevreaux nés au cours de l’année, son troupeau est passé à 15 chèvres. Les enfants d’Halima ont maintenant du lait dans leur alimentation. Elle a également l’intention d’engraisser quatre des chèvres pour une vente en gros plus lucrative.

Halima a également réapprovisionné son kiosque avec des marchandises populaires comme des bonbons, des détergents et des produits alimentaires.

En même temps, Qali, la fille d’Halima, a suivi des cours de commerce agricole et d’entrepreneuriat au centre de formation agricole pour les jeunes du CeRID. Elle aide sa mère à gérer un potager où poussent des tomates, des poivrons et des laitues que la famille utilise régulièrement pour compléter ses petits-déjeuners. Il y en a même assez pour partager souvent avec les voisins.

La jeune Qali déploie également ses nouvelles compétences sur le carré agricole communal d’Halima, en utilisant du fumier et des pesticides organiques pour augmenter les récoltes.

Des vies transformées

Les revenus croissants d’Halima ont considérablement amélioré le sort de sa famille. Un indicateur de l’amélioration de sa situation est qu’Halima a pu dépenser 210 $ US pour le traitement des yeux de sa mère (et ceci dans un pays où le produit intérieur brut par habitant est de 310 $ US). « Grâce à Allah, ma mère n’a plus besoin de quelqu’un pour la guider tout le temps », dit Halima. « Sa vision est aussi bonne que celle de n’importe qui après la chirurgie ».

Votre générosité permet à nos partenaires à travers le monde d’aider des milliers de personnes comme Halima à prendre leur destin en main et à accéder à la santé, à l’éducation, à la nutrition, à la sécurité, à la justice et à la dignité.


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Célébrons « un véritable défenseur au ciel »

Par Emily Lukasik, animatrice pour le sud-ouest de l’Ontario

Nous nous joignons au diocèse de London dans la peine et la prière, suite au décès soudain, ce lundi 15 novembre 2021, du Père Matthew George, un prêtre bien-aimé et un ardent défenseur de la mission de Développement et Paix — Caritas Canada.

Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges des cieux, pas même le Fils, mais seulement le Père, et lui seul.

Matthieu 24,36

Tel était l’Évangile de ce dernier dimanche, annonçant de manière prophétique que ce serait la dernière messe dominicale du père Matt, avant le tragique accident qui lui a coûté la vie le lendemain. C’était aussi la cinquième Journée mondiale des pauvres. Pour celles et ceux qui connaissaient le Père Matt et son engagement pour la justice sociale, cette coïncidence relevait de l’Esprit-Saint.

Mardi soir, c’est avec le cœur lourd que les membres du conseil diocésain de Développement et Paix du diocèse de London se sont réunis pour leur rencontre mensuelle.

Kim Frias, la coprésidente du conseil, une bonne amie du regretté Père Matt, a ouvert la rencontre avec une magnifique prière du théologien néerlandais Henri Nouwen qui cite Jésus « C’est pour votre bien que je dois vous quitter, parce que si je reste mon Esprit ne pourra revenir. » Et elle conclut ainsi : « Maintenant nous avons un véritable défenseur au ciel. »

Afin d’alléger sa peine, le groupe a partagé quelques bons souvenirs du Père Matt.

On se souviendra affectueusement du Père Matthew George pour son charisme, sa passion, sa générosité et son empathie (mais pas pour son talent à cuisiner le chili).

« J’ai toujours admiré le Père Matt parce qu’il était vraiment en solidarité avec nous », commente Bonnie Drago, en rappelant sa passion pour les pauvres et son approche empathique à l’accompagnement pastoral. « Il était vraiment au milieu des gens. »

« Nous sommes bénis de l’avoir si bien connu », ajoute Mme Frias, son visage s’illuminant en décrivant le « don d’hospitalité » de Père Matt, qui arrivait souvent avec « un grand sac d’épicerie » et « plusieurs sortes de viandes ». Elle riait en racontant encore le légendaire concours de chili de l’église où le Père avait charmé les juges avec son interprétation de Ring of Fire à la guitare, pour confesser ensuite qu’il avait acheté son chili au Wendy’s !

Erma Weernink, l’autre coprésidente du conseil diocésain ajoutait : « Il m’a donné ma voix », appréciant ainsi l’ardent défenseur de Développement et Paix qu’était le Père Matt. « Quand il est venu à Zurich [Ontario], il a présenté Développement et Paix à une église qui était plutôt réticente; mais cela n’avait pas d’importance. Il avait tellement de charisme et d’honnêteté que les gens écoutaient… Il était capable d’enclencher le changement ». Elle ajoute que le Père Matt était membre du comité de justice sociale de la paroisse et qu’il avait même rejoint le conseil diocésain pendant un certain temps.

Les membres se sont aussi rappelé la générosité du Père Matt, comme lorsqu’il confectionnait un cadeau de baptême au crochet pendant une rencontre du conseil diocésain, ou lorsqu’il avait loué un château gonflable pour la retraite d’une école secondaire.

Le Père Matt a connu une véritable notoriété nationale dans la communauté de Développement et Paix lorsqu’il a créé sa page de collecte de fonds Buns of Solidarity (en anglais), lors du carême de partage de l’an dernier. Il a recueilli plus de 3 800 $ en faisant 100 squats par jour pendant 28 jours. Il savait clairement comment mettre sa foi en action !

Comme le père Matt était un pilier de la communauté, son décès a été couvert par les médias locaux (en anglais).

Au cours de son homélie du dimanche dernier, le Père Matt a parlé de la campagne d’automne de Développement et Paix, un lien cohérent avec la Journée mondiale des pauvres. Il a demandé : « Voyez-vous ce monde comme un monde désordonné, chaotique…? Que choisissons-nous de voir ? Est-ce que nous nous disons “C’est ainsi que le monde fonctionne ?” Ou voyons-nous plutôt que Dieu nous interpelle, au milieu de ce tumulte, au milieu de ce désastre, pour proclamer l’arrivée du Fils de l’homme, le jour du Seigneur? Cela vient avec la justice. »

Mme Frias, la coprésidente, a conclu ainsi la rencontre du conseil diocésain : « Puisse-t-il veiller sur nous, nous défendre, intercéder en notre faveur, parce que nous n’y arriverons pas seuls ». Le groupe a répondu avec un « Amen ! » fervent.


Note de l’éditeur : Avant que le destin ne transforme cet article en notice nécrologique, il était prévu de le publier d’ici quelques semaines dans notre série Supporteurs vedettes. Le Père Matthew George continuera certainement d’inspirer les supporteurs de Développement et Paix.

Éducation : investir pour un avenir meilleur en Afghanistan

Par Minaz Kerawala, conseiller en communications et relations publiques

L’éducation communautaire se fait dans des endroits discrets du quartier où vivent les enfants, souvent au domicile des enseignant∙e∙s

« L’ignorance est la prison de Dieu; la connaissance est son palais », comme l’a écrit le vénéré Mawlana Rumi, poète mystique persan du Moyen-Âge.

C’est en Afghanistan, où Rumi est né, que Développement et Paix — Caritas Canada contribue à ce que les enfants passent de l’ignorance à la connaissance, grâce à un projet d’éducation qui répond à des besoins urgents.

Défis et opportunités

Malgré deux décennies de progrès, l’éducation en Afghanistan, particulièrement celle des filles, risque de présenter d’importants reculs après la prise de pouvoir des talibans en août 2021. Les enjeux de sécurité ont forcé de nombreuses organisations d’aide, dont certains de nos partenaires, à réduire leurs activités, particulièrement celles qui visaient les femmes et les filles. Et cela alors que moins du tiers des adultes et seulement 17 % des filles sont alphabétisés1, et que plus de 43 % des enfants d’âge scolaire ne fréquentent pas l’école2.

Pourtant, tout n’est pas sombre.

Une fois qu’ils sont inscrits à l’école, les enfants afghans y restent : 85 % des enfants inscrits au primaire le terminent, et plus de 92 % des élèves inscrits au secondaire en complètent tous les niveaux3. Investir en éducation en Afghanistan est donc aussi efficace qu’essentiel.

Amener l’école aux enfants

Dans une province largement rurale d’Afghanistan, de nombreux enfants, particulièrement des filles, ne vont pas à l’école simplement parce que l’école la plus proche peut se trouver à plus de 20 kilomètres. C’est pourquoi Développement et Paix s’associe à Catholic Relief Services (CRS) dans un projet d’écoles communautaires pour amener l’enseignement dans ces communautés éloignées.

Ce projet, d’une durée de trois ans, permettra à 180 élèves (92 filles et 88 garçons), présentement en première, deuxième et troisième année, de continuer jusqu’à la sixième année. CRS soutenait déjà ces élèves par des ressources d’apprentissage à distance lorsque les écoles étaient fermées à cause de la pandémie de COVID-19.

Afin que l’éducation soit livrée de façon sécuritaire et accessible aux enfants, CRS réalise ce projet dans des communautés où il bénéficie de l’acceptation et d’un vaste soutien des populations, s’assure que les classes sont situées à proximité des enfants et dans des locaux discrets, souvent dans les maisons des enseignants, et qu’elles offrent le programme scolaire exigé par le gouvernement.

Afin d’assurer la pérennité du projet, CRS travaillera aussi avec les écoles de l’État, avec les shura (les comités) de gestion scolaires, et avec les représentants de l’État afin de renforcer les capacités, et éventuellement d’arriver à intégrer les élèves dans les écoles publiques.

Le programme scolaire exigé par le gouvernement est enseigné d’une manière captivante et adaptée aux enfants.

Poursuivre notre engagement, avec un partenaire compétent

Ce projet d’éducation au cœur des communautés permet de poursuivre l’engagement de Développement et Paix en Afghanistan – qui avait débuté par de l’aide d’urgence en 2002, et s’était transformé en un programme plus vaste, et à plus long terme, de renforcement des capacités des femmes.

Nous avons une relation de longue date avec CRS qui, grâce à de longues années de travail judicieux et diplomatique dans des régions d’Afghanistan contrôlées par différentes factions rivales, est très bien équipé pour faire face aux défis posés par les nouvelles réalités de ce pays.

Réalisé en partenariat avec CRS, qui est l’une des quelques rares organisations qui peuvent encore travailler efficacement dans cet Afghanistan sous contrôle des talibans, ce projet est un moyen pour Développement et Paix de continuer à servir et à investir dans l’avenir du peuple afghan.

L’éducation est un déterminant particulièrement important dans la trajectoire de vie des filles afghanes. Les filles qui restent à l’école ne sont pas mariées aussi jeunes, et on estime qu’elles canalisent de nombreuses avancées socioéconomiques à long terme pour leurs familles et leurs communautés.

C’est pourquoi Développement et Paix finance environ la moitié du coût total de ce projet. Même si cet investissement est déjà significatif, nous avons besoin d’encore plus de fonds pour pouvoir élargir ce projet et augmenter son impact. Votre générosité permet de soutenir et d’élargir notre action, et d’offrir un avenir meilleur à plus d’enfants afghans, particulièrement des filles.

pour nous aider à répandre la lumière de l’éducation auprès de plus nombreux enfants en Afghanistan.


  1. Institut de statistique de l’UNESCO. (2021). Taux d’alphabétisme. Afghanistan : Éducation et alphabétisme. Consulté le 11 novembre 2021 à http://uis.unesco.org/fr/country/af.
  2. Ministère de l’Éducation, République islamique d’Afghanistan, Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), & Hall, S. (2018). All in School and Learning: Global Initiative on Out-Of-School Children – Afghanistan Country Study. https://www.unicef.org/afghanistan/media/2471/file/afg-report-oocs2018.pdf%20.pdf.
  3. Ibid.

Transformer les déchets en dons pour notre cause

Par Dean Dettloff, Animateur pour le Centre de l’Ontario

Cet article est le premier d’une série d’articles récurrents intitulés Supporteurs vedettes qui célèbreront l’engagement et la créativité de personnes et d’organisations qui récoltent des fonds pour Développement et Paix — Caritas Canada de manière inspirante.
Dorothy Carroll collecte, remet à neuf et vend des meubles et des objets ménagers mis au rebut afin de récolter des fonds pour Développement et Paix.

« J’ai vu tellement de choses laissées sur le bord de la route, et je me suis dit que ce serait terriblement dommage si elles finissaient au dépotoir », a déclaré Dorothy Carroll, membre de Développement et Paix depuis environ 1987. Mme Carroll, qui réside dans le diocèse de Peterborough, en Ontario, et qui se décrit elle-même comme une « bricoleuse de longue date », a eu une idée : pourquoi ne pas ramasser ces objets, les restaurer et les vendre dans des ventes de garage?

« Si nous pensons au changement climatique et à la nécessité de réduire le volume de nos décharges, nous devrions recycler et réutiliser ; et j’ai toujours aimé réparer les vieilles choses et les rendre plus belles », a déclaré Mme Carroll. Elle a décidé de mettre en œuvre son idée de ventes de garage et de verser les revenus des ventes à Développement et Paix.

Mme Carroll se rappelle avoir été émue en voyant la pauvreté de près lors de ses voyages au Pérou et en Inde avec sa sœur. À son retour au Canada, elle a lu un article sur Développement et Paix dans un bulletin. « Il semblait logique d’aider les plus pauvres des pauvres. Je savais que je devais faire quelque chose. »

Ce « quelque chose » a pris la forme de quatre ventes de garage cette année, grâce auxquelles Mme Carroll estime avoir recueilli plus de 2 000 $ pour Développement et Paix !

À ce jour, Mme Carroll a acquis une certaine réputation dans sa communauté. « Les gens ont fini par me surnommer ‘la dame aux chaises’ », dit-elle en riant.

Au cours de l’été, un monsieur a appris d’un ami commun que Mme Carroll restaurait des chaises usagées. Il était en route pour la décharge avec un ensemble de six chaises provinciales françaises. « Elles étaient pour la plupart sales et avaient besoin d’être rembourrées », raconte Mme Carroll. Elle a été horrifiée d’apprendre que la femme du monsieur lui suggérait de hacher et de brûler les chaises. Elle s’est dit, « Oh, au nom du ciel, non! »

Apprenant que Mme Carroll avait pris les chaises condamnées, la femme est venue au vide-grenier pour voir ce qu’elles étaient devenues. Mme Carroll a dû lui dire : « Je suis désolée, elles ont été vendues d’emblée ! » Mme Carroll a ajouté : « J’ai obtenu 25 dollars pour chaque chaise. »

En réutilisant simplement ce que certains considèrent comme des déchets, Mme Carroll met les gens et la planète avant tout, conserve des biens en circulation et génère des fonds pour nos partenaires dans le monde entier. Et elle compte bien continuer.

« J’en ai déjà beaucoup empilé pour l’année prochaine », a-t-elle rapporté. « Je continue à trouver des trésors, et je les ramène chez moi. »

Faire passer le mot… à la télévision

Par Nicolas Kalgora, Animateur au Nouveau-Brunswick

Le documentaire comprend des entrevues avec (dans le sens horaire, en partant du coin supérieur gauche) Mgr Valéry Vienneau, archevêque de Moncton, les membres du conseil diocésain de Moncton, Sr. Auréa Cormier, Dianne Léger, Bertrand LeBlanc et Camilla Vautour, ainsi que Nicolas Kalgora, animateur local.

Depuis le 11 octobre dernier, un documentaire sur Développement et Paix — Caritas Canada est diffusé par la télévision communautaire Rogers au Nouveau-Brunswick. Il s’agit d’une initiative des membres de notre organisation dans le diocèse de Moncton.

Le documentaire est le fruit d’une idée née durant la campagne de Carême 2021, Partageons l’amour. À la fin de l’atelier de formation pour cette campagne regroupant les conseils diocésains de Bathurst, Edmundston et Moncton, un espace avait été réservé aux participants pour trouver des idées de collecte de fonds. Étant donné le contexte amené par la pandémie de COVID-19, marqué par de l’incertitude quant à l’ouverture des églises pour le 5e dimanche du Carême (Dimanche de la Solidarité), où les paroissien·ne·s font généralement leurs dons, il fallait trouver des idées novatrices. Les membres émettaient des propositions dont certaines avaient pour but de penser au-delà des paroisses.

Mgr Valéry Vienneau, archevêque de Moncton, qui était présent à l’atelier (de même que Mgr Daniel Jodoin, évêque de Bathurst et Mgr Claude Champagne, évêque d’Edmundston) a alors proposé de contacter les médias, suggérant même de s’impliquer personnellement au besoin. Par la suite, Sr Auréa Cormier, membre de Développement et Paix à Moncton, a pris contact avec un producteur de la télévision Rogers. L’aventure a donc débuté!

Un comité soutenu par moi-même, en ma qualité d’animateur régional de Développement et Paix, a été formé pour réaliser le projet. Les sujets à aborder et les personnes à interviewer ont été identifiés, et le travail a commencé! Le Carême étant passé avant la fin du projet, il a été décidé d’en faire un documentaire qui irait au-delà d’une seule campagne et qui donnerait la chance à des personnes qui ne connaissent pas Développement et Paix de découvrir cette belle organisation.

Voici ce qu’en disent des membres qui ont participé au projet :

« Très belle réussite pour le conseil diocésain! La dimension internationale du mouvement a été accentuée, ce qui est excellent. Nous devons beaucoup de gratitude à Joël Landry et à la TV Rogers qui nous a fait cette belle présentation gratuitement. »
— Sr. Auréa Cormier

« Pour moi ça a été très facile car tout était organisé. Joël était très professionnel et très attentif aux détails. J’ai beaucoup aimé l’expérience et j’aime beaucoup le résultat final. J’ai déjà reçu quelques commentaires de personnes qui l’ont beaucoup aimé et ont appris des choses. Merci pour ce beau projet. »
— Dianne Léger

« Cette émission est très intéressante et vraiment bien réalisée. Elle explique bien ce qu’est Développement et Paix, sa mission, son travail d’éducation, le travail de nos partenaires dans les pays du Sud ainsi que les secours d’urgence. C’est intéressant d’avoir impliqué plusieurs bénévoles qui sont engagés dans l’organisme et qui expliquent bien ce que des membres peuvent faire comme engagement et action. »
— Ghislaine Clavet

« Chacun·e a pris une responsabilité et s’est préparé comme il pouvait. Notre animateur, Nicolas Kalgora, a pris celle de coordonner la mise ensemble avec le producteur de TV Rogers, Joël Landry. Ce fut un travail d’équipe. Félicitation et merci à notre animateur pour son travail. »
— Bertrand LeBlanc

Bravo à vous, membres de Développement et Paix à Moncton et au Nouveau-Brunswick!

Visionner le documentaire ci-dessous.

Éduquer à la solidarité

Par Dean Dettloff, Animateur pour le Centre de l’Ontario

Le Programme scolaire de Développement et Paix a été introduit dans 23 écoles catholiques de l’Ontario.

En 2020, Développement et Paix — Caritas Canada a piloté un nouveau Programme scolaire (disponible en anglais seulement) en Ontario, conçu pour encourager les élèves à incarner leur foi par la solidarité. Les écoles participantes ont obtenu des badges en relevant des défis de justice sociale allant de l’inversion de cartes du monde à la plantation d’arbres. Un an plus tard, le programme s’est non seulement avéré efficace et prêt à être déployé à plus grande échelle, mais il a également donné lieu à des innovations surprenantes de la part des élèves, allant au-delà de ce que le programme avait envisagé.

À l’école secondaire catholique Bishop P. F. Reding de Milton, en Ontario, par exemple, les élèves ont réinventé le badge « Dress Down, Speak Up ». La trousse du programme suggérait d’organiser une journée sans uniforme et de communiquer avec les fabricants d’uniformes pour demander des renseignements sur leur chaîne de main-d’œuvre et d’approvisionnement. Les élèves de l’école Bishop Reding sont allés un peu plus loin en portant leur chemise à l’envers et de l’arrière vers l’avant, afin de rendre l’étiquette visible et de montrer où le vêtement avait été fabriqué.

« Notre club a eu l’occasion de mener une initiative par nous-mêmes, en mettant en œuvre nos propres idées tout en utilisant les bases que le Programme scolaire avait fournies », a déclaré Nicolas Fortun, un étudiant du club Développement et Paix à Bishop Reding. « Nous en avons appris davantage sur l’oppression que subissent les travailleurs, sur le fait d’être sous-payés et sous-estimés, et nous avons pu participer à la lutte pour une bonne cause en organisant une collecte de fonds et en sensibilisant les gens dans notre école. »

Pour gagner des insignes, les écoles devaient réaliser des activités et des défis amusants liés à diverses questions d’environnement ou de justice sociale.

Accompagnés d’animateurs, les élèves se sont joints à des gens de tous âges à travers le Canada, unis par notre travail et par la campagne Se rétablir ensemble, qui soulignait l’impact social de la COVID-19. Le Programme scolaire a ainsi amené dans la communauté de Développement et Paix une nouvelle génération qui apprend à faire une différence tout en ayant du plaisir !

Écoutons ce que dit Karisa Sol-Edeigba, une élève de 11e année à Bishop Reding : « Je me suis tellement amusée au sein de D&P l’année dernière ! Je suis ravie que D&P ait mis tant de ressources à la disposition des membres, en particulier les campagnes qui nous ont donné l’occasion de nous informer sur les événements actuels. Ce que j’ai appris sur la justice sociale, c’est qu’elle est nécessaire au niveau local, en particulier dans nos communautés. Les réunions de D&P sont non seulement éducatives mais aussi très amusantes ! Le fait de pouvoir apprendre des personnes concernées et de celles qui apportent un réel changement est très inspirant. »

Les enseignant·e·s et les aumônier·ère·s ont également donné vie au programme, en veillant à ce que les élèves disposent de l’espace nécessaire pour développer leurs capacités de leadership et leur confiance. Dans un monde où les problèmes abondent, l’approche éducative de Développement et Paix aide les élèves à connaître les causes profondes de l’injustice et à donner un sens à ce qui peut sembler être un monde extrêmement injuste.

« D&P est axé sur l’encouragement au changement. Ils m’ont sensibilisée à l’origine de la pauvreté dans le monde », a déclaré Inaaya Ahmed, élève de 10e année à Bishop Reding. « Qu’il s’agisse de participer à des collectes de fonds ou de devenir leader du club scolaire de D&P, Développement et Paix m’a offert des possibilités sans pareilles. J’ai hâte de participer encore une fois cette année ! »

Bishop Reding n’a pas été la seule école à adopter la mission de Développement et Paix.

Sayla Rodrigues, une leader du club Développement et Paix de l’école secondaire catholique St. Ignatius of Loyola à Oakville, en Ontario, a déclaré : « Mon badge préféré à obtenir était celui de » Leçon apprise « . » Ce badge est obtenu en réalisant une activité tirée d’une vaste base de données. À Loyola, les élèves ont créé des affiches et un plan de cours pour sensibiliser les gens aux effets des déchets plastiques des bouteilles d’eau.

« Notre plan de cours consistait à faire la différence entre l’eau potable et l’eau non potable, et à montrer que l’accès à l’eau potable est une crise croissante dans des pays comme l’Ouganda et l’Éthiopie », explique Sayla. « Notre club a vraiment eu un impact significatif avec cette initiative. »

Avec assez de substance pour démarrer, mais aussi assez d’espace pour expérimenter, le programme donne aux élèves l’occasion de penser de manière créative en s’engageant dans notre monde au niveau local et mondial. Malgré les défis posés par la pandémie, 23 écoles ont participé au projet pilote de l’année dernière. Maintenant que le programme bat son plein, 59 écoles se sont inscrites cette année et d’autres se joignent à elles à mesure que se répand la nouvelle de ce que le programme peut apporter aux élèves.

Dans un document final pour le Synode sur les jeunes de 2018, les évêques ont écrit que même si certains jeunes sont indifférents aux questions sociales, « il y en a beaucoup d’autres qui sont disponibles pour des initiatives de volontariat, de citoyenneté active et de solidarité sociale : il est important de les accompagner et de les encourager pour faire émerger leurs talents, leurs compétences et leur créativité et pour inciter à la prise de responsabilité de leur part. »

C’est exactement ce que fait notre Programme scolaire !

Inscrivez-vous pour devenir une école Développement et Paix ici (disponible en anglais seulement).