D’importantes réussites environnementales pour notre campagne

Notre campagne Les gens et la planète avant tout ouvre la voie à la mise en place d’une loi pour la responsabilisation des entreprises œuvrant à l’étranger en demandant d’adopter une loi sur la diligence raisonnable en matière de droits humains et d’environnement. Au cours des deux derniers mois, nous avons franchi de nombreuses étapes dans notre quête d’empêcher les entreprises canadiennes de violer les droits humains et l’environnement dans le monde entier !

Vous trouverez ci-dessous quelques-uns des moments les plus marquants de notre campagne :

  1. Le 29 mars 2022, deux projets de loi d’initiative parlementaire (projets de loi C-262 et C-263) ont été présentés et déposés à la Chambre des communes par les députés Peter Julian et Heather McPherson.
  2. Notre pétition de campagne a reçu 14 335 signatures, et les membres ont rencontré 23 personnes députées pour les mobiliser en faveur de la législation.
  3. Les députés Soraya Martinez Ferrada d’Hochelaga (QC) et Mike Morrice de Kitchener Centre (ON) ont présenté la pétition à la Chambre des communes.
  4. L’honorable Steven Guilbeault, ministre de l’Environnement et du Changement climatique, a rencontré certains de nos membres. Compte tenu de son portefeuille, de son mandat et de son expérience en tant que militant pour la lutte contre la crise climatique et pour le développement des technologies propres, son soutien à notre campagne est significatif !
  5. Par l’intermédiaire du Réseau canadien sur la reddition de compte des entreprises (RCRCE), une soumission a été faite dans le cadre de la consultation sur la chaîne d’approvisionnement du ministre du Travail. Il souligne l’importance des mesures de responsabilisation et de diligence raisonnable, en plus de présenter un plan directeur dont le gouvernement du Canada pourrait se servir pour promulguer une telle loi.

Aussi encourageants que soient les résultats de notre campagne jusqu’à présent, il reste encore beaucoup de travail à faire ! Pour que la loi relative à la diligence raisonnable en matière de droits humains et d’environnement soit promulguée, le processus suivant est nécessaire :

  1. Dépôt et première lecture à la Chambre des communes (fait le 29 mars 2022).
  2. Deuxième lecture et vote à la Chambre des communes (prévu dans 8 à 12 mois).
  3. Examen en comité pour revoir le texte du projet de loi et pour l’approuver ou le modifier.
  4. Troisième lecture et vote à la Chambre des communes.

Ensuite, il suivra les mêmes étapes au Sénat.

Maintenant, vous vous demandez probablement ce vous pouvez faire ! Continuez à sensibiliser, à partager et à signer la pétition ! Pour arriver jusqu’ici, nous avons bénéficié de l’engagement de nos membres à mettre les gens et la planète avant tout et à faire participer leurs communautés et leurs député.e.s. Nous pouvons donc être certains que dans peu de temps, des lois relatives à la diligence raisonnable en matière de droits humains et d’environnement seront en place pour tenir les entreprises canadiennes intervenant à l’étranger responsables de leurs actions.

Voici un aperçu en images de notre campagne Les gens et la planète avant tout :

Membre Roger Bélisle Montréal

De jeunes Canadiennes et Canadiens souhaitent Feliz Navidad à des héros du Honduras !

Par Dean Dettloff, animateur pour l’Ontario centre

En décembre 2020, deux défenseurs de la terre, Víctor Vásquez et José Santos Vigil Girón, des Autochtones Lenca, ont été injustement incarcérés au Honduras, à la suite de plaintes non fondées d’hommes d’affaires locaux. L’automne dernier, c’est l’histoire de Víctor qui était au cœur de notre campagne Les gens et la planète avant tout.

Grâce à une défense habile, pilotée par le partenaire de Développement et Paix CEHPRODEC, ainsi qu’à une solide campagne de plaidoyer au niveau local et international, Víctor et José ont été relâchés le 15 octobre 2021. À sa sortie, Víctor disait : « Dans ce pénitencier, je ne me suis pas senti seul, je me suis senti fort grâce à la chaleur du soutien apporté par tous mes frères et mes sœurs au niveau national et international ». Mais Víctor et José attendent toujours leur procès, et leur bataille légale est loin d’être terminée. Il est crucial de maintenir le soutien public international à la défense des Lencas, de leurs militants, de leurs terres et de leur souveraineté.

En tant qu’animateur, j’ai souvent eu à parler de la situation de Víctor et à rappeler l’importance de la collecte de fonds et de la construction d’une solidarité mondiale, à partir du Canada. Le moment le plus gratifiant dans le partage de cette histoire s’est passé avec les élèves des écoles catholiques. En rencontrant par vidéoconférence quelques douzaines de classes et de clubs au cours des six derniers mois, un message clair s’est imposé : ces jeunes cherchent la justice et veulent faire partie de la démarche pour y arriver.

Au cours de discussions quant à une retraite axée sur la campagne, l’aumônier Andrew Selvam, de l’école secondaire catholique Iona à Mississauga en Ontario, se demandait si les élèves pourraient communiquer directement avec Víctor. La chargée de programmes Mary Durran a donc lancé l’idée auprès de CEHPRODEC. Ils ont exprimé l’intérêt de recevoir des lettres ou des cartes de solidarité, qui permettraient de maintenir le soutien public. Nous avons finalement choisi de faire une retraite pour les élèves de 12e année afin de présenter la solidarité comme principe clé de l’enseignement social de l’Église et d’expliquer le combat de Víctor et José, tout en permettant aux élèves de fabriquer des cartes de Noël pour les soutenir.

Honduras 01 Víctor’s wife & children Femme et enfants de Víctor

La pandémie ayant ralenti la distribution internationale du courrier, et la saison de production du café ayant été très occupée, les cartes ne sont pas arrivées à temps pour Noël. Malgré cela, nous avons été ravis de recevoir, au début de février, une photo de membres du Conseil autochtone de Simpinula au Honduras tenant les cartes dans leurs mains. Sur une grande banderole blanche, ils avaient écrit « Vos messages ont été reçus avec amour et affection. Simpinula résiste! »

Ces cartes envoyées par des jeunes de l’Ontario ne vont probablement pas influencer un juge au Honduras, mais elles rappellent aux Lencas qu’ils ne sont pas seuls. Et elles nous rappellent à nous au Canada que nous ne sommes pas déconnectés des luttes qui ont cours de l’autre côté de l’équateur.

Dans Fratelli Tutti, le pape François nous dit que la solidarité signifie « penser et agir en termes de communauté ». Développement et Paix aide les élèves à se voir comme partie prenante d’une communauté mondiale, sachant que nous sommes toutes et tous intégralement connectés. Lorsque les gens qui résistent à l’injustice sont isolés, il est facile pour les gens au pouvoir de les ignorer ou même de les neutraliser en douce. En créant des liens de solidarité mondiale, l’on démontre que de plus en plus de personnes restent vigilantes, face à des personnes ou des enjeux spécifiques, et s’attendent à ce que justice soit faite. 

Pendant l’Avent, les élèves se sont préparés à la naissance du Christ en envoyant des messages de solidarité. Aujourd’hui, pendant le Carême, alors que nous entrons dans la souffrance du Christ, nous devons continuer de chercher des façons créatives d’exprimer notre solidarité envers celles et ceux que le jésuite salvadorien Ignacio Ellacuria appelle « les crucifiés ». Nous devons mettre les gens et la planète avant tout, en refusant les mensonges de la grande industrie qui veut raser les terres ancestrales, et en nous tenant aux côtés de celles et ceux qui, comme Jésus, résistent aux pouvoirs impériaux injustes, même au prix de leur liberté.

¡Simpinula resiste! ¡Nosotros estamos contigo!

Réflexion du 10 avril 2022 – 6e dimanche du Carême

Lectures : Isaïe 50,4-7 ; Psaume 22,8-9.17-18.19-20.23-24 ; Philippiens 2,6-11 et 2,8-9 ; Luc 22,14-23.56 ou Luc 23,1-49

Allez à ce village d’en face. À l’entrée, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est encore assis. Détachez-le et amenez-le. Si l’on vous demande : « Pourquoi le détachez-vous ? » vous répondrez : « Parce que le Seigneur en a besoin. » – (Luc 19,30-31)

Qu’est-ce que le Seigneur pourrait attendre de nous ?

Une des images les plus parlantes que nous ayons de Jésus Christ dans l’Évangile, c’est le mouvement. De ville en ville, de village en village, d’un décor à l’autre, il marche, il avance sans crainte et fond son histoire avec celle des femmes et des hommes qu’il est venu servir. Nous le voyons nouer avec son peuple une relation de paix : il leur apporte quelque chose, mais eux le nourrissent, l’hébergent, lui font une onction d’huile et célèbrent son nom. Le jour du dimanche des Rameaux, il demande un âne, humblement, pour entrer dans la ville en Roi de Paix. Aujourd’hui, nous sommes toujours son peuple et il est toujours notre maître qui vient à nous, humblement, sur un âne qu’on lui a donné.

La paix, c’est de vivre des relations équitables avec Dieu, entre nous et avec toute la Création. Jésus est mort pour restaurer les relations avec Dieu en notre nom. Il nous enseigne à donner la priorité à l’amour, à la miséricorde et à la compassion pour toutes les personnes, quels que soient leurs antécédents, leur religion, leur état de santé ou leur compte en banque. Voilà ce que rend possible le rétablissement de notre relation à Dieu. Jésus ne fait pas que jeter les bases de cette relation : il nous appelle aussi à la vivre, à nous sentir entraînés de tout notre être dans cette réalité nouvelle.

Srey Packly[1], de la province de Kampong Thom au Cambodge, peut nous montrer comment construire des relations équitables ! En 2016, elle a intégré un programme de pêche communautaire mis en place par un partenaire de Développement et Paix – Caritas Canada qui s’appelle Développement et Partenariat en Action (DPA). Là, Packly, qui vient d’une longue lignée de pêcheurs, a acquis les connaissances et les compétences nécessaires pour préserver le stock de poissons dans la rivière. La relation de sa communauté avec les poissons s’étend à la santé de la rivière et de son écosystème. Packly et sa communauté s’occupent des plantes aquatiques de la rivière, ce qui contribue à la garder propre et salubre pour les poissons. Sa communauté utilise également cette rivière désormais florissante et bien entretenue pour irriguer ses cultures, ce qui les rend plus résistantes aux effets des changements climatiques. Chaque jour, nous voyons le cycle de la vie et des relations équitables se mettre en place dans la communauté de Packly ; de la rivière aux terres agricoles au village, et vice-versa, dans l’harmonie.

Aujourd’hui, prenons le temps de réfléchir à la manière dont nous pouvons progresser dans une relation équitable avec Jésus, avec nos sœurs et frères, et avec toute la Création. Lors de nos visites (virtuelles ou en personne), en partageant un café ou un thé (de provenance équitable, de préférence), en offrant ce que nous avons et en demandant ce dont nous avons besoin, nous pouvons partager notre histoire, accueillir les idées des autres et continuer d’approfondir la conscience que nous avons de notre prochain en cheminant ensemble. Arrêtons-nous aujourd’hui et réfléchissons à toutes les façons dont le Seigneur nous a guidés au cours des 40 derniers jours (ou des 40 dernières années !) vers une relation toujours plus profonde avec Lui, avec sa communauté et avec le monde naturel. Comment nous appelle-t-il à agir, à parler et à témoigner de la paix dans ces relations, nous qui avançons aujourd’hui ?

Une façon dont vous pourriez être appelés à progresser sur la voie de la paix serait de vous abonner à l’infolettre de Développement et Paix (sur la page d’accueil de notre site Web, déroulez et allez jusqu’au bas du texte). C’est une excellente façon de s’informer de ce que font nos partenaires pour la paix dans leur milieu et de ce que vous pouvez faire pour la paix ici au Canada. Vous pourriez aussi devenir membre de Développement et Paix et prolonger votre action pour la paix au-delà du Carême de partage en vous associant aux Partagens. Cela vous permettra d’inscrire la mission de paix à votre budget mensuel, de prier pour nos partenaires et de participer à nos nombreuses activités pendant toute l’année.

Quelle que soit la façon dont vous vous sentez appelés à approfondir ou à continuer votre don pendant l’année qui vient, j’espère que vous pouvez déjà respirer l’esprit d’harmonie qui anime Développement et Paix, ses partenaires comme le DPA et la vie de femmes engagées comme Srey Packly.

Le Seigneur a besoin de nous. Continuons de marcher à sa suite.

Vous avez raté votre don au Carême de partage cette année ? Il n’est jamais trop tard pour contribuer à changer les choses.


[1] Dans les noms khmers, le patronyme précède le prénom.

Michael Leblanc, animateur pour la province de la Saskatchewan et le diocèse de Keewatin-Le Pas, Développement et Paix – Caritas Canada

Réflexion du 3 avril 2022 – 5e dimanche du Carême

Dimanche de la solidarité

Lectures : Isaïe 43,16-21 ; Psaume 126,1-2.2-3.4-5.6 ; Philippiens 3,8-14 ; Jean 8,1-11

Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? – (Isaïe 43,19)

L’éclair de la solidarité

Un thème subtil ressort de nos lectures en ce Dimanche de la solidarité : Dieu libère son peuple et le fait passer du péril à la fête. Isaïe évoque les eaux de la mer Rouge qui se sont ouvertes pour engloutir l’armée du Pharaon. « Je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides », dit le Seigneur (Isaïe 43,19). Le psalmiste célèbre le retour des captifs : « qui sème dans les larmes moissonne dans la joie » (Psaume 125,5). Dans l’Évangile, nous voyons Jésus sauver de la lapidation une femme accusée d’adultère et la libérer : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8,11)

Du miracle spectaculaire de l’Exode qui arrache un peuple à la servitude en Égypte à la sagesse de Jésus qui sauve une femme de la violence, nos lectures nous présentent l’image d’un Dieu de solidarité, qui prend parti pour les opprimés et leur ouvre une issue de secours alors que tout semblait perdu.

L’Écriture regorge d’histoires comme celles-là, où Dieu transforme un moment de turbulence et d’incertitude en un moment de libération. Mais cette transformation n’est jamais une démarche à sens unique, comme si les humains n’étaient que des pions sur l’échiquier cosmique du Seigneur. Dieu ne téléporte pas les Israélites hors d’Égypte : il travaille avec Moïse. Jésus n’hypnotise pas la foule qui voulait lui tendre un piège : il offre aux gens l’occasion d’examiner leur conscience. Nous sommes invités à participer à la solidarité avec Dieu, les unes et les uns avec les autres, et avec toute la planète, sur la voie de la libération.

J’aime me représenter cette participation comme un éclair. Lorsque nous apercevons un éclair, nous imaginons souvent qu’il jaillit des nuages bouillonnants pour venir frapper le sol. Pourtant, la réalité est bien plus intéressante. Quand les particules d’eau s’entrechoquent dans les nuages, elles créent des charges négatives invisibles au bas des nuages. Comme les opposés s’attirent, les charges positives au sol s’élèvent pour rencontrer les charges négatives dans les nuages. Lorsque les deux charges se rencontrent, un courant électrique jaillit en un instant, produisant les éclairs que nous connaissons. Il est remarquable de constater que, même si tout ce processus commence par l’accumulation d’énergie dans les airs, l’éclair visible jaillit en fait du sol !

Même chose pour la solidarité. Alors que le désir de justice bouillonne en Dieu dans les cieux, nos désirs individuels de justice s’accumulent en bas, attirés par ce qu’accomplit l’Esprit. Quand les charges divines et humaines se rencontrent, un trait de lumière nous permet d’entrevoir le monde entier, l’espace d’un instant, d’une manière nouvelle.

Ce n’est que par notre action collective que nous pouvons créer suffisamment d’énergie sur le terrain pour que quelque chose de remarquable se produise. En ce Dimanche de la solidarité, Développement et Paix vous invite à participer à un mouvement mondial de solidarité. Un seul don n’a peut-être pas l’énergie d’un éclair. Mais une multitude de dons, une multitude de charges positives, peuvent charger et changer l’horizon.

Comme les charges qui s’accumulent dans les nuages, le désir de justice de Dieu n’est pas toujours visible, mais il est néanmoins une force constante, croissante et attractive. « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas », dit le Seigneur en Isaïe. Ce Carême, rassemblons-nous pour aller à la rencontre de cette nouveauté que Dieu est en train de faire jaillir en ces temps dangereux. Lorsque jaillira la justice de Dieu, puisse-t-elle trouver un peuple chargé et prêt à l’accueillir, tout disposé à répondre par un éclair de solidarité.

Dean Dettloff, animateur pour le centre de l’Ontario, Développement et Paix – Caritas Canada

Réflexion du 27 mars 2022 – 4e dimanche du Carême

Lectures : Josué 5,9a.10-12 ; Psaume 34,2-3.4-5.6-7 ; 2 Corinthiens 5,17-21 ; Luc 15,18 ; Luc 15,1-3.11-32

Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! – (Luc 15, 32)

Bâtir une communauté réconciliée et inclusive de paix, de justice et d’amour

L’Évangile d’aujourd’hui raconte la parabole du fils prodigue. Luc met en scène une famille : un père et ses deux fils. Le cadet décide de quitter le nid familial et de prendre son envol. Il réclame à son père sa part d’héritage afin de financer la vie qu’il entend mener. Il part en voyage, fait des choix discutables, dilapide son héritage et tombe dans la misère. Il repense à la vie qu’il a quittée, ressent des remords et se dit qu’il ferait bien mieux de rentrer à la maison paternelle.

Il revient chez lui, en quête de réconfort et de paix auprès de son père et de son frère aîné. Le père, sur la route près de la maison, aperçoit son plus jeune alors qu’il est encore loin. Sans hésiter, sans poser de questions, il l’accueille à bras ouverts. Il est si heureux de retrouver son fils qu’il veut fêter ces retrouvailles et donne des instructions pour qu’on prépare un festin en son honneur.

Le fils aîné a du mal à accepter que son père reprenne son frère sans poser de questions et en organisant une fête en son honneur. Dans cette histoire, le père est comme Dieu, notre Père. Il est miséricordieux, et son amour est sans limites. Il montre à ses deux fils que son amour est là pour durer et qu’il sera toujours là pour eux, en particulier s’ils sont prêts à se repentir.

Le père bâtit une famille qui use de miséricorde envers chacun de ses membres. Il veille à ce que chacun soit reconnu, écouté et soutenu. Une famille comme celle-là constitue un milieu sécuritaire où les membres peuvent travailler ensemble et se soutenir mutuellement en veillant à leur bien commun. Chaque membre apporte des connaissances et des ressources différentes qui aident la communauté à réaliser ce qui est le mieux pour tous. Il peut arriver que certains apportent plus que d’autres, mais en fin de compte, tous contribuent collectivement au bien-être de la communauté. Les communautés fondées sur la connectivité et la prise en compte des besoins des autres deviennent des milieux sûrs et sains où tous les membres peuvent vivre ensemble.

Aujourd’hui, on trouve au Honduras de merveilleux exemples de ces communautés « tricotées serrées » et attentionnées. Mais avec la croissance rapide de l’industrie minière, la population voit augmenter la violence sociale et la pauvreté. Pour affronter ces problèmes, Développement et Paix s’est associée à Caritas Choluteca. Cet organisme travaille avec les leaders communautaires et autochtones qui cherchent à protéger leur région de tout projet d’extraction. Caritas Choluteca forme et accompagne ces leaders et soutient leur plaidoyer en faveur de politiques qui respectent les droits de la personne.

De quelle façon soutenons-nous les membres de nos familles ou de nos communautés pour qu’ils soient inclus, respectés et traités équitablement ? Savons-nous faire preuve de miséricorde et de pardon comme nous l’enseigne Dieu, notre Père ? Que pouvons-nous faire ici, chez nous, pour aider celles et ceux qui, au Honduras et dans d’autres pays, voient leurs droits violés par des entreprises canadiennes ?

Joignez-vous à la campagne de plaidoyer de Développement et Paix en faveur d’une loi de diligence raisonnable en matière de droits de la personne et d’environnement (DRDPE). Cette loi obligera les entreprises canadiennes à faire preuve de diligence raisonnable en veillant à ce que leurs pratiques commerciales respectent les droits de la personne dans les pays étrangers où elles interviennent. Si les entreprises canadiennes n’arrivent pas à mettre en place des protocoles appropriés, les personnes affectées par leur négligence pourront demander justice devant les tribunaux canadiens.

Signez notre pétition qui demande au gouvernement du Canada d’adopter une loi de DRDPE. Parlez-en autour de vous et aidez-nous à recueillir d’autres signatures ! Ce geste de solidarité nous fera toutes et tous progresser vers une communauté de paix, de justice et d’amour.

Patricia Walsh-Warren, animatrice pour Terre-Neuve-et-Labrador, Développement et Paix – Caritas Canada

Réflexion du 13 mars 2022 – 2e dimanche du Carême

Lectures : Genèse 15,5-12.17-18 ; Philippiens 3,17-4,1 ; Luc 9,28b-36

Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » – Luc 9,35

Écouter du fond du cœur

Le récit de la Transfiguration est un des sommets de l’Évangile. Jésus vient d’annoncer à Pierre, Jean et Jacques ce qui l’attend : sa mort et sa résurrection. Au même moment, une voix confirme Jésus dans sa mission : « écoutez-le ! ». Écouter, c’est être attentive et attentif aux paroles de quelqu’un. C’est agir selon ce qui nous est demandé. C’est porter attention, non seulement avec notre tête, mais surtout avec notre cœur.

Plus que jamais, la place publique et les médiaux sociaux sont remplis de faux prophètes qui prétendent, chacun, posséder une parole de salut pour l’homme et la femme d’aujourd’hui. Les messages publicitaires sont tellement bien faits que, parfois, nous nous laissons surprendre à nous arrêter pour « écouter ».

Dans cet univers de publicité, de sollicitation électronique et visuelle, il y a peu de place pour entendre la voix des démunis, des plus faibles. Et quand ils réussissent à se faire entendre, quel temps prenons-nous pour les écouter du fond du cœur ?

Nous rappelant que « La nature est pleine de mots d’amour », le pape François nous demande, « [C]omment pourrons-nous les écouter au milieu du bruit constant, de la distraction permanente et anxieuse, ou du culte de l’apparence ? »  Il ajoute : « Une écologie intégrale implique de consacrer un peu de temps à retrouver l’harmonie sereine avec la création, à réfléchir sur notre style de vie […]. » (Laudato Si’, 225)

Saurons-nous reconnaître la voix du Père disant : « Celui-ci est mon Fils : écoutez-le ! » Écouter le Fils bien-aimé, c’est accepter d’ouvrir notre cœur à Ses invitations, même quand Sa Parole nous invite à traverser le désert et la Passion.

En ce dimanche de la Transfiguration, dans le silence de la montagne, le Père nous invite à écouter son Fils. Saurons-nous reconnaître son appel à la solidarité avec nos partenaires de Madagascar ? N’ayons pas peur de tendre l’oreille. Il saura nous indiquer comment aider nos sœurs et nos frères à transformer leurs propres vies. À l’écoute de nos sœurs et frères vivant dans des milieux contaminés à Madagascar, le Conseil de développement d’Andohatapenaka (CDA) a choisi de les soutenir pour adapter et transformer leur environnement.

Le travail du CDA sur l’adaptation aux changements climatiques fait partie de ses efforts pour impliquer les citoyennes et les citoyens dans la vie publique et pour soutenir les initiatives locales visant à améliorer et préserver la salubrité, les infrastructures et l’environnement.

Madagascar est un pays particulièrement vulnérable aux changements climatiques. Le CDA intervient dans une partie du pays qui est souvent inondée et insalubre en raison de fortes pluies. Pour montrer que les gens peuvent être en mesure de gérer et de transformer leurs quartiers malgré de multiples vulnérabilités, le CDA a aidé à réhabiliter une zone contaminée en un jardin communautaire et a soutenu 51 microprojets d’adaptation aux changements climatiques. À travers deux comités de gestion ainsi qu’une charte d’engagement des villageois, le CDA a permis aux résidentes et résidents d’un des quartiers les plus vulnérabilisés de la région de se mettre ensemble pour transformer leur environnement en village écologique développé par et pour les résidents. Aujourd’hui, les cinquante ménages du village disposent d’un potager familial ainsi que des réchauds et des panneaux solaires, fruits d’une mobilisation qui reflète une véritable conversion écologique.

Au sein de ce village écologique et des autres communautés concernées par les microprojets, des centaines de personnes ont bénéficié d’ateliers sur des pratiques d’adaptation climatique comme le compostage, des méthodes agroécologiques, l’agriculture urbaine, la fabrication de charbon biomasse ou encore l’élevage d’animaux adaptés à un environnement propice aux inondations.

La campagne Carême de partage nous invite à être solidaires avec nos sœurs et frères des pays du Sud, dont les difficultés sont exacerbées par les conflits, les changements climatiques et la pandémie. Et, comme nous le rappelle le pape François, « la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes ; il faut les conquérir chaque jour » (Fratelli Tutti, 11).

Grâce à la Transfiguration, Pierre, Jacques et Jean sont devenus des prophètes, des porte-parole, des témoins de l’amour du Seigneur pour chacun.

Et nous ? Sommes-nous prêts, avec Lui, à transformer le monde pour que la vie renaisse ?

Par Micheline Savoie, membre, Conseil diocésain de Développement et Paix, diocèse de Montréal