Crise syrienne : un centre de Caritas répond aux besoins essentiels des réfugiés syriens en Jordanie

25 novembre 2013
par 
Guy Des Aulniers, chargé de programmes pour la Syrie

À mon arrivée au centre de Caritas à Irbid en Jordanie, une centaine de personnes font la queue pour s’y enregistrer. Il s’agit principalement de Syriens, mais aussi de Palestiniens qui ont fui les bombardements des camps de réfugiés situés près de Damas, là où ils vivaient. Pourquoi sont-ils si nombreux ici ? Parce que le centre de Caritas, géré par Caritas Jordanie, distribue aux réfugiés des subventions aux logements, des articles pour passer l’hiver (à midi, il faisait à peine douze degrés) et des coupons pour de la nourriture. Il offre aussi des soins médicaux et dentaires ainsi qu'un soutien psychologique, propose des formations et dispense des cours de rattrapage aux enfants pour favoriser leur intégration à l’école.

La Jordanie est une terre d’immigration. Depuis son indépendance en 1946, le pays a accueilli plusieurs vagues d’immigration liées essentiellement à l'instabilité que connaît la région. C’est aussi un pays attirant pour les travailleurs migrants en provenance d'Égypte et de pays d'Asie du Sud-Est tels que le Sri Lanka ou les Philippines.

L’une des femmes qui fait la queue au centre est une réfugiée syrienne. Elle est accompagnée de ses 7 enfants âgés de 2 à 15 ans. Fuyant la Syrie, elle et ses enfants sont d’abord passés par le camp de réfugiés de Zaatari situé en Jordanie. Mais comme beaucoup d’autres personnes, elle a décidé de partir car les conditions de vie y étaient trop difficiles. La famille s’est ensuite rendue dans la ville d’Irbid où elle a pu louer un appartement avec le peu d’économies dont elle disposait. N’ayant plus d’argent pour vivre, elle s’est tournée vers Caritas pour obtenir de l’aide.

Elle est accompagnée de sa voisine, une réfugiée palestinienne qui habite au-dessus de chez elle. Si elle est à ses côtés aujourd’hui, c’est parce qu’au fil du temps, elles sont devenues amies ; parce qu'elle comprend ce que cela signifie d’être réfugiée ; parce que lorsque la ration mensuelle de riz est écoulée, c’est elle qui lui apporte de quoi manger. C’est elle aussi qui a exigé que l’école secondaire où étudie sa fille accueille la fille de son amie. Bien souvent, c’est elle qui est là car elle comprend la situation.

Développement et Paix, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement du Canada (MAECD), soutient les activités menées par Caritas Jordanie visant à apporter une aide médicale aux réfugiés dans sept centres comme celui-ci. Pour ce faire, nous ne sommes pas seuls. Caritas Allemagne, Caritas Autriche, Caritas Danemark, et bien d’autres, soutiennent également ce travail essentiel auprès de personnes réfugiées qui perdent peu à peu tout espoir de rentrer chez elles.